Il y a un an et demi déjà, Buzzfeed signalait sur base d'une liste de clients fuitée que divers services de police et gouvernementaux recouraient au niveau mondial à Clearview AI, y compris en Belgique. Actuellement, on ne sait pas clairement de quels services il s'agirait.

La rumeur se manifesta de plus belle il y a un mois et demi environ. BuzzFeed publia une liste de services spécifiques et indiqua que la Police Fédérale Belge avait exploité le service 'de 101 à 500 fois'. Cela se serait passé en octobre 2019 dans le cadre d'une conférence chez Europol, où des services de police nationaux auraient reçu une licence d'essai.

En août: 'Jamais utilisé'

La nouvelle fut en son temps démentie par la Police Fédérale elle-même. A Data News, mais aussi à d'autres médias, un porte-parole avait à l'époque déclaré qu'à sa connaissance, ce logiciel n'avait jamais été utilisé, qu'il n'y avait aucune preuve qu'il en soit ainsi et qu'on n'envisageait pas de recourir à Clearview AI.

Il semble que cela soit un mensonge. En réaction à quelques questions parlementaires émanant notamment des partis Vooruit, CD&V, PVDA-PTB, Ecolo, Groen, Vlaams Belang et PS, la ministre de l'intérieur Annelies Verlinden (CD&V) confirme à présent que le logiciel de reconnaissance faciale illégal a quand même été utilisé.

'En octobre 2019, deux enquêteurs, dans le cadre d'une taskforce Europol d'identification de victimes, ont eu accès à une licence d'essai valable une durée limitée', a reconnu Verlinden à la Chambre, selon Le Soir.

Illégal en Belgique

Selon le journal Le Soir, il ne se serait agi que de tests. L'organe de contrôle de la police effectua début septembre, soit une semaine après avoir apporté un démenti à Data News, une enquête interne sur la question et constata que le logiciel avait bien été utilisé pour un nombre restreint d'opérations. Une enquête plus approfondie démontra, selon Le Soir, que d'après des renseignements de Child Focus, des missions de recherche avaient été réalisées sur des dossiers de l'étranger.

Verlinden insiste cependant sur le fait qu'il ne s'est pas agi d'une utilisation structurelle du logiciel en question et que la loi belge ne le permet du reste pas. L'ambition des autorités ou de la Police Fédérale n'est donc pas d'utiliser Clearview AI, mais le fait est qu'il l'a quand même été, même si le service l'a démenti initialement.

Qu'est-ce qui rend ClearView si controversé?

Clearview se focalise sur une reconnaissance faciale extrêmement large. L'entreprise collecte spontanément des milliards d'images d'Instagram, Facebook, Twitter et YouTube entre autres et peut ainsi par exemple aisément relier une caméra de surveillance à une identité ou à un profil sur des médias sociaux.

Le hic, c'est que ces images sont collectées sans autorisation. Aux Etats-Unis notamment, l'entreprise a déjà été mise en accusation, et au Canada, le contrôleur national de la confidentialité déclare que ClearView enfreint la loi. Le logiciel n'a jamais été légal non plus en Belgique, mais cela n'a donc pas empêché la Police Fédérale de l'expérimenter et de le dissimuler dans un premier temps.

Il y a un an et demi déjà, Buzzfeed signalait sur base d'une liste de clients fuitée que divers services de police et gouvernementaux recouraient au niveau mondial à Clearview AI, y compris en Belgique. Actuellement, on ne sait pas clairement de quels services il s'agirait.La rumeur se manifesta de plus belle il y a un mois et demi environ. BuzzFeed publia une liste de services spécifiques et indiqua que la Police Fédérale Belge avait exploité le service 'de 101 à 500 fois'. Cela se serait passé en octobre 2019 dans le cadre d'une conférence chez Europol, où des services de police nationaux auraient reçu une licence d'essai.La nouvelle fut en son temps démentie par la Police Fédérale elle-même. A Data News, mais aussi à d'autres médias, un porte-parole avait à l'époque déclaré qu'à sa connaissance, ce logiciel n'avait jamais été utilisé, qu'il n'y avait aucune preuve qu'il en soit ainsi et qu'on n'envisageait pas de recourir à Clearview AI.Il semble que cela soit un mensonge. En réaction à quelques questions parlementaires émanant notamment des partis Vooruit, CD&V, PVDA-PTB, Ecolo, Groen, Vlaams Belang et PS, la ministre de l'intérieur Annelies Verlinden (CD&V) confirme à présent que le logiciel de reconnaissance faciale illégal a quand même été utilisé.'En octobre 2019, deux enquêteurs, dans le cadre d'une taskforce Europol d'identification de victimes, ont eu accès à une licence d'essai valable une durée limitée', a reconnu Verlinden à la Chambre, selon Le Soir.Selon le journal Le Soir, il ne se serait agi que de tests. L'organe de contrôle de la police effectua début septembre, soit une semaine après avoir apporté un démenti à Data News, une enquête interne sur la question et constata que le logiciel avait bien été utilisé pour un nombre restreint d'opérations. Une enquête plus approfondie démontra, selon Le Soir, que d'après des renseignements de Child Focus, des missions de recherche avaient été réalisées sur des dossiers de l'étranger.Verlinden insiste cependant sur le fait qu'il ne s'est pas agi d'une utilisation structurelle du logiciel en question et que la loi belge ne le permet du reste pas. L'ambition des autorités ou de la Police Fédérale n'est donc pas d'utiliser Clearview AI, mais le fait est qu'il l'a quand même été, même si le service l'a démenti initialement.Clearview se focalise sur une reconnaissance faciale extrêmement large. L'entreprise collecte spontanément des milliards d'images d'Instagram, Facebook, Twitter et YouTube entre autres et peut ainsi par exemple aisément relier une caméra de surveillance à une identité ou à un profil sur des médias sociaux.Le hic, c'est que ces images sont collectées sans autorisation. Aux Etats-Unis notamment, l'entreprise a déjà été mise en accusation, et au Canada, le contrôleur national de la confidentialité déclare que ClearView enfreint la loi. Le logiciel n'a jamais été légal non plus en Belgique, mais cela n'a donc pas empêché la Police Fédérale de l'expérimenter et de le dissimuler dans un premier temps.