Car à la mi-mars 2020, tout salarié qui le pouvait s'est mis à travailler dans son salon, son bureau, son living ou sur sa table de cuisine. La plupart n'avaient besoin que d'un ordinateur portable. Les premiers jours ont paru très attrayants. Mais après une semaine, beaucoup se sont rendu compte que les conditions n'étaient pas toujours fort ergonomiques. Et leur travail, guère productif. En cause : un écran trop petit et l'absence de chaise ergonomique. Travailler une semaine sur une chaise de cuisine s'avère exigeant pour l'organisme.

Dell technologies, où les troupes venaient d'emménager dans un nouvel immeuble une semaine plus tôt, a autorisé les membres de son personnel à venir rechercher leur ordinateur de bureau pour l'utiliser à domicile. Et a tout récemment décidé, comme je l'ai entendu au sein d'autres entreprises, de permettre d'emporter aussi leur chaise de bureau.

Le 'bureau' prend une autre connotation

Ces initiatives sont louables, certes, mais ne sont pas des mesures structurelles. Elles ne sont pas non plus applicables à tous les secteurs, par exemple l'enseignement ou l'industrie de fabrication. Autre écueil : sauf si l'on est seul à la maison, les ordinateurs doivent souvent être partagés, surtout si les enfants suivent des cours en ligne. S'ils sont trois en même temps, il faut au moins 4 ordinateurs fonctionnels.

La Covid-19 nous a obligés à réfléchir à l'avenir du travail. Que ferons-nous après la pandémie ? Si j'observe notre entreprise, je pense que nous aurons besoin de nettement moins d'espace de bureaux conventionnels. Or les finitions du nouvel immeuble ne sont pas terminées. C'est une opportunité de réfléchir à leur aménagement. Ce qui semblait naturel il y a 6 mois encore a été remis en question par le nouveau coronavirus. Nous pourrions investir davantage dans des salles de formation, dans la collaboration, dans des flex-desks. Mais je décèle aussi un impact sur la mobilité. Comment l'organiserons-nous à l'avenir ? Quelles nouvelles possibilités pourrions-nous offrir ? Nous devrons de toute façon revoir notre attitude face au travail.

Les nombreux avantages prouvés du télétravail

En pleine pandémie, nous avons fait exécuter une enquête sur le télétravail. Elle en a explicitement révélé les nombreux avantages, tant au niveau individuel que sociétal. Les gens éprouvent par exemple moins de stress et parviennent à mieux combiner le travail et leur vie de famille. Ils sont également plus productifs. Au niveau social, la mobilité y gagne à son tour : les embouteillages avaient disparu ; ils sont de retour, mais nettement moins denses. Par expérience, nous constatons que le nombre de candidatures féminines augmente quand l'annonce stipule la possibilité de télétravail. C'est aussi une exigence de nombreux jeunes, qui n'envisagent même pas de travailler pour telle ou telle société qui ne tolèrerait pas le télétravail.

Distanciation numérique

En matière de technologies, tout est disponible pour permettre et faciliter le télétravail. Mais l'un des aspects sur lesquels les entreprises et les travailleurs doivent vraiment accorder plus d'attention, c'est la sécurité. Dans ce contexte, nous parlons de distanciation numérique, ou digital distancing, par analogie à la distanciation sociale (ou physique). Cela implique que même dans l'environnement domestique, les périphériques professionnels ne peuvent en aucun cas être branchés sur le même réseau que d'éventuels appareils smart home ou autres utilisés à des fins individuelles ou récréatives par les membres du ménage. Que le télétravail soit devenu une solution temporaire, facultative ou permanente, il faut garder un contrôle et une vue d'ensemble sur les menaces qui peuvent influencer les activités professionnelles.

Et quel peut être l'apport des autorités ?

L'acceptation du télétravail par l'ensemble de la société est forte. Et les technologies sont disponibles. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils encourager davantage le télétravail au moyen d'incitants structurels ? Bien que les diverses autorités aient rapidement pris des mesures temporaires, ce sont les entreprises qui ont joint l'acte à la parole. De façon pratique et pragmatique, en fournissant sans délai le matériel nécessaire, mais aussi en intégrant de nouvelles possibilités de rémunération flexible, entre autres en équipements pour le travail à domicile : un moniteur additionnel, d'autres périphériques, une chaise de bureau, voire l'aménagement d'un bureau domestique, assorti d'un éventuel soutien financier.

Beaucoup de sociétés sont impliquées dans un parcours de transformation numérique, qui implique des coûts additionnels. Face à cela, je constate que le budget pour subventionner les projets de transformation numérique des PME ne dépasse guère 2,5 millions d'euros, et qu'il a déjà été entièrement dépensé, alors que nous ne sommes qu'en septembre. En outre, il se borne à la consultance et il n'est pas encore question de soutien pour l'achat de matériel nécessaire. Comparé à l'ensemble des subventions publiques, ce sont vraiment des cacahouètes. Or dans le même temps, ces autorités font des économies en soutenant le télétravail de façon structurelle. Elles ont besoin de moins d'espace de bureau pour leurs fonctionnaires. Qui sont moins englués dans les embouteillages. Qui se sentent mieux dans leur peau (en raison d'un meilleur équilibre entre travail et vie privée), ce qui a aussi une influence sur le coût en soins de santé : moins d'absentéisme et moins de maladies de longue durée pour cause de burn-out.

Les autorités ne pourraient-elles pas soutenir le télétravail de façon structurelle et financière ? Cela favoriserait les entreprises, les travailleurs et la société dans son ensemble. C'est un beau défi pour la future équipe gouvernementale.

