Facebook avait annoncé le libra il y a deux semaines. L'objectif est que ses utilisateurs puissent à partir de l'année prochaine se transférer mutuellement de l'argent, notamment pour payer des factures et effectuer des achats. Nombre de gouvernements s'y opposent cependant. "Le concept n'a pas encore été entièrement expliqué, mais quoi qu'il en soit, il s'agirait d'une unité monétaire virtuelle privée, ce que nous n'apprécions pas", déclare ainsi le ministre indien des affaires économiques Subhash Garg à l'agence de presse Bloomberg. L'Inde s'oppose en général fermement à l'argent virtuel.

La Chine elle aussi souhaite un contrôle de la monnaie. Les paiements au moyen de crypto-espèces ne s'arrêteraient pas aux frontières nationales et pourraient être utilisées à des fins de prêts. Ces monnaies pourraient donc perturber la politique financière des pays et engendrer des risques pour les unités monétaires existantes, selon Mu Changchun, un directeur de la banque centrale chinoise, qui s'est confié à Bloomberg. Pour Mu Changchun, Facebook n'a en l'occurrence pas clairement expliqué ce qu'elle entend faire contre le blanchiment et le financement d'activités terroristes. Il ne sait pas non plus comment Facebook protègera la confidentialité de ses utilisateurs. Mu estime que la monnaie n'aura pas un caractère durable sans le soutien et le contrôle des banques centrales.

Précédemment, les Etats-Unis, l'Europe, le Japon et la Grande-Bretagne avaient déjà émis des critiques à l'encontre du libra. Un directeur de la Banque Centrale européenne souhaite que l'on introduise des règles pour les monnaies telles le libra. "Il est impensable que nous les laissions évoluer dans le système financier, sans règles permettant de les contrôler, car c'est simplement trop dangereux. Nous devons réagir plus rapidement que jamais auparavant", a ainsi déclaré Benoît Coeuré de la Banque centrale européenne.

Le contrôleur du marché financier britannique veut également avoir le temps d'examiner si la monnaie est "acceptable et souhaitable". Quant à la gent politique américaine et japonaise, elle se fait du souci à propos des effets du libra sur le secteur financier.