Certaines entreprises tâtonnent à qui mieux mieux et basent alors leurs principales décisions sur des sensations instinctives. Ce problème, le fondateur de Pixelvision, Nick Koopmans, voulait le résoudre en les aidant à accéder à un tas de données précédemment hors d'atteinte. Cela devrait leur permettre de travailler sur la base de faits. 'Nous avons mis au point une plate-forme logicielle qui, en fonction de votre problème, vous permet d'apprendre au moyen de l'intelligence artificielle à analyser des images et à en puiser certains informations', explique-t-il.

Nous observons que des entreprises de vente au détail ne possèdent pas une bonne vision de leur clientèle, contrairement à leurs concurrentes en ligne

'Nous observons que dans la vente au détail par exemple, beaucoup d'entreprises n'ont qu'une piètre vision de leur clientèle, contrairement à leurs concurrentes en ligne. En passant au crible des images de clients, nous pouvons détecter - sans lever leur anonymat - quel âge ils ont à peu près, quel est leur sexe et quel est leur trajet dans le magasin. Voilà qui peut fournir de précieux renseignements, comme il est apparu chez un premier client. Ce dernier avait un indicateur clé de performances (KPI) qui misait sur la conversion, mais il s'avéra que le compteur qui tenait à jour les passages à la porte d'entrée manquait de précision. Dans ce cas, votre base est déjà faussée. Pensons aussi aux grandes chaînes de magasins disposant de plusieurs filiales. Souvent, elles oublient qu'un magasin situé à Namur n'a pas le même type de client que celui de Charleroi. Et qu'elles doivent en tenir compte.'

Comme la vente au détail est un secteur assez incertain - 'Ce premier projet a été en fin de compte temporairement arrêté' -, Koopmans a aussi entraîné Pixelvision dans le secteur automobile. 'Au niveau du contrôle de qualité, notre logiciel peut en effet jouer un rôle en vue', déclare-t-il. 'Il y a souvent un important roulement chez les collaborateurs. De ce fait, ils ne connaissent pas toujours chaque vis ou écrou à contrôler. En leur donnant l'information correcte et en passant eux-mêmes au crible le produit qui se trouve devant eux, cela évite pas mal de travail et permet un contrôle plus précis.'

La connaissance de l'AI dans la vente au détail et dans le secteur automobile n'en est encore qu'au début

Le logiciel de Pixelvision peut visionner chaque image possible, 'RGB, images thermiques ou infrarouge', énumère Koopmans. 'Et ce, tant en temps réel qu'en 'post-processing'. Conjointement avec le client, nous recherchons quel problème il veut résoudre et comment nous pouvons l'appréhender. Provisoirement, nous adoptons encore une approche basée projet, car la connaissance de l'AI dans la vente au détail et dans le secteur automobile n'en est encore qu'au début. Notre ambition est néanmoins que notre outil puisse fonctionner comme SaaS (Software as a Service, ndlr), sans que nous devions encore intervenir. Il faudra cependant patienter encore trois années environ, avant que le marché soit prêt.'

Temporairement, Pixelvision continue de miser sur les secteurs où elle est active. Koopmans: 'Chacun d'eux exige une approche spécifique. Pour l'automobile, nous sommes surtout présents dans les salons, pour montrer avec des preuves de concept précédentes et des exemples ce que nous sommes capables de faire. Pour la vente au détail, nous disposons d'un vendeur dédié qui vient du secteur et qui connaît l'ensemble du marché. Nous misons aussi sur les médias sociaux et d'autres modes de conscientisation, car ici, il est en effet nettement plus important que nous expliquions pour quels problèmes nous pouvons apporter notre aide.'

Koopmans a lancé sa solution en 2017 et a pu très vite s'associer à un grand acteur retail belge. Un peu plus tard, il a également attiré l'important groupe français de contrôle de qualité Trigo, ce qui a permis à sa startup d'aboutir dans le secteur automobile. 'Ce faisant, j'ai pu, après un investissement personnel de quelque 100.000 euros, continuer d'injecter de l'argent dans Pixelvision', ajoute-t-il.

'Ensuite, je me suis tourné vers un 'business angel ' belge, qui a investi 250.000 euros dans l'entreprise et qui nous a rapporté du coup un important contrat industriel. A présent, nous avons pu engager un étudiant doctorant pour la poursuite de notre développement, qui travaille avec une bourse de VLAIO d'un montant de 360.000 euros.'

Aujourd'hui, Pixelvision se suffit à elle-même. Pourtant, Koopmans a tenté une nouvelle phase de capitalisation en fin de l'année dernière. 'Elle a échoué, parce que l'investisseur a voulu au dernier moment des délais plus courts. A la fin de cette année, nous essaierons probablement de nouveau, car nous avons beaucoup de choses en chantier, mais pour les commercialiser vraiment, nous aurons besoin d'1 million d'euros.'

Pixelvision

Siège social: Hasselt

Nombre d'associés: 3

A la recherche de capital supplémentaire?: Oui, 1 million d'euros nécessaire à terme pour continuer de financer la croissance commerciale.

Site web: www.pixelvision.be