Intel est le plus important fabricant de semi-conducteurs au monde, une position qu'elle partage à tour de rôle avec Samsung. L'entreprise produisait jusqu'à présent surtout des puces Intel dans des usines Intel. Maintenant, elle annonce un solide changement avec sa stratégie 'IDM 2.0'.

Elle continuera certes à produire ses propres puces, mais à l'avenir, elle fera plus souvent appel à d'autres acteurs tels TSMC, Samsung et GlobalFoundries et ce, à partir de 2023.

En même temps, Intel créera une nouvelle 'business unit': Intel Foundry Services, où elle fabriquera des puces pour d'autres acteurs. Il s'agira d'entreprises ayant leur propre concept de puce, mais dont la production se fera chez Intel. A ne pas confondre avec des firmes qui achètent des puces Intel à Intel (tels des fabricants d'ordinateurs portables). Intel produira des puces x86, Arm et RISC-V.

Usines et emplois

Intel investira aussi dans de nouvelles usines de puces. La première sera établie à Ocotillo (Arizona), où l'entreprise avait l'année dernière déjà ouvert une fabrique. Ultérieurement cette année, elle prévoit encore d'autres sites de production, notamment en Europe et aux Etats-Unis.

L'usine à Ocotillo (Arizona)., Intel
L'usine à Ocotillo (Arizona). © Intel

En tout, Intel souhaite créer trois mille emplois high-tech, trois autres mille emplois pour la construction de ces usines et pas moins de 15.000 emplois à long terme. Intel injectera vingt milliards de dollars dans ses usines, sa nouvelle 'business unit' et sa stratégie.

Nouvelle conférence

En marge des nouvelles usines, Intel a aussi annoncé une collaboration (pas encore expliquée dans le détail) avec IBM dans le domaine de la recherche et elle envisage une nouvelle conférence en octobre à San Francisco, en quelque sorte 'une suite spirituelle' de l'Intel Developer Forum.

Un comeback nécessaire

Intel demeure l'un des plus grands et primordiaux acteurs dans le secteur des puces. Mais ces dernières années, l'entreprise a subi pas mal de contrecoups, ce qui fait qu'un solide comeback s'avère nécessaire.

Il y a plus de dix ans, Intel a manqué le bateau des smartphones et sur le plan des 'wearables', elle n'a guère rencontré de succès non plus. En 2015, l'entreprise dut bien reconnaître qu'elle ne pouvait pas réduire son processus de production à 10 nanomètres.

Intel
© Intel

Cela provoqua un assez gros problème à long terme: alors que la concurrence parvenait à réduire la taille de ses puces (et donc davantage d'opérations nécessitant moins d'énergie), Intel se voyait souvent limitée à optimaliser sa technologie existante.

Tout cela provoqua quelques réactions. C'est ainsi qu'Apple renonça l'année dernière aux puces d'Intel au profit de puces-maison basées sur l'architecture Arm. Mais il en résulta aussi que le concurrent direct d'Intel, AMD (qui fait produire ses puces par TSMC), a pu gagner des parts de marché.

AMD tomba quasiment en faillite en 2014. L'entreprise est aujourd'hui encore et toujours plus petite qu'Intel, mais elle l'a néanmoins supplantée à plusieurs reprises au cours des dernières années, notamment en tant que fournisseur de puces pour la PlayStation 5 et la nouvelle Xbox.

Changements de CEO

Intel a également connu des années tumultueuses au niveau de sa direction. En 2018, son ex-CEO Brian Krzanich se vit forcé de démissionner après avoir entretenu une relation amoureuse en interne. Début 2019, il fut remplacé temporairement (puis définitivement) par le CFO Bob Swan. Et en janvier de cette année, Swan fut à son tour remercié pour services rendus.

Intel CEO Pat Gelsinger, Intel
Intel CEO Pat Gelsinger © Intel

Depuis lors, il souffle à la fois un nouveau et un ancien vent sur Intel avec l'arrivée de Pat Gelsinger. L'ex-CEO de VMware fut en effet jusqu'en 2009 CTO chez le géant des puces. Il connut donc les beaux jours de l'entreprise et a pour mission de la faire de nouveau croître.

Carence mondiale

Même si construire une usine de puces et y mettre en oeuvre le processus de production prend beaucoup de temps et d'argent, le timing d'Intel est bien choisi. La demande de puces n'a en effet jamais été aussi grande, à tel point qu'il y a encore et toujours une carence mondiale. Nombre de constructeurs automobiles doivent même interrompre leur production. Il en va de même pour les fabricants de consoles de jeu.

