" Nous le faisons pour la génération suivante, pour rendre le pouvoir au peuple. " Telles sont les paroles de Bruno Vermeeren, innovation & technology manager chez Tobania. Mais à l'occasion de la Bitcoinference qu'il organise, il se présente comme Bruno Ver, une référence à peine déguisée à Roger Ver, l'un des premiers évangélistes en bitcoin et partisan convaincu du hard fork pour le réseau Bitcoin Cash. " Notre pays avait besoin d'une conférence sur la chaîne de blocs, car c'est dès maintenant que les choses bougent. Plus nous parviendrons à convaincre de personnes, plus le changement sera rapide. " Bruno Ver est donc clairement un convaincu.

La chaîne de blocs est ce qu'était l'Internet en 1995.

Comme d'ailleurs la plupart des participants à la Bitcoinference. Ne leur dites surtout pas que la mode du cryto est dépassée. Ainsi, Quinten François (22 ans), investisseur et propriétaire du canal YouTube 'Young and Investing' est clair : " Les médias ont créé la bulle en 2017 et l'ont eux-mêmes fait éclater. Mais les bulles sont toujours basées sur l'enthousiasme des personnes et il n'y a rien à craindre : les bons projets resteront toujours et les mauvais disparaîtront ", estime Quinten François. Et de souligner que voici un an, il n'était pas question de 'crypto-industrie', alors que le secteur pèse désormais des milliards de dollars. " Le marché augmente plus vite que le cours des crypto-monnaies. Mais au final, les prix vont suivre ", prédit-il.

" Tout ce qui concerne la chaîne de blocs est encore à un stade très précoce. Du coup, les opportunités sont multiples ", ajoute Reinhard Fellmann de Review Network, une start-up qui migre des reviews en ligne et des études de marché vers la chaîne de blocs. " Nous proposons des évaluations de restaurants sur la blockchain, ce qui élimine les manipulations et améliore la fiabilité. Celui qui publie une critique est rémunéré en jetons. "

"La chaîne de blocs est dans la même phase que l'Internet en 1995. C'est maintenant que le paysage se forme ", estime Doron Wesly, chief marketing officer de Shopin (basée à Brooklyn, New York). Shopin a lancé une ICO de 43 millions $ et organise pour l'instant un nouveau tour de table financier pour 30 millions $, tout en étant élue à la Bitcoinference 'Most Promising ICO of 2018'. Shopin propose un 'universal shopping profile' qui tourne sur la chaîne de blocs.

" C'est l'acheteur qui décide si le vendeur peut utiliser son profil d'achat. Une fois l'autorisation accordée et les données utilisées, vous êtes récompensé comme client ", explique Wesly. Vous l'aurez compris : vous recevez des jetons comme rémunération. Ceux-ci peuvent être placés sur un compte d'épargne, échangés contre de l'argent ou permettre d'acheter des biens. " C'est le vendeur qui paie ces jetons, pas nous. Et lorsque le client achète quelque chose avec ces jetons, l'argent retourne donc au vendeur. Chez Facebook, ce vendeur ne revoit jamais son argent ", poursuit Wesly.

Mais il y a un 'mais' et il s'appelle RGPD - Règlement Européen sur la Protection des données. " En soi, nous sommes en faveur du RGPD, car nous voulons que chacun reste propriétaire de ses données. Reste que le problème avec la chaîne de blocs, c'est que ces données sont dans le domaine public et ne peuvent pas être effacées. C'est évidemment propre au système de grand-livre et c'est ce qui fait d'ailleurs sa beauté. Mais cela pose problème par rapport au RGPD, admet Wesly. C'est pourquoi nous avons demandé un brevet pour résoudre cette question. Ce qu'il faut, c'est que vous, en tant que consommateur, puissiez donner instruction à la chaîne de blocs d'effacer vos données personnelles. En août, nous lancerons un projet pilote pour les vendeurs en commençant par la mode où le problème est le plus sensible. "