“La moitié des employeurs seulement appliquent une politique de télétravail en bonne et due forme”

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Sur l’ensemble des travailleurs en Belgique, la moitié seulement déclarent que leur entreprise dispose de conventions claires sur le télétravail. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par la professeure Anja van den Broeck (KU Leuven) et le prestataire de services RH Tempo-Team.

Si avant la pandémie de coronavirus trente pour cent seulement des travailleurs étaient occasionnellement en télétravail, ils sont aujourd’hui quarante pour cent. Toutefois, selon l’étude, la moitié des travailleurs interrogés seulement déclarent que leur employeur prend des dispositions concrètes pour permettre une planification flexible d’une journée de télétravail.

L’ambiguïté prime

Environ 40 % des travailleurs estiment en outre que leur direction ne prête pas suffisamment attention à leurs besoins lorsqu’ils sont en télétravail. Soixante pour cent d’entre eux souhaitent pouvoir mieux coordonner leurs jours de télétravail avec leur vie privée. Et cinquante pour cent déclarent qu’ils aimeraient avoir la possibilité de planifier leurs jours de télétravail avec une plus grande flexibilité. Cependant, toutes les entreprises n’adoptent pas de tels arrangements. Dans à peine un cas sur quatre, les arrangements se font directement entre l’employé et le manager.

La situation est encore plus floue lorsqu’il s’agit d’arrangements entre collègues. « Par exemple, seul un employé sur cinq se met d’accord avec ses collègues sur l’heure à laquelle il se rend au bureau », explique la chercheuse Van den Broeck. « Trente pour cent travaillent au bureau un jour fixe, sans concertation avec leurs collègues. Et ils sont environ tout autant à choisir leurs jours de télétravail sans se coordonner avec leur équipe. »

Flexibilité dans les deux sens

Par conséquent, beaucoup de travailleurs ont l’impression de ne pas voir leurs collègues lorsqu’ils se rendent au bureau. « Une flexibilité accrue dans l’organisation du travail est nécessaire, tant pour les employés que pour les employeurs, pour répondre à des besoins tels que les vacances scolaires ou les pics d’activité », ajoute Van den Broeck.

En outre, l’étude suggère que la flexibilité doit aller dans les deux sens. C’est la seule façon d’instaurer une coopération physique suffisante au bureau et d’éviter l’éloignement entre les travailleurs. Cela nécessite une politique de télétravail structurelle, qui fait pourtant défaut dans bon nombre d’entreprises et organisations. Environ trente pour cent des employeurs déclarent avoir défini les modalités du télétravail dans un règlement de travail. Pour vingt pour cent des employeurs, celles-ci sont définies dans une charte à l’échelle de l’entreprise.

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