EasyPark s'impose progressivement comme le leader mondial des applis de stationnement. L'une d'entre elles sera d'ailleurs bientôt déployée dans notre pays. Cette entreprise d'origine suédoise vient en effet de racheter l'appli de stationnement MobilePark et va prochainement l'intégrer à sa propre appli.
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EasyPark s'impose progressivement comme le leader mondial des applis de stationnement. L'une d'entre elles sera d'ailleurs bientôt déployée dans notre pays. Cette entreprise d'origine suédoise vient en effet de racheter l'appli de stationnement MobilePark et va prochainement l'intégrer à sa propre appli. L'an dernier, vous avez racheté ParkMobile en Belgique et aux Pays-Bas. Quelle est votre stratégie à cet égard? johan birgersson: Il ne s'agit pas simplement de migrer, mais d'améliorer la qualité de nos produits au fil des années. Lors des dernières migrations que nous avons réalisées, nous n'avons pratiquement pas perdu de client. Lors d'enquêtes, nous avons également constaté que les utilisateurs estiment bénéficier d'un meilleur service après la migration et d'une plus grande convivialité. C'est encourageant et nous allons donc migrer les clients de ParkNow et ParkMobile vers EasyPark. Le processus a déjà été entamé en Autriche et en Allemagne, et nous y travaillons à présent en Suisse. Bientôt, la France suivra avant le tour de la Belgique et des Pays-Bas à l'automne prochain. Est-il question de consolidation dans le secteur du parking? birgersson: Depuis que je suis CEO, nous avons absorbé quelque 15 sociétés. La majorité d'entre elles sont relativement petites et du fait de leur taille, elles n'étaient pas vraiment rentables compte tenu des investissements nécessaires dans ce secteur. Le marché du stationnement numérique connaît donc à la fois une phase de consolidation et une période de croissance interne. Nous entendons devenir un acteur mondial. Si l'on analyse le volet offre, à savoir les villes qui proposent des places de stationnement en rue et les sociétés de parking qui exploitent des garages commerciaux, on constate un intérêt important pour la numérisation de leurs activités. Vous êtes actifs dans 3.200 villes et 27 pays. L'offre de stationnement n'est-elle pas totalement différente aux Pays-Bas par exemple par rapport à l'Italie où la cuture du parking est tout à fait autre et où l'on se parque en double, voire en triple file? birgersson: L'Italie est un marché important pour nous. Nous y sommes présents dans 600 villes. Et lorsque votre ambition est de rendre les villes plus vivables et de les aider à fluidifier leur trafic en améliorant la situation du stationnement, il peut se révéler difficile de commencer par une ville comme Rome (rire). Cela étant, une tendance nette se dégage à travers toute l'Europe. Fondamentalement, la mission d'une ville consiste à veiller à avoir un trafic fluide et pour ce faire, il faut gérer certaines choses. Et notamment permettre de pouvoir se rendre au centre-ville avec sa voiture et d'y trouver un emplacement de stationnement. Mais vous ne voudriez pas que des personnes stationnent leur voiture au centre de Bruxelles pour se rendre ensuite une semaine en vacances à Majorque car les places de stationnement seraient ainsi bloquées. Il faut donc prendre certaines mesures, comme le stationnement de courte durée au centre-ville et de plus longue durée en périphérie. De nombreuses villes rendent également le stationnement au centre-ville plus cher qu'à l'extérieur par exemple. Comment vous inscrivez-vous dans cette approche? birgersson: Nous constatons par exemple qu'à l'exception de 5 villes environ, aucune agglomération ne dispose d'un inventaire. C'est fou. C'est un peu comme exploiter un hôtel et ne pas savoir combien de chambres vous avez, quelles sont les chambres occupées et combien de temps vos clients y séjournent. Il est difficile d'adapter ses règles de stationnement pour optimiser le trafic sans savoir de quels stationnements on dispose et quel est leur taux d'occupation. C'est pourquoi nous collectons des données sur chaque emplacement, dans quelle rue, quel jour de la semaine et à quel moment de la journée. Et grâce à des données en temps réel, nous essayons d'affiner au maximum ces données. Nous stockons ensuite ces données dans un tableau