L'affirmation, selon laquelle les chauffeurs d'Amazon, souvent des sous-traitants, se voient infliger des quotas tellement stricts qu'ils commettent des erreurs ou n'ont même pas le temps d'aller à la toilette, circule depuis assez longtemps déjà. Amazon le nie complètement. Hier encore, l'entreprise a envoyé le tweet suivant à un politicien américain "Vous ne croyez quand même pas à cette histoire d'urine dans des bouteilles?"

Mais des courriels envoyés par Amazon aux sous-traitants montrent que la pratique existe bel et bien et est connue par l'entreprise. The Intercept a pu mettre la main sur un document datant de janvier, dans lequel le fait de faire ses besoins dans des espaces publics est considéré comme un délit, tout comme celui de déposer des colis ou pénétrer chez un client sans autorisation.

Trois fois en deux mois

Le site a aussi visionné un mail interne de mai de l'année dernière, dans lequel un manager local sommait les sous-traitants de ne plus faire leurs besoins dans des sacs postaux. 'C'est la troisième fois au cours des deux derniers mois', peut-on lire sur ce message.

Le mail reconnaît que le travail s'avère parfois pénible et signale que des masques, gants et bouteilles d'urine sont toujours plus souvent abandonnés dans les camionnettes de livraison. 'Je suis conscient que ce n'est pas évident ou quelque chose pour lequel il n'y a pas besoin de coaching, mais soyez explicite dans votre communication et dites leur bien qu'ils ne peuvent laisser des sacs de défections ou des bouteilles d'urine dans les véhicules.'

Infractions aux règles ou quotas non atteints

Amazon n'a pas encore réagi à l'article de The Intercept. Ce dernier a également parlé avec quelques ex-collaborateurs qui ont confirmé ce genre de pratique. En théorie, cela est certes interdit, mais il n'y a guère d'options possibles. 'Cela se passe, parce que nous y sommes indirectement contraints, sous peine de perdre notre emploi, parce que nous ne pourrions alors pas livrer trop de colis à temps', affirme un ex-chauffeur de l'entreprise.

Les chauffeurs se voient aussi prier de contrôler minutieusement leur véhicule le matin, à la recherche de bouteilles d'urine ou d'autres déchets. Si tel est le cas, il lui faut rédiger un rapport.

Bien payés, mal traités

Amazon se targue pour sa part d'offrir des postes de travail bien rémunérés. Dans le passé, l'entreprise a donné la parole à des employés qui se disaient fiers de leur employeur.

Mais à côté de cela, on trouve d'innombrables récits de conditions de travail déplorables chez Amazon. Des employés ayant critiqué la politique de sécurité en période de corona ont été licenciés. Il existe aussi un projet de filmer les chauffeurs à bord des camionnettes de livraison. Tous ces griefs ne se limitent du reste pas aux Etats-Unis. En 2013 déjà, des syndicats britanniques, allemands et néerlandais se montraient très critiques vis-à-vis des conditions de travail dans l'entreprise.

The New York Times avait en 2019 publié un article tragique sur les nombreux morts provoqués par des chauffeurs d'Amazon, parce qu'ils sont tellement pressés de livrer leurs colis. Le premier CFO d'Amazon, Joy Covey, est décédé en 2013, après avoir été renversé par une camionnette de l'entreprise. Et même si la pression au travail est un fait chez Amazon, l'entreprise n'est finalement que rarement jugée juridiquement responsable des accidents.

L'affirmation, selon laquelle les chauffeurs d'Amazon, souvent des sous-traitants, se voient infliger des quotas tellement stricts qu'ils commettent des erreurs ou n'ont même pas le temps d'aller à la toilette, circule depuis assez longtemps déjà. Amazon le nie complètement. Hier encore, l'entreprise a envoyé le tweet suivant à un politicien américain "Vous ne croyez quand même pas à cette histoire d'urine dans des bouteilles?"Mais des courriels envoyés par Amazon aux sous-traitants montrent que la pratique existe bel et bien et est connue par l'entreprise. The Intercept a pu mettre la main sur un document datant de janvier, dans lequel le fait de faire ses besoins dans des espaces publics est considéré comme un délit, tout comme celui de déposer des colis ou pénétrer chez un client sans autorisation.Trois fois en deux moisLe site a aussi visionné un mail interne de mai de l'année dernière, dans lequel un manager local sommait les sous-traitants de ne plus faire leurs besoins dans des sacs postaux. 'C'est la troisième fois au cours des deux derniers mois', peut-on lire sur ce message.Le mail reconnaît que le travail s'avère parfois pénible et signale que des masques, gants et bouteilles d'urine sont toujours plus souvent abandonnés dans les camionnettes de livraison. 'Je suis conscient que ce n'est pas évident ou quelque chose pour lequel il n'y a pas besoin de coaching, mais soyez explicite dans votre communication et dites leur bien qu'ils ne peuvent laisser des sacs de défections ou des bouteilles d'urine dans les véhicules.'Infractions aux règles ou quotas non atteintsAmazon n'a pas encore réagi à l'article de The Intercept. Ce dernier a également parlé avec quelques ex-collaborateurs qui ont confirmé ce genre de pratique. En théorie, cela est certes interdit, mais il n'y a guère d'options possibles. 'Cela se passe, parce que nous y sommes indirectement contraints, sous peine de perdre notre emploi, parce que nous ne pourrions alors pas livrer trop de colis à temps', affirme un ex-chauffeur de l'entreprise.Les chauffeurs se voient aussi prier de contrôler minutieusement leur véhicule le matin, à la recherche de bouteilles d'urine ou d'autres déchets. Si tel est le cas, il lui faut rédiger un rapport.Bien payés, mal traitésAmazon se targue pour sa part d'offrir des postes de travail bien rémunérés. Dans le passé, l'entreprise a donné la parole à des employés qui se disaient fiers de leur employeur.Mais à côté de cela, on trouve d'innombrables récits de conditions de travail déplorables chez Amazon. Des employés ayant critiqué la politique de sécurité en période de corona ont été licenciés. Il existe aussi un projet de filmer les chauffeurs à bord des camionnettes de livraison. Tous ces griefs ne se limitent du reste pas aux Etats-Unis. En 2013 déjà, des syndicats britanniques, allemands et néerlandais se montraient très critiques vis-à-vis des conditions de travail dans l'entreprise.The New York Times avait en 2019 publié un article tragique sur les nombreux morts provoqués par des chauffeurs d'Amazon, parce qu'ils sont tellement pressés de livrer leurs colis. Le premier CFO d'Amazon, Joy Covey, est décédé en 2013, après avoir été renversé par une camionnette de l'entreprise. Et même si la pression au travail est un fait chez Amazon, l'entreprise n'est finalement que rarement jugée juridiquement responsable des accidents.