Je fais un rêve. Je rêve que les jeunes filles qui sont attirées par les services de soins ne se tournent pas uniquement vers les études d'infirmière, mais aussi vers l'informatique et développent des logiciels d'aide au personnel soignant dans leur travail au quotidien. Mon rêve a débuté en 2012 lorsque j'ai été élue ICT Woman of the Year. En expliquant mieux quelles applications sont possibles grâce à des compétences en ICT, nous pouvons inciter des milliers de jeunes filles à se tourner vers les STEM. En tant que membre du jury de la 10e édition de ce concours, j'espère que les lauréats serviront également de modèle pour la nouvelle génération.
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Je fais un rêve. Je rêve que les jeunes filles qui sont attirées par les services de soins ne se tournent pas uniquement vers les études d'infirmière, mais aussi vers l'informatique et développent des logiciels d'aide au personnel soignant dans leur travail au quotidien. Mon rêve a débuté en 2012 lorsque j'ai été élue ICT Woman of the Year. En expliquant mieux quelles applications sont possibles grâce à des compétences en ICT, nous pouvons inciter des milliers de jeunes filles à se tourner vers les STEM. En tant que membre du jury de la 10e édition de ce concours, j'espère que les lauréats serviront également de modèle pour la nouvelle génération. Je les vois tous les matins lorsque je me rends à mon travail : des jeunes filles qui attendent leur bus à l'arrêt, les yeux rivés sur Whatsapp, Messenger ou Snapshat. Ou qui consultent des applis pour vérifier où en est leur bus. Parfois, l'envie me prend de m'arrêter et d'en discuter avec elles. Pour leur expliquer les technologies passionnantes à la base de ces applis. Car si ce mode de communication les fascine à ce point, il doit être possible de les faire réfléchir aux potentialités offertes par les orientations technologiques de l'enseignement. Si nous parvenons de la sorte à inciter les jeunes filles à s'intéresser à l'ICT, les classes pourront se remplir progressivement. Et c'est nécessaire car selon les derniers chiffres d'Agoria, le pourcentage de filles qui optent pour des édudes en technologie ou en ICT n'est que de 15 à 20 %. C'est pourquoi nous devons continuer à expliquer ce que signifie l'informatique dans la vie courante et pour notre société. Prenez l'exemple de Bram Vanderborght, professeur en robotique à la VUB. Si l'on explique aux filles que grâce aux robots, il est possible d'apprendre à des enfants autistes à mieux communiquer ou que des robots peuvent aider à la revalidation de personnes ayant subi un accident ou un traumastime, la cause est gagnée. Lorsque j'ai été élue ICT Woman of the Year en 2012, je me suis sentie investie d'une mission particulière. En Irlande, j'ai appris à connaître CoderDojo, une initiative d'apprentissage de la programmation dans le cadre d'ateliers extra-scolaires. Aujourd'hui, quelque 20.000 enfants sont inscrits chaque année à ces ateliers. Leur expérience positive vis-à-vis de la technologie suscite l'enthousiasme et c'est ce positivisme que nous devons désormais insuffler aux filles. Une ICT Woman of the Year peut débloquer beaucoup de choses. L'an dernier, le titre a échu à Murielle Delathouwer, CEO d'EVS Broadcast Equipment, leader mondial en technologie de production de vidéos en direct. Son réseau lui a permis d'introduire CoderDojo en Wallonie et elle a même réussi à attirer des subsides pour nos ateliers. Mais nous avons besoin d'autres modèles encore. Songeons à Susan Wojcicki, l'actuelle CEO de YouTube, le canal de communication le plus populaire auprès des jeunes filles. Ou à Sheryl Sandberg, le bras droit de Mark Zuckerberg chez Facebook. Lorsque j'en parle à des filles, leurs yeux commencent à pétiller. Ce sont de tels modèles que nous devons mettre davantage en avant. Une fois que nous aurons pu convaincre les jeunes filles qu'elles peuvent vraiment faire la différence dans le secteur technologique, nous serons vraiment sur la bonne voie vers un monde numérique diversifié.