Jan De Nul teste la batterie du futur

Siège de l'entreprise de construction industrielle Jan De Nul. © Belga Image

Jan De Nul teste sur son site d’Alost une nouvelle technologie de batterie permettant de stocker plus efficacement l’électricité produite par le soleil ou le vent.

Plusieurs batteries à flux de vanadium ont été installées sur les sites de Jan De Nul – connu comme dragueur et entrepreneur maritime, mais également actif dans la construction civile, entre autres – en collaboration avec la firme d’énergie Engie et le fournisseur de services énergétiques Equans. Elles stockeront suffisamment d’énergie pour alimenter en électricité la menuiserie de l’entreprise, tout comme les bornes de recharge du parking.

De telles batteries au vanadium ou batteries à flux de vanadium ne sont pas nouvelles. La technologie existe depuis les années quatre-vingts, mais elle n’a pas encore servi à des applications majeures. ‘Elles n’ont jamais eu d’application-phare’, explique Patrick Clerens, secrétaire général d’EASE, l’European Association for Storage of Energy. Les batteries lithium-ion, omniprésentes, ont, elles, connu l’une de ces applications phares avec les voitures électriques, ce qui explique pourquoi la production de batteries lithium-ion se passe désormais à grande échelle.

Norvège

Pourtant, les batteries au vanadium ou batteries liquides – l’énergie est stockée dans du liquide – présentent de nombreux avantages par rapport aux batteries lithium-ion traditionnelles. Elles ne perdent ainsi pas de leur capacité, contrairement aux batteries ordinaires après plusieurs années, et beaucoup plus d’énergie peut être libérée pendant nettement plus longtemps. En outre, elles sont 100 pour cent recyclables et ne contiennent pas toutes sortes de matériaux rares.

‘Elles ne renferment que du vanadium’. Ce métal se trouve entre autres à l’état naturel en Norvège. ‘Une mine en Norvège en contient suffisamment pour fournir tout le vanadium nécessaire dans le monde pendant 50 ans. Nous ne devrions donc pas l’importer de Chine ou d’Afrique, puisque nous en disposons chez nous’, explique Clerens.

Bien entendu, la technologie présente également des inconvénients. Ces batteries prennent plus de place et sont plus chères. Elles ne remplaceront donc pas les modèles lithium-ion. ‘Elles sont surtout adaptées aux projets stationnaires à grande échelle. Donc pas pour devenir des batteries de voiture’, ajoute Clerens.

Transition

Le projet-pilote de Jan De Nul est le premier à l’échelle industrielle en Belgique à exploiter la technologie en question. ‘Si nous pouvons démontrer que cela fonctionne chez nous, nous pourrons également le démontrer à d’autres entreprises et clients. Nous réfléchissons à de nombreuses possibilités d’extension’, affirme Frederik Van Praet, co-chef de projet du test avec les batteries à flux de vanadium.

Pour la ministre de l’énergie Tinne Van der Straeten (Groen), présente mercredi à Alost au démarrage du projet, cela montre une fois de plus le chemin parcouru par notre pays dans la transition vers l’énergie renouvelable. ‘Nous sommes non seulement leaders dans le domaine de l’énergie éolienne, mais nous avons également cinq longueurs d’avance. La transition énergétique ne peut être ralentie: il faut toujours plus d’électricité, même s’il n’y a ni vent ni soleil. C’est pourquoi les batteries sont si nécessaires. C’est le type d’innovation qu’il ne faut pas sous-estimer pour la transition énergétique.’

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