L'ICANN se donne encore deux semaines pour décider s'il vend la gestion du domaine .org à un investisseur privé. Cette vente à un groupe 'private equity' récemment mis en place et appelé Ethos Capital, a déjà suscité pas mal de protestations et a été postposée à plusieurs reprises.

Le procureur public californien Xavier Becerra s'est à présent aussi mêlé à cette affaire. Comme l'ICANN possède son siège central en Californie, la voix du procureur a son importance. Dans un courrier adressé à l'ICANN, Becerra se demande si l'organisme respecte encore bien ses principes. L'ICANN opère selon ses propres règles 'au profit de l'ensemble de la communauté internet'. "La préoccupation croissante, c'est que l'ICANN n'écoute plus les desiderata de ses parties prenantes", ajoute Becerra.

De non marchand à autre chose

La base de l'affaire en cours est le domaine .org, surtout connu comme étant le port d'attache des entreprises non marchandes. Le nom de domaine possède quelque dix millions d'enregistrements et est ainsi le plus populaire sur le web. En tant que domaine non marchand, il était aussi jusqu'il y a peu soumis à des règles strictes en matière de prix maxima. L'année dernière, l'ICANN avait décidé de supprimer ces limites tarifaires, afin - quelques mois plus tard - de vendre le domaine à une société d'investissement privée.

Voilà qui sema le doute dans l'esprit du procureur public californien. "On ne sait pas grand-chose à propos d'Ethos Capital et de ses multiples filiales", écrit Becerra. Le groupe aurait aussi refusé de formuler des réponses aux questions critiques du public.

Becerra a en outre des questions sur le système de financement. Ethos Capital envisagerait de racheter le Public Interest Registry (PIR) - le gestionnaire du domaine .org - de son entreprise mère, la non marchande Internet Society (ISOC). Dans le cadre de cette opération, PIR aurait cependant accumulé des dettes jusqu'à 300 millions de dollars, et Becerra craint que la tactique menace l'existence financière de PIR, surtout au beau milieu de la crise du corona. "Si la vente a lieu et que le modèle financier de PIR ne satisfait pas aux attentes, il se pourrait qu'on doive effectuer des coupes sombres dans son fonctionnement, ce qui pourrait impacter la stabilité des noms de domaine .org", ajoute Becerra.

L'homme s'en prend en outre à ISOC. "ISOC indique qu'elle supporte internet, mais ses actions - du caractère secret de la transaction jusqu'à la tentative active de transférer le 'registry .org' vers une entité inconnue, entravent cette mission", écrit-il encore.

Becerra n'est du reste pas le seul à émettre des critiques. Après l'annonce de la vente, l'Electronic Frontier Foundation appela à l'en empêcher. En outre, des ex-membres de l'ICANN même, dont son premier CEO Michael Roberts, ont eux aussi rédigé des courriers courroucés. L'ICANN avait précédemment déjà postposé la vente, afin de collecter davantage d'informations.

Lisez aussi

Les domaines .org ne sont soudainement plus non marchands

La vente douteuse de .org est retardée

L'ICANN se donne encore deux semaines pour décider s'il vend la gestion du domaine .org à un investisseur privé. Cette vente à un groupe 'private equity' récemment mis en place et appelé Ethos Capital, a déjà suscité pas mal de protestations et a été postposée à plusieurs reprises. Le procureur public californien Xavier Becerra s'est à présent aussi mêlé à cette affaire. Comme l'ICANN possède son siège central en Californie, la voix du procureur a son importance. Dans un courrier adressé à l'ICANN, Becerra se demande si l'organisme respecte encore bien ses principes. L'ICANN opère selon ses propres règles 'au profit de l'ensemble de la communauté internet'. "La préoccupation croissante, c'est que l'ICANN n'écoute plus les desiderata de ses parties prenantes", ajoute Becerra. De non marchand à autre choseLa base de l'affaire en cours est le domaine .org, surtout connu comme étant le port d'attache des entreprises non marchandes. Le nom de domaine possède quelque dix millions d'enregistrements et est ainsi le plus populaire sur le web. En tant que domaine non marchand, il était aussi jusqu'il y a peu soumis à des règles strictes en matière de prix maxima. L'année dernière, l'ICANN avait décidé de supprimer ces limites tarifaires, afin - quelques mois plus tard - de vendre le domaine à une société d'investissement privée. Voilà qui sema le doute dans l'esprit du procureur public californien. "On ne sait pas grand-chose à propos d'Ethos Capital et de ses multiples filiales", écrit Becerra. Le groupe aurait aussi refusé de formuler des réponses aux questions critiques du public. Becerra a en outre des questions sur le système de financement. Ethos Capital envisagerait de racheter le Public Interest Registry (PIR) - le gestionnaire du domaine .org - de son entreprise mère, la non marchande Internet Society (ISOC). Dans le cadre de cette opération, PIR aurait cependant accumulé des dettes jusqu'à 300 millions de dollars, et Becerra craint que la tactique menace l'existence financière de PIR, surtout au beau milieu de la crise du corona. "Si la vente a lieu et que le modèle financier de PIR ne satisfait pas aux attentes, il se pourrait qu'on doive effectuer des coupes sombres dans son fonctionnement, ce qui pourrait impacter la stabilité des noms de domaine .org", ajoute Becerra. L'homme s'en prend en outre à ISOC. "ISOC indique qu'elle supporte internet, mais ses actions - du caractère secret de la transaction jusqu'à la tentative active de transférer le 'registry .org' vers une entité inconnue, entravent cette mission", écrit-il encore. Becerra n'est du reste pas le seul à émettre des critiques. Après l'annonce de la vente, l'Electronic Frontier Foundation appela à l'en empêcher. En outre, des ex-membres de l'ICANN même, dont son premier CEO Michael Roberts, ont eux aussi rédigé des courriers courroucés. L'ICANN avait précédemment déjà postposé la vente, afin de collecter davantage d'informations. Lisez aussiLes domaines .org ne sont soudainement plus non marchandsLa vente douteuse de .org est retardée