" Nous adoptons aujourd'hui massivement la numérisation parce que nous y sommes contraints, écrivait Erwin Verstraelen, CDIIO du Port of Antwerp et nommé en 2018 CIO of the Year dans une Opinion tranchée sur datanews.be.
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" Nous adoptons aujourd'hui massivement la numérisation parce que nous y sommes contraints, écrivait Erwin Verstraelen, CDIIO du Port of Antwerp et nommé en 2018 CIO of the Year dans une Opinion tranchée sur datanews.be. A l'en croire, nous devons dès lors profiter de la crise actuelle pour transformer le filet de sécurité numérique actuel en fondement pour l'avenir. Un filet de sécurité numérique que toutes les entreprises ont construit durant la décennie écoulée et où le cloud joue un rôle central incontournable. De même, des techno-optimistes comme Peter Hinssen estiment que l'actuelle pandémie est le moment idéal pour les entreprises de se réinventer. " Nous devrons tous nous unir pour innover ", confiait-il à nos collègues de la VRT NWS. D'une certaine manière, cette pandémie est apparue comme un gigantesque test de stress pour l'infrastructure numérique lorsque le Conseil National de Sécurité a décidé le 13 mars de faire du télétravail la nouvelle norme. Une décision qui a pris de vitesse bon nombre d'entreprises, comme l'a montré une vaste enquête menée par Dell Technologies et Data News auprès de près de 2.500 participants (20% d'informaticiens, 15% de CEO/cadres, 29% d'employés) de différents secteurs.Avant la pandémie, 49% des répondants n'avaient pris aucune mesure préparatoire spécifique ou réalisé d'investissements pour faciliter le télétravail. Pourtant, les entreprises interrogées ont adopté massivement le télétravail durant la crise du Covid-19. Près de 59% des répondants précisent que leurs bureaux sont restés ouverts, mais que le télétravail était encouragé autant que possible. Pour 32% des participants, les bureaux ont été temporairement fermés et tout le monde travaillait à domicile. En d'autres termes, de très nombreuses entreprises ont effectivement dû rattraper leur retard en une à quelques semaines au maximum. 7 entreprises interrogées sur 10 confirment que la pandémie a accéléré le déploiement du travail à domicile dans leur organisation. Pour 49% des entreprises, ce projet a impliqué des investissements ICT imprévus. Sans surprise, ceux-ci ont concerné par priorité l'infrastructure destinée au télétravail, qu'il s'agisse d'ordinateurs portables ou d'écrans (64%). Mais pour 57% aussi de connectivité (serveurs, réseaux, cloud) et bien évidemment aussi d'outils (supplémentaires) de collaboration en ligne et de visioconférence, essentiellement dans le cloud (51%). Quant à la sécurité, elle apparaît comme moins prioritaire avec 41% et porte surtout sur la sauvegarde supplémentaire, les licences VPN, la protection des données et les solutions d'antimaliciels. La sécurité aurait-elle été sous-estimée ou la pression du temps aurait-elle imposé des mesures de sécurité dans l'urgence ? Pas vraiment, semble-t-il, - ou du moins pas massivement - puisque 17% 'à peine' indiquent ne pas avoir pu envisager toutes les mesures de sécurité en matière de matériels et de logiciels pour faciliter le déploiement rapide du télétravail. Qu'adviendra-t-il en effet une fois la pandémie vraiment terminée. Dans la plupart des entreprises, le télétravail sera sans doute à nouveau limité, mais en général pas au niveau de ce qu'il était avant la crise. Ainsi, 48% vont réduire le télétravail, mais atteindre un niveau plus élevé qu'avant la pandémie. Soit sans surprise sans doute pratiquement le même pourcentage que ceux qui ont réalisé des investissements supplémentaires pour encourager le télétravail. Ainsi, 10% vont maintenir le même niveau après la crise et que 18% vont stimuler davantage le télétravail. Pour leur part, 19% envisagent de ramener le télétravail au niveau d'avant la crise et 5% prévoient de le supprimer totalement. Il semble que ce soient surtout les plus petites entreprises jusqu'à 100 personnes qui planifient la réduction du télétravail.Mais pour en revenir à la question posée dans notre introduction : la pandémie induira-t-elle une accélération de la numérisation des entreprises ? S'il semble pour l'instant prématuré de porter un jugement définitif, les premiers signaux incitent à répondre 'oui' - mais pas pour toutes les organisations. A la question 'La pandémie a-t-elle accéléré la transformation numérique dans votre entreprise ? ', 42% répondent positivement, contre 44% négativement. Le reste (14%) estime 'ne pas savoir', ce qui démontre l'incertitude. La situation financière de très nombreuses entreprises peut se révéler déterminante. Ainsi, une enquête menée par la fédération sectorielle Agoria auprès d'entreprises technologiques indique que 14% rencontrent d'ores et déjà des difficultés financières graves. Quelque 37% prévoient des problèmes financiers dans le futur et près de la moitié (46%) estime que la crise aura un impact négatif sur les investissements. Seuls 5% envisagent de nouveaux investissements, le secteur des télécoms faisant figure d'exception majeure. Selon l'enquête, les télécoms et l'ICT connaîtraient d'ailleurs une reprise presque complète de leurs activités dès le 2e semestre. Reste à voir si la numérisation pourra vraiment s'accélérer.