Le fabricant de modems AVM fustige le long processus de certification de Proximus

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En Belgique, il est à peine possible de choisir son propre modem. Proximus le permet certes de façon limitée, mais AVM, le plus connu des fournisseurs de modems alternatifs, critique vivement la façon dont l’entreprise télécom opère en la matière.

Aux Pays-Bas, les opérateurs doivent depuis un an impérativement autoriser le consommateur à choisir lui-même un modem au lieu de l’appareil par défaut proposé par l’opérateur. La Belgique entend faire de même. Jusqu’à présent, cela n’est tout simplement pas possible chez Telenet. Proximus se montre un peu plus souple, mais il y a moyen de faire mieux, selon AVM qui dessert le marché avec son Fritz!Box.

‘Pour nous en tant que fabricant, le marché belge est une vraie catastrophe’, explique Eric Van Uden, en charge du marché néerlandais chez AVM. ‘Proximus exige que chaque firmware que nous produisons, passe d’abord par son laboratoire de test, et si nous ne le faisons pas, notre modem en revient à la vitesse ADSL, à savoir 20 Mbps (download) et 1 Mbps (upload). Cela ne nous réjouit pas du tout.’

Ce système de ‘whitelisting’ (liste blanche) ne représente pas seulement un frein à l’innovation, mais aussi à la sécurité, selon Van Uden: ‘Si une mise à jour sécuritaire s’avère nécessaire, nous ne pouvons la déployer en Belgique qu’après approbation.’ Or ce processus dure des semaines, à l’entendre. Les opérateurs actifs sur le réseau de Proximus, tels EDPnet, y sont astreints aussi.

Les consommateurs qui veulent utiliser leur propre modem, restent une minorité et peuvent certes toujours ajouter leur appareil à celui de Telenet ou de Proximus, mais ils doivent alors alimenter deux modems qui effectuent de facto la même fonction. Par ailleurs, AVM signale que connecter directement son modem à la connexion internet entrante permet une plus grande fonctionnalité, comme la possibilité de donner la priorité à certains appareils.

Update 27/1: la réaction de Proximus

Proximus a entre-temps réagi aux affirmations d’AVM: ‘Nous regrettons ces déclarations pour le moins malheureuses au vu, selon nous, des bonnes relations que nos deux entreprises entretiennent. Durant les discussions commerciales réciproques, ces préoccupations n’ayant jusqu’à présent jamais été abordées, nous regrettons d’autant plus qu’elles aient été exprimées devant un parterre de journalistes.’

L’opérateur n’apprécie pas non plus le fait que son processus soit un frein à l’innovation et à la sécurité. Les tests effectués par Proximus résolvent les problèmes VDSL2 qui, sans cela, impacteraient les utilisateurs finaux. Ils servent aussi à éviter l’apparition d’effets secondaires néfastes pour le réseau ou l’utilisateur final.

Enfin, Proximus insiste sur le fait que les correctifs de sécurité et les questions liées aux couches de service ne nécessitent pas de certification supplémentaire. Qu’AVM fige son firmware dans le cas d’un correctif de sécurité, c’est son choix, selon Proximus. L’opérateur prétend par conséquent que son processus ne représente pas un frein à la sécurité.

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