Wikipedia, l'encyclopédie non marchande en ligne coécrite par des rédacteurs bénévoles a interdit son accès à sept d'entre eux. Et douze autres ont perdu leurs droits d'administrateur. Dans un long communiqué, Maggie Dennis de la Wikimedia Foundation explique que ces personnes ont été bannies parce qu'elles faisaient apparemment partie d'une tentative d'infiltration de la part d'intérêts chinois, au cours de laquelle des menaces physiques auraient également été utilisées. Tous ces rédacteurs étaient liés à l'organisation chinoise 'Wikimedians of Mainland China', laquelle parle de propos diffamatoires non fondés.

Statut spécial

Wikipedia est l'encyclopédie gratuite la plus populaire au monde, et la version de l'histoire qui y aboutit, revêt donc une grande importance. C'est surtout pour les articles politiquement sensibles que la section rédactionnelle représente souvent un théâtre d'opérations caractérisé par des voix contradictoires. Ces derniers mois, tel est par exemple le cas d'une série d'articles couvrant les protestations à Hong Kong. Ce qu'on appelle les 'edit battles' (conflits éditoriaux) font rage surtout sur les pages chinoises du site, et opposent les partisans d'Hong Kong à ceux de la Chine.

Hong Kong a longtemps joui d'un statut spécial au sein de la Chine avec davantage de libertés et de droit à la parole que le reste du pays. Ces dernières années, le gouvernement chinois renforce cependant sa mainmise sur la ville avec, entre autres, des réformes électorales et une loi sur la sécurité permettant de couper court aux protestations et de museler divers médias.

Il va de soi que les deux parties s'opposant dans ce conflit adoptent des visions différentes sur ces faits. Selon la Chine, des vandales organisent depuis des mois déjà des émeutes à Hong Kong, alors qu'à Hong Kong, on évoque des protestations pacifistes pour plus de démocratie.

Direction l'internet

Ce combat semble donc se poursuivre de plus belle sur les pages de Wikipedia. La loi chinoise sur la sécurité signifie pour Hong Kong que des journaux comme Apple Daily par exemple sont interdits de parution et des journalistes sont arrêtés. Ce climat de répression se retrouve à présent en ligne. C'est ainsi que ces derniers mois, selon le site d'actualité Hong Kong Free Press, il est question de 'manipulation électorale' lors du choix de nouveaux administrateurs, ce qui a engendré l'élection de partisans de la Chine. Or ces administrateurs disposent de plus de droits pour adapter des articles, mais ils ont aussi accès à plus de données des utilisateurs.

Il y aurait aussi notamment un projet en vue de dénoncer des partisans d'Hong Kong à la police de la ville, afin qu'ils puissent être arrêtés sous le coup de la loi sur la sécurité. Il en résulte une situation, où les partisans de Hong Kong craignent pour leur liberté, s'ils apportent encore des adaptations à des articles politiquement sensibles.

Plaintes

Pendant un an, Wikipedia a mené l'enquête à propos des pages en langue chinoise de l'encyclopédie, selon Dennis qui s'est confiée à la BBC. Suite à des plaintes déposées l'été dernier, les choses se sont cependant nettement accélérées. L'accès aux données personnelles des rédacteurs est aujourd'hui sécurisé dans la région. Toujours selon Dennis, un groupe a été créé pour prendre le contrôle de certaines parties de Wikipedia, afin d'accorder la préférence à des opinions spécifiques, dans ce cas celles des autorités chinoises.

Dans ce sens, ce qui se passe sur Wikipedia n'est guère différent de ce qui arrive à l'internet chinois. Le pays pousse loin sa censure d'informations indésirables et supprime ou rédige des messages dans différents médias qui n'adoptent pas la vision du Parti Communiste. Le hic, c'est que cette pratique déborde à présent sur une plate-forme internationale ouverte qui est la propriété d'une organisation américaine. Wikimedians of Mainland China possèderait quelque trois cents membres. Le groupe a posté une réaction à cette affaire, dans laquelle il accuse Wikipedia d'aller à l'encontre des sentiments et des avis de la communauté chinoise. Contrairement au groupe Wikimedia de Hong Kong, celle-ci n'est pas reconnue par l'organisation Wikimedia même, fait observer finement Hong Kong Free Press. La Chine bloque depuis 2019 l'accès à Wikipedia sur le continent, mais les internautes peuvent contourner le blocus en passant par diverses portes dérobées.

