Cela bouge pas mal dans le milieu biotechnologique. Toujours plus de médicaments nécessitent énormément de recherche et reposent sur l'ADN ou sur la technologie génétique. C'est infiniment complexe et exige beaucoup de travail de recherche cellulaire, qui doit se faire de la manière la plus précise possible, tout en respectant la réglementation en vigueur. 'Tout cela demande le traitement de très nombreuses données', déclare Toon Lambrechts, CEO de MyCellHub. 'Or si nous arrivons à les traiter automatiquement, nous pouvons faciliter le processus et peut-être même réduire les coûts de production.'

Automatiser, voilà précisément la spécialité de MyCellHub avec une plate-forme en ligne qui contrôle en temps réel la culture cellulaire, capte et analyse toutes les données en matière de qualité des cellules et de diversité des processus. 'La plate-forme est facile à installer et permet aux producteurs d'effectuer nettement plus aisément leurs processus en fonction de la réglementation en vigueur. L'analyse des données permet en outre de centraliser, contrôler et structurer les données de production, des données qui étaient auparavant à peine disponibles, voire qui n'étaient absolument pas utilisées. Il serait ainsi à terme possible de réduire les coûts en optimisant par exemple l'apport de nutriments', explique Lambrechts.

MyCellHub est commercialisée sous la forme d'un modèle SaaS à un tarif 'pay-per-use' (tarification par utilisation). 'C'est le modèle qui fonctionne le mieux, selon nous, étant donné qu'il s'agit souvent de phases définies dans un trajet de recherche', ajoute le CEO. 'Il s'agit dès lors d'un marché de niche, où nous tentons de nous implanter progressivement. Jusqu'à présent, nous avons deux projets commerciaux en cours et avons mis en oeuvre quelques preuves de concept avec des clients potentiels, dont le wallon MaSTherCell. L'objectif est de continuer à présent de développer notre produit, notamment sur la base d'entretiens avec eux, mais la base est en place: la plate-forme de gestion des données existe bel et bien. L'un des éléments envisagés actuellement est l'intégration à d'autres plates-formes utilisées en laboratoires.'

Vu le marché belge limité ciblé par Lambrechts, il convient de prendre l'étranger en considération. 'Surtout quand on sait que la moitié du secteur biotechnologique se situe aux Etats-Unis, principalement près de Boston et de San Francisco', précise Lambrechts. 'Nous voulons pourtant nous enraciner d'abord et surtout en Europe. Nous avons du reste déjà des contacts aux Pays-Bas et en France. Le but consiste cependant à pouvoir traverser l'Atlantique d'ici fin 2020.'

Y a-t-il de la concurrence? 'Oui', admet Lambechts. 'Mais le plus important reste encore et toujours le bon vieux papier. Nombre de chercheurs préfèrent encore tenir à jour les processus de contrôle sur papier, mais ils sont de plus en plus conscients que cela doit changer. En outre, les firmes en vue telles SAP et Siemens ont aussi leur mot à dire dans les grands laboratoires. Comme nous nous concentrons, nous, sur de nouveaux acteurs plus modestes, nous disposons ainsi de notre propre niche sur le marché.'

MyCellHub est une émanation de la KU Leuven, pour laquelle de l'argent de VLAIO notamment a été utilisé. 'Nous y avons ensuite investi énormément de temps et de moyens', affirme le CEO-chercheur. 'Mais depuis trois semaines, nous avons aussi fait l'objet d'un financement externe. En tout, Noshaq, The Faktory, Gemma Frisius Fonds et The CoFoundry ont libéré 1,1 million d'euros pour soutenir notre startup.'

MyCellHub

Siège social: Oud-Heverlee

Nombre d'associés: 3

A la recherche de capital supplémentaire?: non

Site web:www.mycellhub.com