Pourquoi Telenet n'investit-elle pas dans Base?

Source: DataNews

Telenet a annoncé hier qu'elle ne prendrait pas part aux enchères en vue de racheter l'opérateur mobile Base. Cela a de quoi surprendre dans la mesure où il y a quelques mois encore, en mai plus précisément, l'opérateur télécom lui-même avait savoir pour la première fois qu'il y accordait vraiment de l'importance et qu'il étudiait le dossier.

Pourquoi Telenet n'investit-elle pas dans Base?

Telenet a annoncé hier qu'elle ne prendrait pas part aux enchères en vue de racheter l'opérateur mobile Base. Cela a de quoi surprendre dans la mesure où il y a quelques mois encore, en mai plus précisément, l'opérateur télécom lui-même avait savoir pour la première fois qu'il y accordait vraiment de l'importance et qu'il étudiait le dossier. Il était même question d'une offre commune avec des investisseurs de capitaux comme Cinven et Blackstone. Une combinaison de Base et Telenet avec le câblo-opérateur wallon Voo aurait du reste constitué une 'powerhouse' belge et un sérieux concurrent pour Belgacom.

Telenet a donc à présent décidé de ne pas investir dans Base. L'actionnaire principal américain Liberty Global y est à coup sûr pour beaucoup. Il n'est en effet pas un adepte des grands investissements. L'interview accordée mi-mars à De Tijd par son directeur Mike Fries en disait long. A la question 'le patron de Telenet, Duco Sickinghe, a-t-il les coudées franches pour faire un succès du GSM?', Fries avait eu cette réponse: "Il ne peut pas faire n'importe quoi. Chaque décision importante doit passer devant le conseil d'administration, et nous en faisons partie. Une offre mobile n'est pas une nécessité absolue, mais pour Telenet, cela semble être un choix sensé. Nous devons cependant y arriver en ne devant pas investir trop. Si vous concluez un bon accord avec un autre fournisseur, vous pouvez aussi faire preuve de flexibilité."

Fin du mois dernier, Duco Sickinghe, le directeur de Telenet, avait toutefois aussi exprimé des doutes: "Je ne pense pas être bien accueilli si je venais expliquer ici que j'ai mis trop d'argent sur la table pour acquérir Base." Le prix de rachat estimé d'1,6 à 1,8 milliard d'euros de Base serait donc jugé trop élevé par Telenet. L'entreprise se retrouvera par contre avec 700 millions d'euros de dettes, puis achètera des actions et les détruira. Si cela marche, la participation de Liberty Global dans Telenet grimpera de 50 à 61 pour cent, sans investir un cent, à en croire De Tijd.

S'il y a une chose à retenir, c'est que la stratégie mobile de Telenet est plutôt sinueuse. En 2004, Duco Sickinghe annonçait lors d'un congrès de De Tijd qu'il avait conclu un accord avec Base, en tant qu'opérateur de réseau mobile virtuel. Un peu plus tard, Telenet s'associait cependant avec Mobistar, un contrat qui fut prolongé jusqu'en 2017en mai dernier. Voilà qui avait de quoi surprendre dans la mesure où Telenet avait, fin de l'an dernier encore, mis 71 millions d'euros sur la table pour une licence 3G. Et elle doit donc lancer une offre commerciale pour le début de l'année prochaine, dans six mois déjà donc. D'ici la mi-2014, elle doit couvrir 30 pour cent de la population, ce qui est quasiment impossible. En mai, le régulateur, l'IBPT, annonçait déjà dans le journal d'affaires L'Echo que Telenet perdrait sa licence, si elle n'y parvenait pas. Duco Sickinghe se targue pourtant de la possibilité de conclure un accord avec l'IBPT. Cela ne ferait toutefois que souligner encore davantage la faiblesse du régulateur. L'IBPT se trouve sous la tutelle du ministre de l'économie Johan Vande Lanotte, lequel a déjà fait savoir dans d'autres dossiers qu'il ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Par ailleurs, l'on pourrait s'étonner que Telenet n'ait pas opté pour une licence 4G, alors qu'elle avait en mars 2010 déjà été la première en Belgique à lancer en grande pompe un premier site de test pour la communication 4G. L'on ne sait absolument pas comment Telenet va poursuivre son trajet mobile. Mais comme l'a bien résumé récemment le patron de Mobistar, Jean-Marc Harion: "Que sera sera."

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