Ce problème ne sera pas résolu à court terme, mais à plus long terme, cela donne pas mal de perspectives sur le marché mondial des processeurs.

Intel est le plus important fabricant de semi-conducteurs au monde, une position qu'elle partage à tour de rôle avec Samsung. L'entreprise produisait jusqu'à présent surtout des puces Intel dans des usines Intel. Maintenant, elle annonce un solide changement avec sa stratégie 'IDM 2.0'.Elle continuera certes à produire ses propres puces, mais à l'avenir, elle fera plus souvent appel à d'autres acteurs tels TSMC, Samsung et GlobalFoundries et ce, à partir de 2023.En même temps, Intel créera une nouvelle 'business unit': Intel Foundry Services, où elle fabriquera des puces pour d'autres acteurs. Il s'agira d'entreprises ayant leur propre concept de puce, mais dont la production se fera chez Intel. A ne pas confondre avec des firmes qui achètent des puces Intel à Intel (tels des fabricants d'ordinateurs portables). Intel produira des puces x86, Arm et RISC-V.Usines et emploisIntel investira aussi dans de nouvelles usines de puces. La première sera établie à Ocotillo (Arizona), où l'entreprise avait l'année dernière déjà ouvert une fabrique. Ultérieurement cette année, elle prévoit encore d'autres sites de production, notamment en Europe et aux Etats-Unis.En tout, Intel souhaite créer trois mille emplois high-tech, trois autres mille emplois pour la construction de ces usines et pas moins de 15.000 emplois à long terme. Intel injectera vingt milliards de dollars dans ses usines, sa nouvelle 'business unit' et sa stratégie. Nouvelle conférenceEn marge des nouvelles usines, Intel a aussi annoncé une collaboration (pas encore expliquée dans le détail) avec IBM dans le domaine de la recherche et elle envisage une nouvelle conférence en octobre à San Francisco, en quelque sorte 'une suite spirituelle' de l'Intel Developer Forum.Un comeback nécessaireIntel demeure l'un des plus grands et primordiaux acteurs dans le secteur des puces. Mais ces dernières années, l'entreprise a subi pas mal de contrecoups, ce qui fait qu'un solide comeback s'avère nécessaire.Il y a plus de dix ans, Intel a manqué le bateau des smartphones et sur le plan des 'wearables', elle n'a guère rencontré de succès non plus. En 2015, l'entreprise dut bien reconnaître qu'elle ne pouvait pas réduire son processus de production à 10 nanomètres.Cela provoqua un assez gros problème à long terme: alors que la concurrence parvenait à réduire la taille de ses puces (et donc davantage d'opérations nécessitant moins d'énergie), Intel se voyait souvent limitée à optimaliser sa technologie existante.Tout cela provoqua quelques réactions. C'est ainsi qu'Apple renonça l'année dernière aux puces d'Intel au profit de puces-maison basées sur l'architecture Arm. Mais il en résulta aussi que le concurrent direct d'Intel, AMD (qui fait produire ses puces par TSMC), a pu gagner des parts de marché.AMD tomba quasiment en faillite en 2014. L'entreprise est aujourd'hui encore et toujours plus petite qu'Intel, mais elle l'a néanmoins supplantée à plusieurs reprises au cours des dernières années, notamment en tant que fournisseur de puces pour la PlayStation 5 et la nouvelle Xbox.Changements de CEOIntel a également connu des années tumultueuses au niveau de sa direction. En 2018, son ex-CEO Brian Krzanich se vit forcé de démissionner après avoir entretenu une relation amoureuse en interne. Début 2019, il fut remplacé temporairement (puis définitivement) par le CFO Bob Swan. Et en janvier de cette année, Swan fut à son tour remercié pour services rendus.Depuis lors, il souffle à la fois un nouveau et un ancien vent sur Intel avec l'arrivée de Pat Gelsinger. L'ex-CEO de VMware fut en effet jusqu'en 2009 CTO chez le géant des puces. Il connut donc les beaux jours de l'entreprise et a pour mission de la faire de nouveau croître.Carence mondialeMême si construire une usine de puces et y mettre en oeuvre le processus de production prend beaucoup de temps et d'argent, le timing d'Intel est bien choisi. La demande de puces n'a en effet jamais été aussi grande, à tel point qu'il y a encore et toujours une carence mondiale. Nombre de constructeurs automobiles doivent même interrompre leur production. Il en va de même pour les fabricants de consoles de jeu.Ce problème ne sera pas résolu à court terme, mais à plus long terme, cela donne pas mal de perspectives sur le marché mondial des processeurs.