En marge de l'ouverture du Cyber Security Transparency Center d'Huawei, l'entreprise télécom chinoise a, comme attendu, dû répondre à quelques questions relatives aux accusations d'espionnage émanant des Etats-Unis.

Il était question spécifiquement de la législation chinoise qui stipulerait que les entreprises chinoises doivent collaborer avec les services de renseignements de ce pays. Selon des experts juridiques américains, cela signifie qu'Huawei doit transmettre des informations au gouvernement chinois, même si c'est contre son goût.

Vincent Pang, président d'Huawei pour l'Europe Occidentale, le conteste véhément: "Nous n'avons jamais reçu au cours des trente années écoulées une demande de la part du gouvernement chinois de transférer des informations. Ce sont les faits. Il n'y a pas la moindre preuve le confirmant. Le ministre de l'intérieur chinois a récemment aussi indiqué qu'aucune entreprise chinoise n'est sommée d'installer des portes dérobées dans ses appareils en vue de transférer des données en Chine. La législation existante n'est du reste absolument pas d'application en dehors de la Chine."

Pang fait aussi référence à l'interview que le fondateur d'Huawei, Ren Zhengfei, a accordée à la BBC. Il y prétendait que si les autorités chinoises le lui demandaient, il refuserait.

John Suffolk, en charge de la confidentialité et de la cyber-sécurité chez Huawei, comprend que des questions se posent à propos de la législation existante en Chine et dans quelle mesure elle peut s'appliquer en dehors des frontières nationales, "mais nous venons d'être très clairs à ce sujet".

Suffolk, un Britannique, ajoute finement que la Chine n'est pas le seul pays à disposer d'une telle législation. "Elle existe aussi en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Quant à l'Australie, elle a récemment encore voté une loi rendant les portes dérobées obligatoires."