Suite au piratage à la Défense mi-décembre, l'armée belge connut des semaines durant des problèmes d'e-mail qui touchèrent aussi le Service du Renseignement SGRS. On décida ensuite d'investir dans du nouveau matériel. Het Laatste Nieuws et VTM Nieuws ont maintenant découvert que ce dernier a été acheté chez Huawei. Un choix étonnant dans la mesure où notre pays recommande précisément aux opérateurs télécoms de ne pas dépendre trop des acteurs chinois tels Huawei par crainte d'espionnage.

Accusations d'espionnage

Les pratiques d'espionnage d'Huawei n'ont en réalité jamais vraiment été démontrées, mais l'entreprise est depuis des années déjà accusée de ce genre d'activité au profit des autorités chinoises. Ce sont surtout les Etats-Unis qui mènent ces dernières années une véritable croisade contre cette entreprise. Les Américains ont aussi mis en garde les pays européens, allant même jusqu'à les menacer de les exclure de certains flux de renseignements en cas de transit des communications par un réseau d'Huawei.

En recourant à divers termes vagues, le Conseil de Sécurité Nationale décida mi-2020 qu'il fallait appliquer des restrictions dans notre pays aussi. Formellement, des acteurs comme Huawei ou ZTE ne sont pas interdits, mais ils ne peuvent plus représenter qu'une portion limitée - jusqu'à 35 pour cent - de l'infrastructure totale. Cela a contraint les opérateurs à délaisser entièrement Huawei et ZTE pour leur réseau 5G. Le fait que le SGRS opte deux années plus tard pour Huawei comme fournisseur de matériel est donc hautement étonnant.

HLN et VTM Nieuws ont présenté la situation à quelques experts. Le professeur en cryptographie Bart Preneel apporte la nuance, selon laquelle le choix est compréhensible pour des raisons commerciales, et que les preuves contre Huawei sont minimes. Mais il évoque par ailleurs aussi la législation chinoise qui obligerait l'entreprise à collaborer avec les autorités et les services de renseignements si cela s'avère nécessaire.

Autre logiciel

Le journal et la chaîne du nord du pays ont aussi pris contact avec le SGRS, où on reconnaît l'achat, sans être pour autant inquiet. Le service de renseignements militaires déclare que le matériel acheté tourne sur un logiciel américain, ce qui fait que le risque d'espionnage au départ de la Chine est limité.

Preneel déclare qu'une solution pourrait être de prendre aussi en charge le firmware et de contrôler tous les éléments. Geert Baudewijns, CEO de Secutec, y croit moins. 'En réalité, je n'ai jamais considéré qu'il soit possible de faire tourner sur une plate-forme d'Huawei un logiciel d'un autre fournisseur', affirme-t-il à HLN et VTM Nieuws. Selon lui, il n'est pas évident de remplacer le firmware de ces appareils.

Update 22H30:

Dans un communiqué transmis via l'agence Belga, le SGRS dément avoir acheté des routeurs à Huawei. Il s'agit là 'd'une présentation erronée des faits qui porte atteinte au professionnalisme et à l'efficience du SGRS', affirme le vice-amiral Wim Robberecht, en charge du service, dans une réaction. Il y aurait aussi une certaine confusion entre d'une part le piratage intervenu en décembre, qui engendra des problèmes techniques pendant pas mal de temps, et d'autre part la manière de traiter le matériel d'Huawei.

Dans l'article paru dans Het Laatste Nieuws, l'auteur confond deux analyses indépendantes des services, selon le vice-amiral Robberecht. Selon lui, la première analyse porte sur la technologie chinoise en général, alors que la seconde concerne la restriction à l'accès d'internet pour le personnel suite à la cyber-attaque lancée sur la Défense, et à la crise en Ukraine.

Suite au piratage à la Défense mi-décembre, l'armée belge connut des semaines durant des problèmes d'e-mail qui touchèrent aussi le Service du Renseignement SGRS. On décida ensuite d'investir dans du nouveau matériel. Het Laatste Nieuws et VTM Nieuws ont maintenant découvert que ce dernier a été acheté chez Huawei. Un choix étonnant dans la mesure où notre pays recommande précisément aux opérateurs télécoms de ne pas dépendre trop des acteurs chinois tels Huawei par crainte d'espionnage.Les pratiques d'espionnage d'Huawei n'ont en réalité jamais vraiment été démontrées, mais l'entreprise est depuis des années déjà accusée de ce genre d'activité au profit des autorités chinoises. Ce sont surtout les Etats-Unis qui mènent ces dernières années une véritable croisade contre cette entreprise. Les Américains ont aussi mis en garde les pays européens, allant même jusqu'à les menacer de les exclure de certains flux de renseignements en cas de transit des communications par un réseau d'Huawei.En recourant à divers termes vagues, le Conseil de Sécurité Nationale décida mi-2020 qu'il fallait appliquer des restrictions dans notre pays aussi. Formellement, des acteurs comme Huawei ou ZTE ne sont pas interdits, mais ils ne peuvent plus représenter qu'une portion limitée - jusqu'à 35 pour cent - de l'infrastructure totale. Cela a contraint les opérateurs à délaisser entièrement Huawei et ZTE pour leur réseau 5G. Le fait que le SGRS opte deux années plus tard pour Huawei comme fournisseur de matériel est donc hautement étonnant.HLN et VTM Nieuws ont présenté la situation à quelques experts. Le professeur en cryptographie Bart Preneel apporte la nuance, selon laquelle le choix est compréhensible pour des raisons commerciales, et que les preuves contre Huawei sont minimes. Mais il évoque par ailleurs aussi la législation chinoise qui obligerait l'entreprise à collaborer avec les autorités et les services de renseignements si cela s'avère nécessaire.Le journal et la chaîne du nord du pays ont aussi pris contact avec le SGRS, où on reconnaît l'achat, sans être pour autant inquiet. Le service de renseignements militaires déclare que le matériel acheté tourne sur un logiciel américain, ce qui fait que le risque d'espionnage au départ de la Chine est limité.Preneel déclare qu'une solution pourrait être de prendre aussi en charge le firmware et de contrôler tous les éléments. Geert Baudewijns, CEO de Secutec, y croit moins. 'En réalité, je n'ai jamais considéré qu'il soit possible de faire tourner sur une plate-forme d'Huawei un logiciel d'un autre fournisseur', affirme-t-il à HLN et VTM Nieuws. Selon lui, il n'est pas évident de remplacer le firmware de ces appareils.Update 22H30:Dans un communiqué transmis via l'agence Belga, le SGRS dément avoir acheté des routeurs à Huawei. Il s'agit là 'd'une présentation erronée des faits qui porte atteinte au professionnalisme et à l'efficience du SGRS', affirme le vice-amiral Wim Robberecht, en charge du service, dans une réaction. Il y aurait aussi une certaine confusion entre d'une part le piratage intervenu en décembre, qui engendra des problèmes techniques pendant pas mal de temps, et d'autre part la manière de traiter le matériel d'Huawei.Dans l'article paru dans Het Laatste Nieuws, l'auteur confond deux analyses indépendantes des services, selon le vice-amiral Robberecht. Selon lui, la première analyse porte sur la technologie chinoise en général, alors que la seconde concerne la restriction à l'accès d'internet pour le personnel suite à la cyber-attaque lancée sur la Défense, et à la crise en Ukraine.