La tendance majeure de l'IFA était, tout comme l'an dernier, les appareils domestiques toujours plus intelligents et plus connectés, de même que les écrans de meilleure qualité. De même, des produits 'matures' ont été actualisés ou adaptés aux normes modernes. C'est ainsi que Lenovo a doté sa gamme de 'laptops' de la nouvelle génération de puces Intel (Ice Lake) et du Wi-fi 6, tout en misant plus largement sur les écrans de portables à résolution 4K offrant une meilleure luminosité. La société estime en effet qu'il s'agit là du défi majeur pour les consommateurs qui utilisent désormais leur écran surtout pour le 'streaming'.

De même, LG a soigné particulièrement ses écrans. Alors que Samsung présentait à l'IFA une version améliorée de son smartphone pliable Galaxy, lequel ne sera malheureusement pas commercialisé en Belgique, LG exposait son G8X ThinQ, un smartphone avec une sorte de housse pour accueillir un 2e écran. Pas vraiment spectaculaire, mais pratique et à un prix de 900 à 1.000 ?, une alternative à un smartphone pliable.

Autre tendance tant chez LG que Samsung, mais également Sharp, l'évolution vers les téléviseurs 8K. Ces TV avaient déjà été présentées l'an dernier, mais LG met davantage encore en avant sa technologie NanoCell qui promet des images encore plus fines et des 'pixels' plus nets. Pour sa part, Samsung misait davantage sur le Qled ou Quantum Dot Light Emitting Diode.

La différence est-elle nette par rapport au 8K 'classique'. Oui ! Mais surtout sur les très grands écrans. LG a ainsi démontré la différence en faisant zoomer un appareil photo sur les pixels entre un écran 8K normal et un écran 8K NanoCell, même si l'on ne remarquera pratiquement rien sur un écran de TV ordinaire. Même entre le 4K et le 8K, la différence est minime. Même si le même argument vaut pour la HD Ready (720p) la Full HD (1080p), la 2K et la 4K. Vous pouvez parfaitement vous contenter de la qualité d'image, mais une fois qu'une nouvelle génération apparaît, l'ancienne technologie vous paraît directement dépassée.

L'intelligence omniprésente

Pratiquement toutes les marques parlaient à l'IFA de 'connectivité' ou d''intelligence'. Difficile de trouver encore un appareil, que ce soit une TV, un aspirateur, un frigo ou un lave-linge, qui ne dispose de son appli ou améliore ses fonctions de base à l'aide d'algorithmes. Certes, si l'on prend en compte le marché mondial ou européen. Mais l'évolution doit être plus nuancée en Belgique.

Selon le cabinet GfK, on recenserait en Europe 26% d'appareils grand public technologiques dotés de fonctions intelligentes. Il s'agit essentiellement d'appareils photo, de conditionnements d'air, de TV, de systèmes audio domestiques, d'aspirateurs-robots et d'éclairage LED intelligent. Au niveau des appareils intelligents proprement dits, GfK s'attend cette année à une croissance de 9%, le marché passant de 122 milliards ? à 133 milliards ?. Mais cette croissance diffère par segment de marché. Aujourd'hui, 80% des nouvelles TV vendues en Europe sont intelligentes, tandis que 12% seulement des aspirateurs vendus sont dotés d'intelligence. Et au niveau des lave-linges, la croissance n'est que de 4% seulement.

En Belgique, la part des téléviseurs à commande vocale est passée de 1% à 15%.

Pour ce qui est des petits appareils domestiques, que ceux-ci sont intelligents/connectés ou non, le marché est caractérisé par d'autres tendances. A l'échelle mondiale (Amérique du Nord exclue), les dépenses ont représenté au 1er semestre 2019 24,3 milliards ?, une croissance de 9,3%. Les segments les plus porteurs, qui pèsent ensemble près de la moitié du marché, sont les aspirateurs, les robots ménagers, les 'hot beverage makers' (notamment les percolateurs), les conditionnements d'air et les rasoirs. Pour ce qui est des aspirateurs, soit 23% de la croissance totale dans la catégorie des petits appareils ménagers, la progression n'est pas uniquement stimulée par l'arrivée des aspirateurs robots. Par ailleurs, GfK constate une forte croissance dans la zone APAC (Asie/Pacifique, hors Chine) où les aspirateurs sans fil notamment gagnent en popularité sur les marchés émergents.

GfK indique également que la maison intelligente se compose aujourd'hui surtout d'un ensemble d'appareils intelligents isolés. Il n'est donc pas encore question d'un véritable écosystème où les appareils de différentes marques dialogueraient entre eux. Par ailleurs, le cabinet constate des différences de motivation d'achat entre les 'early adopters' qui cherchent surtout des appareils en vogue et 'cool', et les autres consommateurs qui attendent des résultats concrets des appareils domestiques qu'ils achètent.

