En fait, personne ne pense encore aux services classiques de l'opérateur télécom. " La téléphonie mobile et internet sont des produits standards ", lance Sam Schellekens, Senior Business Development Manager chez Telenet. " Le consommateur ne veut pas d'interruptions, il veut la garantie d'une connexion en tout temps. "

L'opérateur télécom qui veut se différencier de la concurrence dans un tel contexte doit se réinventer en permanence. " Cela demande une nouvelle approche du client. Le modèle push classique cède la place au modèle pull. Il ne s'agit plus de proposer une offre sur le marché, mais d'écouter attentivement les besoins des clients et d'y répondre. "

La grande question à laquelle les entreprises sont confrontées aujourd'hui est de savoir comment et où trouver une opportunité dans la transformation numérique. Telenet perçoit le plus grand potentiel dans tout ce qui touche à l'Internet of Things. " L'intérêt pour IoT ne cesse de grandir ", constate Sam Schellekens. " On s'y est aussi investi. Le concept global de IoT correspond parfaitement à l'ADN d'un opérateur télécom. "

" Nous disposons de la connectivité et de plateformes utiles au déploiement d'une solution IoT. De plus, nous gérons plus d'un million de digibox chez nos clients résidentiels. Nous avons donc une grande expérience dans la gestion et le support sur site de grands parcs de périphériques. Dans cette optique, l'Internet of Things est un environnement évident pour nous. "

Sam Schellekens, Senior Business Development Manager chez Telenet : " Le concept global de la transformation numérique cadre avec la nécessité des entreprises d'évoluer, d'aller de l'avant. "

Aller de l'avant

Malgré l'intérêt et les possibilités croissantes, de nombreuses entreprises s'impliquent peu dans l'IoT. " Les entrepreneurs pensent d'abord à leur business ", explique Sam Schellekens. " S'ils veulent que leur activité tourne à plein rendement demain, ils doivent oser avoir une réflexion proactive. L'IoT peut certainement jouer un rôle, mais il n'est pas repris en haut de l'agenda. Pourtant, il offre des possibilités pour accroître l'efficience et réduire les coûts. "

Dans le même temps, c'est d'abord un outil pour aborder le vaste objectif de la transformation numérique. " Personne ne peut le nier ", souligne Sam Schellekens. " Chaque entreprise doit évoluer et continuer d'innover. Amazon est sans doute le plus bel exemple. Cette entreprise continue d'aller de l'avant même si elle est déjà loin aujourd'hui. Elle part du principe que ce qu'il se fait aujourd'hui est par définition une activité provisoire, et s'oblige à avoir une réflexion permanente axée sur l'avenir. "

L'exemple d'Amazon montre bien qu'une transformation numérique ne s'arrête jamais. S'arrêter, c'est reculer. " C'est aussi un de nos principes ", poursuit Sam Schellekens. " Nous proposons non seulement des applications IoT à nos clients, mais nous appliquons aussi ces opportunités technologiques en interne. " Telenet propose à ses collaborateurs un lieu de travail moderne et numérique, avec des outils numériques qui offrent un support supplémentaire, tant au bureau qu'au travail à domicile.

L'entreprise vise une solution qui mène le collaborateur au poste de travail le plus adapté selon le travail qu'il doit fournir à un moment donné. " Il peut s'agir d'un poste flexible, mais aussi d'un local où il peut travailler en silence ou d'une salle de réunion. Nous avons aussi un outil qui indique les places de parking libres, ce qui évite les irritations, car les collaborateurs n'ont pas de temps à perdre à cela. "

Une flotte intelligente

Les applications numériques aident aussi Telenet à se profiler comme un employeur vert. " Nous prévoyons de lancer bientôt une application qui permettra aux collaborateurs d'organiser les déplacements vers le bureau de manière flexible. Cette application permet par exemple de savoir quel bus prendre vers une gare en fonction de l'heure de départ du train, ou si un vélo partagé ou une trottinette est disponible à l'arrivée. "

Telenet veut aussi verdir sa flotte automobile. " Les collaborateurs n'ont souvent besoin d'une grande voiture que pendant les vacances, alors qu'une petite voiture suffit pour les déplacements au bureau ou chez les clients. Nous réfléchissons à une solution qui permettrait à notre flotte de répondre de manière intelligente aux divers besoins. " Telenet prévoit aussi à son siège des bornes de chargement pour les voitures électriques. " Ici aussi, nous développons une application. L'objectif n'est pas de laisser une voiture toute la journée à la borne de chargement. Dès que la batterie est chargée, elle doit laisser sa place à une autre. Nous allons organiser cela efficacement avec une application numérique. "

Après la voiture électrique et la voiture autonome, la voiture sans chauffeur fera à terme partie de nos rues. Y aura-t-il dans dix ans plus de voitures autonomes que de voitures 'classiques' ? " D'un point de vue technologique, ce sera certainement possible ", continue Sam Schellekens. " Mais dix ans est peut-être trop rapide pour modifier le contexte global de la conduite automobile, comme la législation et tout ce qui a trait à la responsabilité et aux assurances. "

Dans le cas de la voiture sans chauffeur - un véhicule sans volant ni pédales, où le passager ne peut pas intervenir dans le maniement de la voiture - d'importantes questions éthiques se posent. " Le logiciel d'une telle voiture devra pouvoir prendre des décisions sur des problèmes complexes. Va-t-elle par exemple sacrifier le passager de la voiture pour éviter une collision avec un groupe d'écoliers ? Qui va programmer ce type de logiciel ? Et aussi : qui montera dans une voiture qui peut prendre ce type de décisions ? "

De la connectivité pour chaque groupe cible

Le réseau 5G va probablement jouera un rôle clé dans le cadre des voitures autonomes et sans chauffeur. La communication entre les voitures et l'infrastructure routière implique de disposer d'importantes bandes passantes pour le transport et le traitement de grands volumes de données. Pour ce qui est de la 5G, les sceptiques avancent que la technologie arrive trop tôt. Le plein potentiel de la 5G devrait se manifester d'ici cinq à dix ans.

" Elle devrait initialement s'adresser au marché B2B ", souligne Sam Schellekens. " Lors de l'introduction de la 5G, il n'y aura peut-être pas beaucoup de consommateurs avec un smartphone 5G. " Telenet croit dans cette technologie et s'y investit. " Il y a une demande d'un réseau qui offre plus de possibilités que ce qui n'est possible aujourd'hui avec la 4 ou la 4,5G. Il y a un groupe-cible pour chaque type de connectivité, qu'il s'agisse de 4G, de fibre optique, de bande étroite ou LTM, ou de 5G plus tard. "

La 5G offre plus que de la capacité supplémentaire

Le terme 5G n'est en fait pas bien choisi. Il s'agit plus d'une mise à niveau du réseau 4G existant. La 5G est plus rapide et offre une plus grande capacité que la 4G. La principale différence se situe dans la possibilité - avec la 5G - d'appliquer le principe network slicing. Il s'agit d'une technologie qui permet de créer, sur une seule fréquence, des réseaux mobiles virtuels pour diverses applications. Les voitures autonomes peuvent par exemple disposer sur le réseau 5G d'un propre réseau virtuel avec une garantie de capacité. De la même manière, les entreprises pourront déployer un propre réseau 5G privé pour utiliser les applications IoT sur le terrain de l'entreprise, par exemple.