Le 'Kodak' KashMiner était une supercherie

17/07/18 à 15:13 - Mise à jour à 15:13

Une entreprise qui voulait donner un appareil en location pour extraire des bitcoins, n'a jamais reçu de licence officielle pour pouvoir utiliser l'appellation 'Kodak KashMiner'. Voilà ce qu'affirme Kodak à la BBC, après n'avoir pendant six mois jamais eu le moindre problème avec l'association.

Le 'Kodak' KashMiner était une supercherie

© David Gerard

Le Kodak KashMiner, qui avait été présenté en janvier lors du salon technologique CES, ne sortira jamais. Le contrôleur américain SEC lui a en effet mis des bâtons dans les roues. Voilà ce qu'a reconnu Spotlite, l'entreprise qui en était à l'initiative, à la BBC.

Le but du KashMiner, un appareil susceptible d'être loué pour extraire des bitcoins, semblait douteux dès le départ. C'est ainsi que les utilisateurs étaient liés par un contrat de location de deux ans pour lequel ils devaient débourser à l'avance 3.400 dollars. Spotlite promettait à l'utilisateur un gain de 375 dollars par mois, en supposant du moins que le bitcoin conserve son cours. Or depuis lors, le bitcoin a de perdu plus de la moitié de sa valeur.

En outre, l'initiative ne fut jamais annoncée sur la page presse de Kodak. A présent, l'entreprise explique à la BBC que le produit n'a jamais fait l'objet d'une licence officielle pour lier son appellation à Kodak: "Au CES, on pouvait voir des produits du titulaire de notre licence Spotlite, mais le fait était que le KashMiner n'était pas un produit couvert par une licence Kodak." Ce type d'appareil extracteur n'est, selon Kodak, jamais arrivé non plus dans ses bureaux de New York, comme la BBC l'avait annoncé précédemment.

KodakCoin

Cet appareil douteux a certes attiré l'attention, mais cela est dû au fait que Kodak avait annoncé au même moment qu'elle envisageait d'utiliser la chaîne de blocs et une monnaie virtuelle propre: le KodakCoin. Elle affirmait vouloir lancer une plate-forme, sur laquelle les photographes pourraient enregistrer leurs oeuvres et recevoir ainsi directement une rétribution. L'Initial Coin Offering (ICO) correspondante, qui aurait normalement dû avoir lieu en janvier, fut postposée à plusieurs reprises.

Kodak collabore dans ce but avec une autre petite entreprise, l'allemande Wenn Digital. Contrairement à KashMiner, Kodak accepte cette fois d'y associer son nom et en fait même de la réclame sur son site web. Selon les esprits critiques, cette situation est davantage due à une action de marketing en vue de réagir à la crypto-fièvre dans le but de pousser le cours boursier vers le haut, qu'à la solution réelle d'un problème. C'est ainsi que le sceptique britannique David Gerard, qui précédemment déjà avait exposé l'escroquerie du 'Kodak KashMiner', critique ouvertement dans ses commentaires sur son blog les péripéties du KokakCoin.

Aussitôt après l'annonce faite en janvier, selon laquelle Kodak voulait sauter sur la crypto-vague, le cours de son action grimpa de manière spectaculaire pour passer de 3,1 à 10,8 dollars. Entre-temps, l'action de Kodak est progressivement redescendue à 3,8 dollars.

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