Le Belge n’est pas fan de la reconnaissance faciale

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Els Bellens

Les Belges se sentent en général bien protégés, mais jettent un regard particulièrement apitoyé sur l’utilisation de la reconnaissance faciale à des fins commerciales ou sécuritaires. Voilà ce qui ressort d’une enquête internationale.

Malgré tout, les Belges ne semblent guère se faire trop de souci à propos de leur sécurité. Voilà ce que révèle Unisys dans son ‘Security Index’. Il s’agit là d’une enquête effectuée auprès de 11.000 consommateurs dans le monde, dont mille en Belgique. Dans cette enquête, il apparaît que notre pays est le seul pays européen, où la préoccupation de la sécurité (nationale, personnelle, financière ou internet) a diminué cette année. La Belgique fait dès lors partie des trois pays (conjointement avec l’Allemagne et les Pays-Bas), où les personnes interrogées se font le moins de souci. A l’autre bout du classement, on trouve le Mexique, la Colombie, le Brésil et, étonnamment, les Etats-Unis.

Reconnaissance faciale

Un sujet très sensible pour tout le monde, c’est le respect de la vie privée et, surtout, des technologies telles la reconnaissance faciale. 75 pour cent des Belges interrogés n’apprécient par exemple pas l’utilisation de cette technologie pour la détection d’infos liées à la COVID, telles la vaccination ou les infections. Une immense majorité (91%) ne souhaite pas que la reconnaissance faciale soit exploitée par les magasins pour leur conseiller des produits personnalisés. Il convient de le faire comprendre aux spécialistes du marketing. En général, les Belges ne sont tout simplement pas fans de cette technologie. 64 pour cent ne veulent pas que leur visage soit scanné lors du passage aux frontières, 61 pour cent y sont opposés aussi lors des opérations d’embarquement dans un avion. Tout juste la moitié la trouverait encore acceptable pour la police en vue d’identifier des malfaiteurs, mais il n’empêche que la population n’est en général pas enthousiaste.

Confidentialité

Il n’étonnera personne que les Belges tiennent à leur confidentialité. Y compris sur le lieu de travail. De l’enquête, il apparaît que la plupart des employés accordent la préférence à un modèle de travail hybride, par lequel ils travaillent en partie chez eux. Ce faisant, ils veulent que leur employeur leur accorde sa confiance.

Le monitoring, par lequel l’employé est d’une manière ou d’une autre tenu à l’oeil par son employeur, représente donc aussi un sujet particulièrement sensible. 66 pour cent des employés ne se sentent pas à l’aise avec le pointage en ligne et les horaires de login et de logout. Or c’est pourtant là la plus ‘acceptable’ des méthodes de monitoring. Un quart des employés se dit opposé au monitoring, un pourcentage qui, chez les plus anciens à partir de 55 ans, atteint même 43 pour cent. Les employés plus jeunes semblent l’accepter un peu plus, même s’il s’agit alors par exemple d’activer la webcam durant une réunion Zoom. Seuls 34 pour cent l’acceptent. Tout en bas du classement, on trouve le contrôle du micro (12% au niveau mondial l’acceptent), la saisie d’un mot de passe (13%) ou la consultation d’un écran d’ordinateur ou de l’historique du navigateur web (18%).

Sécurité internet

Si on prend en considération les domaines dans lesquels les personnes interrogées se sentent ou ne se sentent pas en sécurité, on observe que la sécurité internet représente la plus forte préoccupation de nos compatriotes. Davantage même que la sécurité nationale, la sécurité financière ou la sécurité personnelle. 63 pour cent des Belges interrogés au cours de l’enquête déclarent être circonspects au niveau des liens suspects. Pour ce qui est des menaces plus sophistiquées, la proportion est quelque peu moindre. C’est ainsi que 52 pour cent ignoraient ce qu’était l’hameçonnage (‘phishing’) par SMS. Un pourcentage encore plus élevé (86%) n’était pas conscient du ‘SIM jacking’, même s’il ne s’agit pas là d’une pratique fréquente dans notre pays.

Sur le plan financier, national et personnel, le Belge éprouve encore relativement pas mal de confiance. Il nous faut cependant signaler ici que l’enquête a été réalisée entre le 2 et le 28 juillet 2021, donc en partie avant ou durant les inondations qui ont touché le sud et l’est du pays.

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