Wikipedia, l'encyclopédie non marchande en ligne coécrite par des rédacteurs bénévoles a interdit son accès à sept d'entre eux. Et douze autres ont perdu leurs droits d'administrateur. Dans un long communiqué, Maggie Dennis de la Wikimedia Foundation explique que ces personnes ont été bannies parce qu'elles faisaient apparemment partie d'une tentative d'infiltration de la part d'intérêts chinois, au cours de laquelle des menaces physiques auraient également été utilisées. Tous ces rédacteurs étaient liés à l'organisation chinoise 'Wikimedians of Mainland China', laquelle parle de propos diffamatoires non fondés.Wikipedia est l'encyclopédie gratuite la plus populaire au monde, et la version de l'histoire qui y aboutit, revêt donc une grande importance. C'est surtout pour les articles politiquement sensibles que la section rédactionnelle représente souvent un théâtre d'opérations caractérisé par des voix contradictoires. Ces derniers mois, tel est par exemple le cas d'une série d'articles couvrant les protestations à Hong Kong. Ce qu'on appelle les 'edit battles' (conflits éditoriaux) font rage surtout sur les pages chinoises du site, et opposent les partisans d'Hong Kong à ceux de la Chine.Hong Kong a longtemps joui d'un statut spécial au sein de la Chine avec davantage de libertés et de droit à la parole que le reste du pays. Ces dernières années, le gouvernement chinois renforce cependant sa mainmise sur la ville avec, entre autres, des réformes électorales et une loi sur la sécurité permettant de couper court aux protestations et de museler divers médias.Il va de soi que les deux parties s'opposant dans ce conflit adoptent des visions différentes sur ces faits. Selon la Chine, des vandales organisent depuis des mois déjà des émeutes à Hong Kong, alors qu'à Hong Kong, on évoque des protestations pacifistes pour plus de démocratie.Ce combat semble donc se poursuivre de plus belle sur les pages de Wikipedia. La loi chinoise sur la sécurité signifie pour Hong Kong que des journaux comme Apple Daily par exemple sont interdits de parution et des journalistes sont arrêtés. Ce climat de répression se retrouve à présent en ligne. C'est ainsi que ces derniers mois, selon le site d'actualité Hong Kong Free Press, il est question de 'manipulation électorale' lors du choix de nouveaux administrateurs, ce qui a engendré l'élection de partisans de la Chine. Or ces administrateurs disposent de plus de droits pour adapter des articles, mais ils ont aussi accès à plus de données des utilisateurs.Il y aurait aussi notamment un projet en vue de dénoncer des partisans d'Hong Kong à la police de la ville, afin qu'ils puissent être arrêtés sous le coup de la loi sur la sécurité. Il en résulte une situation, où les partisans de Hong Kong craignent pour leur liberté, s'ils apportent encore des adaptations à des articles politiquement sensibles.Pendant un an, Wikipedia a mené l'enquête à propos des pages en langue chinoise de l'encyclopédie, selon Dennis qui s'est confiée à la BBC. Suite à des plaintes déposées l'été dernier, les choses se sont cependant nettement accélérées. L'accès aux données personnelles des rédacteurs est aujourd'hui sécurisé dans la région. Toujours selon Dennis, un groupe a été créé pour prendre le contrôle de certaines parties de Wikipedia, afin d'accorder la préférence à des opinions spécifiques, dans ce cas celles des autorités chinoises.Dans ce sens, ce qui se passe sur Wikipedia n'est guère différent de ce qui arrive à l'internet chinois. Le pays pousse loin sa censure d'informations indésirables et supprime ou rédige des messages dans différents médias qui n'adoptent pas la vision du Parti Communiste. Le hic, c'est que cette pratique déborde à présent sur une plate-forme internationale ouverte qui est la propriété d'une organisation américaine. Wikimedians of Mainland China possèderait quelque trois cents membres. Le groupe a posté une réaction à cette affaire, dans laquelle il accuse Wikipedia d'aller à l'encontre des sentiments et des avis de la communauté chinoise. Contrairement au groupe Wikimedia de Hong Kong, celle-ci n'est pas reconnue par l'organisation Wikimedia même, fait observer finement Hong Kong Free Press. La Chine bloque depuis 2019 l'accès à Wikipedia sur le continent, mais les internautes peuvent contourner le blocus en passant par diverses portes dérobées.