Pas question chez Commvault d'attendre un CEO qui se comporte comme une star du rock. Involontairement, il a fallu plus longtemps que prévu avant que le CEO Bob Hammer (76 ans) et le COO Al Bunte (64 ans) n'atteignent le milieu du grand podium pour leur discours inaugural. Ceux-ci ne ressemblaient en rien aux jeunes techies de la Silicon Valley qui parlent de la révolution des données. Pourtant, ils sont à la tête d'une entreprise qui s'inscrit parfaitement dans cette mouvance, avec plusieurs décennies d'expérience en prime. " Les données sont le nouvel or bleu, lance Bob Hammer. Elles sont nécessaires pour tout. " Des entreprises comme Netflix, Waze ou Uber ont en outre suscité un bouleversement complet de nos attentes autour de l'utilisation des données. " Nous en voulons toujours plus - ce qui fait que nos clients en attendent toujours plus de notre part. "
...

Pas question chez Commvault d'attendre un CEO qui se comporte comme une star du rock. Involontairement, il a fallu plus longtemps que prévu avant que le CEO Bob Hammer (76 ans) et le COO Al Bunte (64 ans) n'atteignent le milieu du grand podium pour leur discours inaugural. Ceux-ci ne ressemblaient en rien aux jeunes techies de la Silicon Valley qui parlent de la révolution des données. Pourtant, ils sont à la tête d'une entreprise qui s'inscrit parfaitement dans cette mouvance, avec plusieurs décennies d'expérience en prime. " Les données sont le nouvel or bleu, lance Bob Hammer. Elles sont nécessaires pour tout. " Des entreprises comme Netflix, Waze ou Uber ont en outre suscité un bouleversement complet de nos attentes autour de l'utilisation des données. " Nous en voulons toujours plus - ce qui fait que nos clients en attendent toujours plus de notre part. " Commvault est sortie dans les années 80 du giron des Bell Labs. L'activité a longtemps été hébergée chez AT&T, mais est autonome depuis 1996. Basée à Tinton Falls dans le New Jersey, Commvault s'est muée en une société cotée en Bourse employant 2.800 collaborateurs. Cette année, la société réalise un chiffre d'affaires de 760 millions $. En Belgique, la société dispose d'un bureau à Diegem. Commvault puise ses racines dans la sauvegarde et la reprise. Par la suite, des services se sont ajoutés, notamment au niveau de la protection des données et de l'archivage, même si la sauvegarde reste aujourd'hui encore le coeur de métier de l'entreprise. Tim Chumbley, architecte en infrastructure chez Maersk, a expliqué durant la conférence comment la contamination par le virus Petya avait infecté l'an dernier 4.000 serveurs, 45.000 PC et 1.000 applications au sein du transporteur de conteneurs. Heureusement, des sauvegardes existaient. Grâce à la reprise automatisée de Commvault, Maersk était à nouveau opérationnelle après 7 jours. Une opération classique de reprise après sinistre de cette ampleur aurait théoriquement pris plus de 6 mois. Les chiffres de Commvault ne font que souligner l'importance d'une bonne stratégie de sauvegarde. L'entreprise réalise quotidiennement pour le compte de ses clients quelque 500 To de sauvegardes via des milliers de 'concurrent streams'. S'il est important pour une entreprise de ne pas perdre de données, il est tout aussi crucial de savoir précisément de quelles données elle dispose. C'est ce qu'a souligné Commvault durant sa conférence avec le lancement d'Activate, une solution d'indexation des données que Commvault gère pour ses clients. Ce produit apporte une réponse à un défi majeur qui se pose au CIO : quelles données mon entreprise stocke-t-elle ? Le nom Activate n'a pas été choisi par hasard puisque Commvault vise l'activation des données pour - en fonction du contexte - en retirer de la valeur ajoutée, que ce soit pour la prise de décisions, pour réduire les coûts de stockage, comme solution pour la conformité, la gestion des risques, etc. La solution offre en outre un point d'ancrage intéressant pour la stratégie RGPD d'une entreprise. Par ailleurs, Activate représente pour Commvault une ouverture vers d'autres produits. Ainsi, la solution peut parfaitement se greffer sur une solution de sauvegarde et de reprise existante. Certes, Activate n'est pas conçu au départ pour prendre des parts de marché sur d'autres produits. Quoique. Car la solution indexe les données qui se trouvent non seulement dans l'environnement Commvault, mais peut aussi s'activer sur des solutions de sauvegarde de fournisseurs tiers. " Avec Activate, nous disposons d'un atout supplémentaire, insiste Bruce Park, vp Partners EMEA. Activite peut représenter pour les entreprises un argument supplémentaire pour se tourner vers Commvault. " Outre l'annonce d'Activate, la conférence a été l'occasion de dévoiler 2 nouveaux 'appliances' dans la gamme Commvault HyperScale. Jusqu'alors, l'entreprise ne proposait qu'un seul modèle, d'une capacité de 48 à 144 To. Pour sa part, le premier nouveau système supporte de 288 à 432 To, tandis que l'autre offre une capacité de 5 à 15 To. Ce faisant, Commvault propose des plateformes désormais aussi accessibles aux PME. Du coup, l'entreprise semble souffler le chaud et le froid puisque quelques minutes auparavant, lors de la même présentation, l'entreprise faisait part de son intention de commercialiser ses solutions de sauvegarde et de reprise sous la forme 'as-a-Service'. Le COO de Commvault, Al Bunte, n'y voit pourtant aucune contradiction. " Cela fait longtemps que les revendeurs ne se limitent plus à la vente de matériels, confie-t-il lors d'une rencontre avec quelques journalistes européens. Il s'agit désormais de véritables prestataires de services. Certains clients de ces revendeurs préfèrent un 'appliance', par exemple comme solution pour une entité locale, tandis que d'autres préfèrent la sauvegarde et la reprise 'as-a-Service', totalement dans le cloud. " Et pas question, tant pour Hammer que pour Bunte, de concéder que Commvault tente ainsi de refaire son retard sur des acteurs 'cloud-native' tels que Rubrik. " Ces entreprises nous qualifient de 'legacy', fait remarquer Bob Hammer, alors que nous sommes nettement plus loin qu'elles au niveau du RGPD et de l'intelligence artificielle notamment. Mieux encore, nous fixons les limites bien plus haut pour l'ensemble du secteur. " Du coup, se pose la question de savoir si les entreprises sont prêtes à exploiter l'IA. " Sans doute pas, concède Al Bunte. Mais dans le même temps, elles savent très bien qu'elles doivent se positionner. Car demain, l'IA fera incontestablement la différence. " Et, ce que personne n'a vu venir, Commvault se trouve à la base de cette évolution. Al Bunte : " Les entreprises doivent d'abord mettre de l'ordre dans leurs données. Car sans ces données, pas question de vouloir faire de l'analytique. " Or c'est précisément le rôle clé que Commvault entend jouer avec Activate. L'impact des décisions stratégiques prises ces derniers temps par Commvault pourrait bien ne plus être assumé sous peu par Hammer et Bunte. En effet, Commvault a annoncé plus tôt dans l'année qu'elle avait mandaté une agence de recrutement pour trouver un nouveau CEO. La question est désormais de savoir quelle stratégie l'entreprise compte adopter. Verra-t-on apparaître demain un quinqua qui suivra la voie tracée ? Ou l'entreprise osera-t-elle une cure de rajeunissement, avec un quadra - voire un trentenaire ? " Al et moi resterons en tout cas durant quelques années encore au conseil d'administration, conclut Bob Hammer. Nous entendons bien maintenir la culture propre à l'entreprise. "