Téléchargez ici notre White paper Télétravail et transformation numérique

Car à la mi-mars 2020, tout salarié qui le pouvait s'est mis à travailler dans son salon, son bureau, son living ou sur sa table de cuisine. La plupart n'avaient besoin que d'un ordinateur portable. Les premiers jours ont paru très attrayants. Mais après une semaine, beaucoup se sont rendu compte que les conditions n'étaient pas toujours fort ergonomiques. Et leur travail, guère productif. En cause : un écran trop petit et l'absence de chaise ergonomique. Travailler une semaine sur une chaise de cuisine s'avère exigeant pour l'organisme.Dell technologies, où les troupes venaient d'emménager dans un nouvel immeuble une semaine plus tôt, a autorisé les membres de son personnel à venir rechercher leur ordinateur de bureau pour l'utiliser à domicile. Et a tout récemment décidé, comme je l'ai entendu au sein d'autres entreprises, de permettre d'emporter aussi leur chaise de bureau.Ces initiatives sont louables, certes, mais ne sont pas des mesures structurelles. Elles ne sont pas non plus applicables à tous les secteurs, par exemple l'enseignement ou l'industrie de fabrication. Autre écueil : sauf si l'on est seul à la maison, les ordinateurs doivent souvent être partagés, surtout si les enfants suivent des cours en ligne. S'ils sont trois en même temps, il faut au moins 4 ordinateurs fonctionnels.La Covid-19 nous a obligés à réfléchir à l'avenir du travail. Que ferons-nous après la pandémie ? Si j'observe notre entreprise, je pense que nous aurons besoin de nettement moins d'espace de bureaux conventionnels. Or les finitions du nouvel immeuble ne sont pas terminées. C'est une opportunité de réfléchir à leur aménagement. Ce qui semblait naturel il y a 6 mois encore a été remis en question par le nouveau coronavirus. Nous pourrions investir davantage dans des salles de formation, dans la collaboration, dans des flex-desks. Mais je décèle aussi un impact sur la mobilité. Comment l'organiserons-nous à l'avenir ? Quelles nouvelles possibilités pourrions-nous offrir ? Nous devrons de toute façon revoir notre attitude face au travail.En pleine pandémie, nous avons fait exécuter une enquête sur le télétravail. Elle en a explicitement révélé les nombreux avantages, tant au niveau individuel que sociétal. Les gens éprouvent par exemple moins de stress et parviennent à mieux combiner le travail et leur vie de famille. Ils sont également plus productifs. Au niveau social, la mobilité y gagne à son tour : les embouteillages avaient disparu ; ils sont de retour, mais nettement moins denses. Par expérience, nous constatons que le nombre de candidatures féminines augmente quand l'annonce stipule la possibilité de télétravail. C'est aussi une exigence de nombreux jeunes, qui n'envisagent même pas de travailler pour telle ou telle société qui ne tolèrerait pas le télétravail.En matière de technologies, tout est disponible pour permettre et faciliter le télétravail. Mais l'un des aspects sur lesquels les entreprises et les travailleurs doivent vraiment accorder plus d'attention, c'est la sécurité. Dans ce contexte, nous parlons de distanciation numérique, ou digital distancing, par analogie à la distanciation sociale (ou physique). Cela implique que même dans l'environnement domestique, les périphériques professionnels ne peuvent en aucun cas être branchés sur le même réseau que d'éventuels appareils smart home ou autres utilisés à des fins individuelles ou récréatives par les membres du ménage. Que le télétravail soit devenu une solution temporaire, facultative ou permanente, il faut garder un contrôle et une vue d'ensemble sur les menaces qui peuvent influencer les activités professionnelles.L'acceptation du télétravail par l'ensemble de la société est forte. Et les technologies sont disponibles. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils encourager davantage le télétravail au moyen d'incitants structurels ? Bien que les diverses autorités aient rapidement pris des mesures temporaires, ce sont les entreprises qui ont joint l'acte à la parole. De façon pratique et pragmatique, en fournissant sans délai le matériel nécessaire, mais aussi en intégrant de nouvelles possibilités de rémunération flexible, entre autres en équipements pour le travail à domicile : un moniteur additionnel, d'autres périphériques, une chaise de bureau, voire l'aménagement d'un bureau domestique, assorti d'un éventuel soutien financier.Beaucoup de sociétés sont impliquées dans un parcours de transformation numérique, qui implique des coûts additionnels. Face à cela, je constate que le budget pour subventionner les projets de transformation numérique des PME ne dépasse guère 2,5 millions d'euros, et qu'il a déjà été entièrement dépensé, alors que nous ne sommes qu'en septembre. En outre, il se borne à la consultance et il n'est pas encore question de soutien pour l'achat de matériel nécessaire. Comparé à l'ensemble des subventions publiques, ce sont vraiment des cacahouètes. Or dans le même temps, ces autorités font des économies en soutenant le télétravail de façon structurelle. Elles ont besoin de moins d'espace de bureau pour leurs fonctionnaires. Qui sont moins englués dans les embouteillages. Qui se sentent mieux dans leur peau (en raison d'un meilleur équilibre entre travail et vie privée), ce qui a aussi une influence sur le coût en soins de santé : moins d'absentéisme et moins de maladies de longue durée pour cause de burn-out.Les autorités ne pourraient-elles pas soutenir le télétravail de façon structurelle et financière ? Cela favoriserait les entreprises, les travailleurs et la société dans son ensemble. C'est un beau défi pour la future équipe gouvernementale.Téléchargez ici notre White paper Télétravail et transformation numérique