! En matière de formation continue, d'équipements et de connectivité, la Wallonie et la Région bruxelloise font office de parents pauvres. Les enseignants sont les laissés- pour-compte du numérique : c'est la principale conclusion du Baromètre du Digital présenté fin février par l'Agence Du Numérique.
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! En matière de formation continue, d'équipements et de connectivité, la Wallonie et la Région bruxelloise font office de parents pauvres. Les enseignants sont les laissés- pour-compte du numérique : c'est la principale conclusion du Baromètre du Digital présenté fin février par l'Agence Du Numérique.André Delacharlerie : " L'enseignement du numérique n'a pas été une priorité de la Fédération Wallonie Bruxelles. On a cru qu'avec la généralisation de l'outil informatique et sa convivialité croissante, il ne serait pas nécessaire d'en comprendre la grammaire et la logique. A quoi peut-il servir, pensait-on, de connaître la mécanique d'une voiture alors qu'il suffit d'apprendre à conduire. Du coup, l'informatique a progressivement disparu des cursus de l'enseignement. Si l'on regarde les socles de compétences définis fin des années 90, on s'aperçoit qu'on passe superbement à côté de tout ce qui touche au numérique ! Dans le cadre du Pacte d'Excellence, ces référentiels sont aujourd'hui en révision et donc pas encore en situation d'être mis en oeuvre. Si on suit le rythme d'avancement normal, cela risque de prendre plusieurs années. Il y a, de la part de la Fédération Wallonie Bruxelles en charge de l'équipement et de la formation des enseignants, un manque crucial d'énergie à cet égard. " Reste que certaines écoles prennent le sujet à bras le corps. 54 % des établissements interrogés dans le baromètre 2018 déclarent intégrer dans les dispositifs pédagogiques la compréhension et l'exploitation de l'information, et ce de façon transversale. Toujours dans le cadre du Pacte d'Excellence, les établissements seront invités, dès la rentrée 2018 pour un tiers d'entre eux, puis en 2019 et 2020 pour les autres, à définir un plan de pilotage incluant une stratégie numérique. Pour appuyer cette dynamique, les auteurs de l'étude plaident pour une forte synergie entre les entités régionales et communautaires. " Il y a déjà eu des accords de ce genre en 2009 et 2015. Il faut que Régions et Communautés décident de faire avancer le numérique. Il faut que les Régions s'engagent à soutenir le système éducatif pour arriver à un niveau d'équipement satisfaisant par rapport à ce qui est en oeuvre dans les pays voisins et en même temps, il faut que la Fédération Wallonie Bruxelles s'engage à former les enseignants et à réformer plus rapidement les socles et référentiels de compétence. " C'est sans doute en ce sens que le Gouvernement wallon entend financer chaque année 500 projets " d'école numérique" . En 2017, un premier lot de 568 équipes éducatives ont ainsi vu leur projet pédagogique soutenu en équipement à concurrence d'un peu moins de 15.000 ?. En même temps, 200 implantations scolaires ont été sélectionnées, elles aussi sur base d'un projet pédagogique, pour recevoir l'installation d'un réseau local et du Wi-fi dans tous les locaux pédagogiques. Pour quels résultats ? Avec 11,2 terminaux numériques (ordinateurs fixes ou portables ou encore tablettes) pour 100 élèves en moyenne en Wallonie, l'équipement des écoles est en progression par rapport à 2013 (+ 2,7%) et de 2009 (+ 4,6%). Le niveau atteint dans l'enseignement relevant de la FWB à Bruxelles s'établit à 8,7 tandis que la Communauté germanophone dispose de 22,8 terminaux pour 100 élèves. Que ce soit en Wallonie, en Région bruxelloise ou en Communauté germanophone, le niveau d'équipement dans le secondaire est partout nettement plus élevé que dans le fondamental (15,9 terminaux numériques contre 7 par 100 élèves). A titre de comparaison, le nombre de terminaux disponibles pour 100 élèves en 2012 en Flandre était de 56,5 dans l'enseignement secondaire et de 17,7 au niveau fondamental. Si la progression est sensible, il n'y a pas photo... Concernant l'accès à l'Internet, les politiques publiques menées en matière de connectivité portent leurs fruits en Région de Bruxelles-Capitale et en Communauté germanophone. 93 % des implantations possèdent une connexion Internet pour des besoins administratifs ou pour un usage pédagogique dans la première entité et 100 % dans la seconde. En Wallonie, ce taux atteint 88 %. Lors de l'enquête, un test visant à mesurer le débit de la connexion Internet a été réalisé dans près de 2.600 implantations. Les débits observés sont très variables sur l'ensemble du territoire et dans de nombreux cas, ils ne sont pas adaptés à un usage pédagogique massif. En effet, si 25 % des lignes testées ont affiché un débit supérieur à 70 Mbit/s et 35 % un débit entre 30 et 70 Mbit/s, 29 % n'offrent qu'un débit de 10 à 30 Mbit/s et 11 % n'atteignent même pas 10 Mbit/s. En Wallonie, le débit médian est de 36,8 Mbps tandis qu'il s'élève à 44,5 Mbit/s à Bruxelles, mettant en lumière l'effet combiné de la localisation urbaine et des efforts de cette région pour améliorer les connexions des écoles via le plan Fiber to the schools.