La voiture solaire louvaniste était avant tout nettement plus étroite que la précédente, ce qui fait que la résistance à l'air a pu être réduite. Elle était clairement la plus aérodynamique jamais construite dans notre pays. C'est en partie pourquoi sa consommation a pu être diminuée jusqu'à l'équivalent de 7 litres de diesel pour l'ensemble de la course sur plus de 3.000 km à travers l'Australie.

Mode écologique

Pour rendre la voiture moins énergivore, l'équipe avait également implémenté un mode écologique dans la voiture. Certains composants électroniques ont pu être désactivés, lorsque la voiture s'arrêta chaque fois une demi-heure aux neuf points de contrôle.

Il s'agit notamment de la commande du moteur et du capteur de la pression des pneumatiques. Les étudiants avaient calculé que la voiture pourrait ainsi atteindre l'arrivée à Adelaïde dix minutes plus tôt, soit un peu moins que l'avance que la voiture conserva ce jeudi sur sa première poursuivante.

Système de voile innovant

Un autre avantage important dont la voiture louvaniste bénéficia ces derniers jours, alors que soufflait un vent violent, c'était le système "lui permettant de diriger sa voile selon la direction du vent". En cas de fort vent latéral, les voitures solaires légères roulent plus lentement, afin d'éviter de sortir de la route. Tant une voiture néerlandaise qu'une voiture allemande furent ainsi accidentées le troisième jour de la compétition. La BluePoint, elle, était équipée d'un 'système de voile' permettant au pilote d'orienter la voiture le nez au vent et de faire ainsi en sorte qu'elle soit moins sensible aux bourrasques latérales.

Nombreux kilomètres d'essai

Lors de cette édition, on observa étonnamment que les équipes du top sont restées longtemps proches les unes des autres. Les autres années, la distance entre les voitures était déjà très grande au terme de la deuxième journée. Le fait que la course soit cette année si passionnante, est dû au fait que les différentes voitures solaires se ressemblaient fortement et que la stratégie des équipes était assez similaire. Il en résulta que les équipes durent pousser leurs voitures à la limite.

Après leur victoire, les étudiants de Louvain ont révélué qu'ils avaient dû effectuer de nombreux kilomètres d'essai avec la BluePoint, ce qui fait qu'ils savaient exactement où se situait la limite de la voiture. Il semble plausible de supposer que la voiture solaire Nuna du Vattenfall Solar Team de Delft (Pays-Bas) qui est partie en fumée ce jeudi - alors qu'elle menait encore la course à ce moment-là - avait dépassé sa limite dans la chaleur ambiante.

La voiture solaire de l'équipe de TU Delft s'est embrasée lors de l'étape finale du World Solar Challenge. Il n'en subsista que la plaque minéralogique et l'une ou l'autre cellule solaire. Le reste n'était plus qu'un petit tas de cendres de carbone. © Jorrit Lousberg