A chaque semaine son scandale de confidentialité. Et dans ce cas, le terme 'Facebook' n'est jamais très loin. Le vendeur d'espaces publicitaires semble en effet en 2019 poursuivre sur son élan de l'année dernière. C'est ainsi qu'on a appris le mois passé que l'entreprise payait des ados pour obtenir un accès poussé à leur trafic en ligne. Et lundi dernier, une commission de recherche britannique signalait que Facebook pouvait espionner ses concurrents avec l'appli VPN Onavo et enfreignait ainsi les lois sur les données, sur le respect de la vie privée et sur la concurrence. Vendredi, Techcrunch annonça que Facebook avait rangé cette appli au placard.

Ce même jour, The Wall Street Journal publia un rapport de recherche à propos d'un test de 70 applis populaires. Il en ressort que 11 d'entre elles transmettent à l'insu de l'utilisateur des données potentiellement sensibles à Facebook. Qui plus est, l'utilisateur ne doit même pas être connecté à Facebook ou ne doit pas même disposer d'un compte Facebook. Ce sont principalement des applis de fitness et de santé qui se rendent coupables d'une telle pratique.

L'une des applis qui transfère des informations à Facebook s'appelle Flo. Il s'agit d'une appli qui est utilisée par 25 millions de femmes pour tenir à jour leur cycle de menstruation. L'appli tient ainsi Facebook au courant du moment où les femmes peuvent tomber enceintes, selon The Wall Street Journal. Une autre appli populaire, Instant Heart Rate: HR Monitor, transmet le pouls de ses utilisateurs à Facebook, même quelques secondes après qu'il soit enregistré dans cette appli iOS. Quant à l'appli immobilière Realtor.com, elle envoie au réseau social l'adresse et le prix des maisons vues par un utilisateur.

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Le problème se manifeste en première instance dans les applis qui transfèrent des données à l'insu des utilisateurs ou ne leur permettant pas d'interrompre le partage de leurs données. Il est vrai que Facebook propose aux développeurs avec 'App Events' un outil d'analyse avec lequel ils peuvent tenir à jour les statistiques de leurs utilisateurs. Voilà qui révèle une fois encore la faim de données insatiable de Facebook, capable alors de mettre en concordance les nouvelles informations ainsi obtenues avec les données d'utilisateurs dont elle dispose déjà et ce, en vue de leur envoyer des publicités encore plus ciblées.

Facebook réagit en affirmant que quelques-unes de ces applis ne respectent pas ses conditions d'utilisation, à savoir l'interdiction de partager des informations financières, de santé ou autres données sensibles. L'entreprise déclare qu'elle exigera des auteurs de ces applis qu'ils cessent ce genre de pratique. "Nous exigerons des développeurs qu'ils informent clairement les utilisateurs sur les informations que leur appli partage avec nous", explique une porte-parole de Facebook dans le journal d'affaires américain.

Ni l'App Store ni le Play Store n'exigent que les applis mentionnent avec qui elles partagent des données, écrit encore The Wall Street Journal. Les utilisateurs peuvent certes désactiver le fait que ces applis utilisent par exemple des données d'emplacement ou des contacts, mais cela ne s'applique pas aux données - généralement très personnelles - que les utilisateurs fournissent eux-mêmes.