Meuleman était depuis l'été 2014 président de la Belgian Federation of Unmanned Aircraft Systems, l'association sectorielle belge des entreprises de drones. En cette qualité, il était l'interlocuteur du secteur et a collaboré à la loi sur ces petits avions sans équipage.

Mais cela bouge au sein de l'organisation, comme il apparaît à la lecture du mail de démission de Meuleman que Data News a pu consulter. "Ces 2 derniers mois, l'attitude de plusieurs administrateurs a été dictée, selon moi, par un intérêt personnel plutôt que par une volonté de défendre l'intérêt du secteur", indique Meuleman.

Le vice-président Jürgen Verstaen confirme aussi son départ à Data News et ce, même s'il explique qu'il démissionne surtout pour pouvoir davantage se concentrer sur sa propre entreprise. Il ne souhaite faire aucun commentaire sur les déclarations de Meuleman.

Conflit d'intérêts

Dans son mail, Meuleman évoque également des reproches de partialité et de conflit d'intérêts, mais aussi le fait que des administrateurs ont négocié de leur propre initiative avec le cabinet de Jacqueline Galant à propos de l'arrêté royal sur l'utilisation des drones. Ensuite, l'on affirma que le cabinet ne désirait plus négocier avec lui, ce qui aurait été démenti par ledit cabinet, toujours selon le mail.

"Ces faits, conjointement avec quelques autres événements et le comportement de quelques membres du conseil d'administration m'ont incité à décider que je ne pouvais plus occuper ma fonction dans de telles circonstances", a conclu Meuleman dans son mail de démission.

Adeptes et opposants

Meuleman séjourne actuellement à l'étranger et n'est donc pas accessible pour des commentaires. Notre rédaction reçoit, en fonction des sources, des déclarations contradictoires à propos de ce départ. D'aucuns déclarent que Meuleman cherchait souvent le conflit, ce qui ne plaisait pas à la fédération sectorielle. C'est précisément pourquoi certains administrateurs sont allés négocier de leur propre initiative avec le cabinet de Galant.

Mais d'autres emboitent le pas à Meuleman. C'est ainsi qu'une autre source indique que Meuleman, même s'il n'était pas toujours le plus facile, voulait réellement représenter le secteur dans son ensemble. Et une autre source encore indique que certains souhaitaient saper la position de Meuleman pour pouvoir imposer surtout leurs propres intérêts (professionnels). Quelle que soit la version envisagée, il est manifeste que la fédération sectorielle des drones n'est plus unie et ne parle plus d'une seule et même voix.

La loi sur les drones est prête désormais. Après les remarques formulées par l'Europe, fin décembre, le texte a été adapté, en y ajoutant notamment une catégorie supplémentaire. L'objectif est que la loi entre en vigueur ce printemps.