Meta, que vous connaissez surtout comme la maison-mère américaine de Facebook, Instagram et WhatsApp, a désormais décidé de ne pas pousser plus avant ses projets de création d'un centre de données à Zeewolde aux Pays-Bas. Après des mois de résistance, l'entreprise a fini par jeter le gant. Elle justifie sa décision par le fait que le soutien de la communauté locale est indispensable.
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Meta, que vous connaissez surtout comme la maison-mère américaine de Facebook, Instagram et WhatsApp, a désormais décidé de ne pas pousser plus avant ses projets de création d'un centre de données à Zeewolde aux Pays-Bas. Après des mois de résistance, l'entreprise a fini par jeter le gant. Elle justifie sa décision par le fait que le soutien de la communauté locale est indispensable. Or ce soutien semblait faire quelque peu défaut à Zeewolde. Le centre de données hyperscale, qui devait devenir le plus grand des Pays-Bas, pouvait se prévaloir dès le dépôt de la demande, du soutien du conseil communal du village. Et d'avancer notamment comme arguments la création d'emplois et l'augmentation des recettes fiscales. Lors des dernières élections, ce sont toutefois les adversaires de cette décision qui l'ont emporté. Ceux-ci s'inquiétaient entre autres de la taille du centre de données, de sa grande consommation d'énergie et de la dissipation de chaleur. Mais des critiques se sont élevées bien au-delà de Zeewolde. Ainsi, le ministre néerlandais de l'Aménagement du territoire Hugo De Jonge a fait savoir qu'il ne voyait pas d'un très bon oeil ce centre de données. Et les autorités néerlandaises ont mis davantage encore de pression en bloquant temporairement tous les permis de bâtir pour de grands centres de données. Finalement donc, Meta a dû plier. L'un des arguments étonnants évoqués dans ce dossier est la durabilité. "Aux Pays-Bas, l'espace est rare, a déclaré De Jonge. Or de tels centres de données exigent beaucoup de place et sont extrêmement énergivores." Ce dernier aspect ne pose pas seulement problème aux Pays-Bas. C'est ainsi que début avril, les habitants de Clyde en Nouvelle-Zélande ont protesté contre la construction d'un centre de données dans leur ville. La crainte était que ce centre de données soit utilisé pour le crypto-minage. En l'occurrence, la population locale aurait dû subir la charge de la consommation énergétique alors que peu d'emplois locaux auraient été créés. Situation similaire à Ennis en Irlande, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Dublin. L'an dernier, des activistes du climat sont descendus dans la rue pour s'opposer également à la construction d'un nouveau centre de données. Le projet avait reçu le soutien des autorités locales, mais clairement pas de l'ensemble de la population. "Le raisonnement fallacieux est que nous pourrions ainsi abandonner les énergies fossiles, alors que la demande en énergie explose dans de telles conditions", explique le groupe People Before Profit dans un communiqué. L'idée veut que les centres de données utilisent certes de l'énergie verte, mais qu'ils en utilisent tellement qu'il ne restera plus d'énergie verte pour la population. En réaction aux protestations, les autorités irlandaises envisagent un moratoire sur les nouveaux centres de données. Il s'agit là d'une décision d'autant plus remarquable qu'au cours des dernières décennies, le pays s'est positionné comme le port d'attache des géants technologiques, notamment grâce à un régime fiscal favorable. Apple, Google, Meta et Intel y ont ainsi installé leur quartier général pour l'Europe. Il faut savoir par ailleurs qu'en 2021, les centres de données consommaient déjà quelque 17% de toute l'énergie produite en Irlande. Et d'ici 2030, ce pourcentage grimperait à 27%, du moins d'après les estimations d'EirGrid, le fournisseur national irlandais d'électricité. Ainsi, les centres de données pourraient mettre en péril les objectifs climatiques du pays. Les centres de données sont-ils les nouvelles méga-étables? Après que l'électricité est littéralement plus chère que jamais, il convient de la consommer de manière raisonnable. Et pourquoi ne pas s'inspirer de la Norvège et de Hønesfoss. Une crypto-entreprise y est parvenue à bâtir son centre de données sur l'hydroélectricité. La chaleur excédentaire est en outre utilisée pour le séchage du bois d'une entreprise locale. Un exemple éloquent de 'sustainable bitcoin mining', même s'il convient de préciser que la Norvège tire déjà quelque 90% de son énergie de l'hydroélectricité. En outre, le pays est souvent producteur excédentaire d'énergie, contrairement à bon nombre d'autres pays.