de bord du stationnement pour les villes. Ce faisant, nous les aidons à comprendre leur situation du stationnement. Et ces derniers temps, nous allons encore un pas plus loin en offrant également du 'Parking-as-a-Service'. Dans quelque 5 villes, nous avons dressé l'inventaire complet: pour chaque emplacement de stationnement, nous avons établi un profil qui nous permet, tout comme dans un hôtel, de savoir où les gens stationnent, quand et pour combien de temps. De la sorte, il est possible de voir directement s'il faut introduire des délais de stationnement plus courts ainsi que prévoir plus ou moins d'emplacements. Prenez l'exemple de Stockholm. On y trouve des quais de chargement où il est interdit de stationner durant la journée entre 7 h et 16 h, mais bien en soirée. Parce qu'il n'y a aucune activité la nuit. Et il s'agit là d'un exemple récent car ces 40 dernières années, les quais de chargement étaient interdits au stationnement jour et nuit. Lorsque l'on numérise un écosystème et que l'on commence à exploiter les données, il est possible d'introduire des changements en profondeur. Il s'agit là d'un exemple parmi d'autres de ce que nous voulons réaliser. Si l'on regarde les villes intelligentes et durables, la tendance consiste souvent à essayer d'éloigner au maximum les voitures. N'est-ce pas en contradiction avec votre modèle d'affaires? birgersson: Pas vraiment, car nos services portent également sur le stationnement des navetteurs. Où que vous cherchiez à stationner, notre appli devrait vous aider. Nous préférons voir se créer un 'park and ride' dans la mesure où il est préférable d'encourager les gens à y stationner un peu plus longtemps à un prix raisonnable que de prendre le train pour se rendre au centre-ville. Je pense qu'il y a encore pas mal de villes dont la politique de tarification rend le prix du stationnement dans ce type de parkings à la journée trop élevé. Et cela implique que les gens prennent leur voiture pour entrer en ville. Nous sommes pour l'instant occupés avec plusieurs tests où différents modèles de tarification sont utilisés pour inciter le stationnement en périphérie plutôt qu'en rue. Selon nos calculs, le taux d'occupation dans une ville est de 60%. Les artères sont donc relativement occupées, alors que le taux d'occupation dans les parkings est de 40%. Nous cherchons donc à visualiser cette situation pour permettre aux gens de voir qu'il y a des emplacements libres qu'ils n'ont pas aperçus au coin de la rue. Considérez-vous EasyPark comme une entreprise de données? birgersson: Pas au sens classique du terme. Nous essayons d'exploiter les données pour résoudre un problème ou améliorer une situation. Nous avons commencé voici 8 ans alors que la tendance était aux villes intelligentes. A l'époque, des entreprises comme Cisco, Hitachi, Microsoft et de nombreuses autres ont contacté les villes et signé des contrats pour créer des villes intelligentes. Or ce qu'elles ont fait, c'est collecter des données. D'un coup, on retrouvait partout des sociétés qui rassemblaient des données et nous appelaient pour nous demander si nous voulions acheter leurs données. Mais dans quel but? Nous avons une autre vision: notre but n'est pas forcément de collecter des données. Nous voulons d'abord savoir quel problème il convient de résoudre, puis de rechercher les données permettant d'apporter la solution à ce problème. De nombreuses villes possèdent désormais de très nombreuses données sans savoir quoi en faire. Nous entendons d'abord définir le problème avant de déployer des données et des technologies pour le résoudre. Vous avez démissionné en mars de vos fonctions de CEO de l'entreprise. Que va-t-il désormais advenir d'EasyPark? birgersson: Lorsque j'ai débuté, nous étions une entreprise scandinave, mais nous avons toujours eu l'ambition d'être un acteur global. Après la conquête de plusieurs pays européens, nous avons procédé cette année à des rachats aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Nous sommes désormais en phase d'intégration et cela va durer quelques années encore, mais nous envisageons de poursuivre notre expansion géographique. Les Etats-Unis sont un grand marché qui, d'un point de vue technologique, est en retard sur l'Europe dans notre secteur d'activité. Cela signifie donc qu'il y a des opportunités.