Je dois vous faire un aveu. Après cinq années d'abstinence totale de Facebook, l'outil de la sa petite filiale WhatsApp a retrouvé depuis peu sa place sur mon smartphone. C'est un peu comme si je retombais d'un coup dans une vieille addiction, ce qui ne me rend pas vraiment fière. Que faire dans ce cas? Tenter de rester ferme et de s'en tenir à ses principes. Ne plus céder en tout cas.

En réalité nonobstant toutes les histoires relatives aux atteintes au respect de la vie privée et parfois aux mensonges purs et simples du géant technologique, les réseaux de Facebook restent tout simplement le moyen de communication par défaut d'une grande partie de l'humanité. C'est choquant, j'en conviens. Il est toujours regrettable que des gens accordent peu de valeur à des choses que vous trouvez importantes, comme 'ne pas remettre sa vie en question et vendre des données à des publicitaires pour un demi-cent par clic'. Mais la vie reprend son cours, on peut redevenir sociable et céder devant un excès de prudence.

On en est arrivé à un point tel que quand on tente d'expliquer ce qui ne va pas avec Facebook, on a rapidement l'impression qu'on a dans l'urgence besoin d'une protection. 'Oui le réseau social utilise donc des interfaces truquées ('dark patterns') pour collecter des numéros de téléphone de votre liste de contacts, afin de pouvoir tracer également des gens qui ne possèdent absolument pas de compte, et il ne sécurise pas vraiment ces bases de données non plus.' Et oui, Els, et on retrouve des mini-émetteurs 5G dans votre vaccin anti-corona.

'Cinq milliards de téléchargements WhatsApp, la lutte est inégale'

Le respect de la vie privée est donc actuellement surtout une affaire de niche pour les gens qui s'occupent de sécurité et qui publient des opinions sur Twitter. J'ignore si vous avez déjà essayé d'inciter Marie du club de natation ou Jacques du cours de pâtisserie de vous contacter sur Signal. Moi, je n'arrive même pas à faire passer quelque que chose d'aussi simple que Discord en tant qu'outil de communication de groupe. C'est simplement trop vague. 'Mon PayPal peut-il être piraté et mon argent est-il alors perdu pour de bon?', voilà ce qui intéresse davantage les gens que 'qui peut voir où je vais et où je me trouve?'. Le lien entre confidentialité et sécurité n'est pas toujours établi.

L'idée de réseaux sûrs et respectueux de la vie privée ne semble donc pas vraiment intéresser une grande partie de la population. Ou bien cette idée ne peut rivaliser avec la suivante: 'cette appli se trouve sur mon smartphone, et tous mes autres amis l'utilisent'. On en est à cinq milliards de téléchargements, selon le Play Store. La lutte est inégale. On le voit bien: 'Lui, il fait tout sur Telegram, mais il a aussi Facebook pour rencontrer les gens du foot.' Disons que je ne suis pas la seule à plier sous la pression des pairs à l'ancienne.

A mes yeux, c'est déjà une consolation de voir que l'expérience ne semble pas universelle. 'WhatsApp? C'est quoi?', me demandait une amie plus jeune - bien qu'internationale -, lorsque je me mis à me plaindre que cette appli avait besoin d'un accès à mon appareil photo pour saisir un p... de statut. Facebook et ses nombreuses filiales ne sont dans ce sens pas grand-chose d'autre qu'AOL quelque part dans les années deux mille. Il existe des alternatives bien meilleures, et cela n'intéresse plus du tout les jeunes, mais l'environnement est si familier pour beaucoup qu'il faut en être. L'alternative est d'exclure des tas de personnes, voire de s'exclure soi-même. Du moins jusqu'à ce que tout le système se mue en quelque chose d'autre. En un métavers par exemple. Un thème à débattre, ne pensez-vous pas?

Je dois vous faire un aveu. Après cinq années d'abstinence totale de Facebook, l'outil de la sa petite filiale WhatsApp a retrouvé depuis peu sa place sur mon smartphone. C'est un peu comme si je retombais d'un coup dans une vieille addiction, ce qui ne me rend pas vraiment fière. Que faire dans ce cas? Tenter de rester ferme et de s'en tenir à ses principes. Ne plus céder en tout cas.En réalité nonobstant toutes les histoires relatives aux atteintes au respect de la vie privée et parfois aux mensonges purs et simples du géant technologique, les réseaux de Facebook restent tout simplement le moyen de communication par défaut d'une grande partie de l'humanité. C'est choquant, j'en conviens. Il est toujours regrettable que des gens accordent peu de valeur à des choses que vous trouvez importantes, comme 'ne pas remettre sa vie en question et vendre des données à des publicitaires pour un demi-cent par clic'. Mais la vie reprend son cours, on peut redevenir sociable et céder devant un excès de prudence.On en est arrivé à un point tel que quand on tente d'expliquer ce qui ne va pas avec Facebook, on a rapidement l'impression qu'on a dans l'urgence besoin d'une protection. 'Oui le réseau social utilise donc des interfaces truquées ('dark patterns') pour collecter des numéros de téléphone de votre liste de contacts, afin de pouvoir tracer également des gens qui ne possèdent absolument pas de compte, et il ne sécurise pas vraiment ces bases de données non plus.' Et oui, Els, et on retrouve des mini-émetteurs 5G dans votre vaccin anti-corona.Le respect de la vie privée est donc actuellement surtout une affaire de niche pour les gens qui s'occupent de sécurité et qui publient des opinions sur Twitter. J'ignore si vous avez déjà essayé d'inciter Marie du club de natation ou Jacques du cours de pâtisserie de vous contacter sur Signal. Moi, je n'arrive même pas à faire passer quelque que chose d'aussi simple que Discord en tant qu'outil de communication de groupe. C'est simplement trop vague. 'Mon PayPal peut-il être piraté et mon argent est-il alors perdu pour de bon?', voilà ce qui intéresse davantage les gens que 'qui peut voir où je vais et où je me trouve?'. Le lien entre confidentialité et sécurité n'est pas toujours établi.L'idée de réseaux sûrs et respectueux de la vie privée ne semble donc pas vraiment intéresser une grande partie de la population. Ou bien cette idée ne peut rivaliser avec la suivante: 'cette appli se trouve sur mon smartphone, et tous mes autres amis l'utilisent'. On en est à cinq milliards de téléchargements, selon le Play Store. La lutte est inégale. On le voit bien: 'Lui, il fait tout sur Telegram, mais il a aussi Facebook pour rencontrer les gens du foot.' Disons que je ne suis pas la seule à plier sous la pression des pairs à l'ancienne.A mes yeux, c'est déjà une consolation de voir que l'expérience ne semble pas universelle. 'WhatsApp? C'est quoi?', me demandait une amie plus jeune - bien qu'internationale -, lorsque je me mis à me plaindre que cette appli avait besoin d'un accès à mon appareil photo pour saisir un p... de statut. Facebook et ses nombreuses filiales ne sont dans ce sens pas grand-chose d'autre qu'AOL quelque part dans les années deux mille. Il existe des alternatives bien meilleures, et cela n'intéresse plus du tout les jeunes, mais l'environnement est si familier pour beaucoup qu'il faut en être. L'alternative est d'exclure des tas de personnes, voire de s'exclure soi-même. Du moins jusqu'à ce que tout le système se mue en quelque chose d'autre. En un métavers par exemple. Un thème à débattre, ne pensez-vous pas?