L’entreprise liégeoise Tonomia a développé des centres de données IA avec AMD, l’un des principaux acteurs américains des puces électroniques derrière le géant Nvidia. L’annonce a été faite jeudi lors du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas.
La société belge a, pour ce faire, conçu un conteneur pouvant accueillir un centre de données. Il suffit alors de les multiplier pour obtenir de véritables usines d’intelligence artificielle (IA), pour un coût bien moins élevé et avec une consommation énergétique très réduite.
Appelés “TonoForge”, les conteneurs en question accueillent à la fois des serveurs, le matériel nécessaire pour les refroidir et des pompes à chaleur pour produire l’énergie. Le module intègre un calcul GPU (processeur graphique) haute performance, une amplification de puissance basée sur batterie, une gestion thermique et énergétique avancée, et une connectivité et un transport de données sécurisés.
Les conteneurs sont déployables en cinq semaines, là où il faut plusieurs années pour construire des centres de données dans des bâtiments. Il est alors possible d’en installer plusieurs l’un à côté de l’autre, par exemple dans un désert américain au Texas – à proximité toutefois d’une connexion à la fibre optique -, pour avoir l’équivalent d’un très grand centre de données. Le tout permet de réduire jusqu’à cinq fois le coût d’infrastructure par mégawatt (MW) par rapport aux approches classiques des centres de données. En outre, le nombre d’utilisateurs desservis par GPU peut augmenter jusqu’à dix fois grâce à cette solution modulable. Cela réduit considérablement le coût par utilisateur d’IA, que ce soit ChatGPT, Perplexity, Gemini ou une autre interface d’IA générative.
Autant d’éléments qui permettent à l’entreprise de se distinguer, elle qui s’est donc spécialisée sur des solutions d’énergie solaire durable pour les applications pilotées par l’IA, combinant la production d’énergie renouvelable avec des solutions de calcul à haute performance. Il y a un peu plus d’un an, Tonomia a rejoint un programme du géant américain des semi-conducteurs Nvidia visant à développer des centres de données d’intelligence artificielle durables.
Ce sont ses solutions mêlant IA et moindre énergie qui ont convaincu AMD de s’associer avec elle et de lui procurer des puces électroniques. Autre partenaire, le Taïwanais Mitac, qui fournit les serveurs, et l’Émirati Open Innovation AI, chargé de la plateforme d’IA.
Une première installation physique, qui servira également de démonstrateur, est en cours de construction en Belgique. Elle devrait être opérationnelle à la fin du premier trimestre 2026. Plusieurs lettres d’intention ont été signées avec des producteurs d’énergie locaux, couvrant une capacité de plus de 10 MW pour cette année, ce qui représente un potentiel pouvant atteindre cinq millions d’utilisateurs de robots conversationnels, selon Tonomia.
À terme, des opérateurs de télécommunications pourraient recourir à ces conteneurs et offrir, grâce aux économies générées, un accès à de l’IA générative à moindre coût à leurs clients.