Belgique

En Belgique, l'évolution vers le 'smart' est également tangible, même si ici également, des différences existent. " Il existe de fortes variations d'un segment à l'autre, note Alain Brys, market insights expert chez GfK. On constate une nette tendance intégrant une connectivité intelligente. A savoir soit la possibilité de se connecter à l'appareil via une appli ('smart app control'), soit la commande vocale ('voice control'). " De même, les gros électroménagers domestiques comme les lave-linges, intègrent désormais une appli, même si c'est surtout pour le diagnostic.

La commande vocale fait peu à peu son entrée sur le marché belge, mais son succès est différent d'un segment à l'autre. " Au niveau des TV, le nombre de produits à commande vocale est passé de 1% l'an dernier à près de 15% aujourd'hui, précise encore Brys. Et dans un segment comme les aspirateurs, la part du vocal n'est que de 2%, contre 1% l'an dernier, ce qui est très réduit. "

GfK estime encore qu'en Belgique, la commande vocale au niveau des appareils connectés et intelligents ne concerne que quelque 10% des appareils vendus, contre 7% l'an dernier. Ce type d'appareils devient donc toujours plus populaire, mais reste une minorité.

Repéré à l'IFA

Nokia 800

Nokia reste fidèle à ses origines, comme le prouvent les Nokia 7.2 et 6.2, deux smartphones de milieu de gamme. Par ailleurs, le constructeur enrichit son offre de base avec notamment le Nokia 800, un 'feature phone' solide (tournant sous Kai OS) offrant une lampe de poche puissante et quelques fonctions Internet de base comme WhatsApp et Facebook.

Robo Wunderkind

Cette start-up autrichienne commercialise des éléments permettant de construire des robots capables de conduire, voir et même commander un petit écran LED. Ces blocs se combinent à l'infini et, une fois assemblés, peuvent commander un objet ou être programmés via une tablette. Vous retrouverez une interview de la fondatrice de Robo Wunderkind sur le site Web de Data News.

Montre intelligente inépuisable

La PowerWatch est une montre intelligente qui se recharge avec la chaleur du corps humain. Grâce à la différence de température entre le poignet et l'air extérieur, la montre génère sa propre électricité. Dans sa 2e génération, cette PowerWatch intègre aussi de petits panneaux solaires pour se recharger à la chaleur ambiante. Le projet a été lancé sur IndieGogo où il a récolté dans un premier temps 1,7 million $. La 2e version, actuellement commercialisée, a bénéficié d'un investissement de 2,7 millions $. Reste que vous devrez mettre la main au portefeuille pour cette nouvelle version, sachant que le modèle bon marché revient déjà à 579 euros.

Les 'gamers' au secours du marché du PC

Qui niera encore que le marché du PC a dépassé son apogée. Pour preuve, au 1er semestre de cette année, les ventes se sont tassées de 1,5% à 23,3 milliards a par rapport à la période correspondante de l'an dernier, selon GfK. Alors que les appareils mobiles ('laptops') ont progressé de 1%, les 'desktops' et les modèles 'all-in-one' ont régressé de 10%, soit un total de 5,3 milliards d'euros.

Cette faible progression est surtout le fait du marché chinois, où la croissance a été de 2%. Les zones EMEA et APAC (hors Chine) continuent à diminuer. A noter que chez nous, le consommateur achète des modèles plus chers, ce qui s'explique surtout par l'usage qui en est fait dans nos régions. Le consommateur privilégie un beau design tout comme pour son smartphone, ce qui explique le succès de modèles en vogue, esthétiquement pointus (et donc plus chers). De même, les 'gamers' sont prêts à investir davantage, ce qui explique le ralentissement de la baisse des ventes en valeur. C'est ainsi qu'un moniteur de jeux coûte en moyenne 1,6 fois plus qu'un écran classique, tandis qu'un ordinateur de jeux revient même 2,4 plus cher qu'un 'desktop' normal. Reste que le joueur semble toujours plus enclin à abandonner son ordinateur pour un 'laptop'. Après quelques trimestres de croissance de plus de 10%, les 'desktops' de jeux ont connu au 1er semestre de l'année une baisse de 4%, essentiellement en raison de la baisse du marché chinois et du ralentissement de la zone EMEA. Les 'laptops' de jeux ont pour leur part augmenté de 13%. De même, le matériel de jeux en général enregistre une croissance de 16% à l'échelle mondiale.

" La demande en PC est désormais fonction de l'usage, précise Pavlin Lazarov, analyste du secteur IT pour GfK. Le PC a perdu la guerre pour devenir l'appareil le plus personnel, mais en termes de performances et de productivité, il reste irremplaçable. "