Le géant chinois de la téléphonie Huawei va au cours des cinq prochaines années investir 3 milliards de yuans, soit quelque 391 millions d'euros après conversion, dans des puces pour serveurs, selon China Daily. L'entreprise souhaite mettre au point davantage de puces de ce genre, comme la Kunpeng 920récemment lancée et conçue pour faire tourner des applications pour le nuage, et pour l'intelligence artificielle.

L'objectif n'est pas de vendre les puces proprement dites, mais de lancer sur le marché des armoires serveurs complètes basées sur le CPU Kunpeng. Voilà qui s'inscrit dans une stratégie visant à proposer davantage de technologies IT diverses, selon Eric Xu, l'actuel président d'Huawei. En 2018, l'entreprise a vendu quelque 900.000 serveurs et fait ainsi partie des acteurs de niche assez modestes sur le marché mondial des serveurs.

Pour améliorer l'architecture, Huawei introduit aussi un portail intégrant compilateurs, librairies et autres outils destinés à faciliter le développement pour les serveurs. Le groupe-cible est provisoirement surtout le marché chinois.

Huawei fabrique depuis assez longtemps déjà des puces. La plus connue dans le monde occidental est probablement la série Kirin que l'entreprise incorpore à son propre smartphone. L'infrastructure réseautique, dont les stations 5G très contestées, tourne en partie aussi sur des puces propres à l'entreprise.

Pour ses puces serveurs, Huawei se basait déjà sur l'architecture d'ARM, un développeur de puces britannique détenant des brevets sur lesquels repose quasiment chaque technologie réseautique moderne. Or cette entreprise avait été forcée en mai de rompre ses relations avec Huawei à la demande du contrôleur américain. A l'époque, la licence sur les puces serveurs était cependant déjà finalisée. Huawei pourrait donc tout simplement continuer d'utiliser cette architecture.