'Le crypto-marché croît à coup sûr', affirme le CEO de NGRAVE, Ruben Merre. 'Actuellement, il pèse déjà quelque trois cents milliards d'euros. Mais le fait est que le risque de sécurité augmente aussi. Chaque jour, ce sont des espèces pour un montant de sept millions d'euros qui sont volées sur des crypto-comptes. Il y a eu ainsi des tas de piratages chez ce qu'on appelle les crypto-exchanges. Même l'une de ces plates-formes les plus sûres au monde, Binance, a récemment essuyé une perte de 7.000 bitcoins. Il convient d'y ajouter encore l'histoire de Quadriga, dont le propriétaire a, à son décès, emporté avec lui dans la tombe la clé de cryptage, ce qui fait que tout un chacun qui lui avait confié la gestion de son portemonnaie, a perdu tout l'argent qu'il contenait.'

Il y a donc suffisamment de problèmes à résoudre, et c'est précisément ce qu'a fait NGRAVE avec l'aide de COSIC, l'équipe de cryptographie appliquée de la KU Leuven, et grâce à l'expertise nano-technologique de l'imec. 'La réponse classique au crypto-portemonnaie 'hot' composé d'un logiciel en ligne, est un 'cold wallet', un fragment de matériel que l'on conserve séparément sur internet. Généralement, il s'agit d'un stick USB avec une clé de cryptage sans laquelle on ne peut accéder à son argent. Mais qui peut aussi être piraté. Il fallait donc trouver encore mieux', prétend Merre. Et il mit donc au point avec sa jeune entreprise un bout de hardware n'ayant aucun lien avec internet, mais générant les clés secrètes hors ligne.

'Contrairement à la plupart des autres solutions, il ne s'agit pas d'un stick USB, mais d'un petit boîtier à part avec écran tactile', explique Merre. 'C'est une solution bout-à-bout qui tente d'offrir une solution à toutes les questions 'what if', même en cas de perte du produit ou d'un cas de décès, comme ce fut le cas avec Quadriga, et qui n'entre jamais en contact direct avec internet. S'il faut transférer des informations pour confirmer une transaction, elles transitent par un code QR, qui doit être scanné: une manière visuelle de transfert, qui n'offre aucun lien direct entre internet et la clé de cryptage.'

Bientôt en vente via Kickstarter

Après la phase de test et le prototype en cours, NGRAVE entend lancer son portemonnaie sur le marché d'ici septembre. 'Il s'agit donc d'un modèle commercial très simple', ajoute Merre. 'Nous vendrons le boîtier. Nous envisagerons ensuite aussi le marché B2B, qui pourrait nous valoir des rentrées récurrentes. Nous pensons par exemple à des fournisseurs de jetons de sécurité, l'équivalent chaîne de blocs d'un marché d'actions, un segment qui ne fait que croître et gagner en importance.'

Pour la commercialisation, Merre compte sur un programme Kickstarter qui devrait servir de précommande. 'Pour trouver notre public, nous comptons non seulement sur l'attention des médias, mais nous avons aux Etats-Unis aussi pris sous notre aile un partenaire américain spécialisé dans ce genre de projets de financement. Nous visons tout un chacun, qui dispose d'un certain montant en crypto-espèces. Pour poursuivre notre progression, nous allons nous rendre bientôt dans la Silicon Valley, afin d'y mettre en oeuvre des activités avec le soutien de BelCham.'

NGRAVE a démarré sur base d'investissements consentis par l'imec et quelques 'business angels', ainsi qu'avec le soutien du VLAIO, un prêt bancaire et des apports propres. 'Dès à présent, nous recherchons du capital supplémentaire, afin de financer le lancement sur le marché et la poursuite du développement du produit', indique Merre. 'Nous envisageons à court terme quelque 500.000 euros. Nous nous intéressons surtout à du 'smart money', peu importe qu'il provienne d'un investisseur européen ou américain.'

Ruben Merre (CEO) et Edouard Vanham (COO) de NGRAVE © .

NGRAVE

Siège social: Anvers

Nombre d'associés: 3

A la recherche de capital supplémentaire? Oui, de 500.000 euros d'argent intelligent

Site web: www.ngrave.io