L'entreprenariat est clairement inscrit dans l'ADN de Tanguy Goretti. Pour preuve, il développe un site Internet à 13 ans et crée sa propre entreprise alors qu'il est toujours aux études. Son diplôme de polytechnique et un master en entreprenariat en poche, il devient en 2011 cofondateur et CEO de la start-up spécialisée en mobilité urbaine Djump avant de rejoindre en août 2015 Take Eat Easy, un service de livraison de repas à vélo lancé par Adrien Rose et Karim Slaoui.
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L'entreprenariat est clairement inscrit dans l'ADN de Tanguy Goretti. Pour preuve, il développe un site Internet à 13 ans et crée sa propre entreprise alors qu'il est toujours aux études. Son diplôme de polytechnique et un master en entreprenariat en poche, il devient en 2011 cofondateur et CEO de la start-up spécialisée en mobilité urbaine Djump avant de rejoindre en août 2015 Take Eat Easy, un service de livraison de repas à vélo lancé par Adrien Rose et Karim Slaoui. Et fin 2016, les trois partenaires se lancent dans une nouvelle aventure. " A l'époque, le vélo électrique était en plein essor. Mais ce vélo électrique était alors surtout un vélo classique auquel on avait simplement ajouté une batterie. Le tout était lourd, guère esthétique et constitué de composants achetés auprès de grandes marques. Avec Cowboy, nous avons pris une approche totalement originale pour concevoir un vélo à la fois design et intelligent, entendez connecté. Nous avons développé en interne l'ensemble des composants de ce vélo électrique intelligent et à un prix abordable ", explique Tanguy Goretti. Cowboy fait donc le choix d'assembler les quelque 150 pièces du vélo selon 3 axes : fabrication en interne, recours à des partenariats et achat de composants du marché. " C'est ainsi que le module connecté a totalement été conçu par nous, tandis que nous faisons appel à un tiers pour la batterie notamment ", poursuit Tanguy Goretti. Cowboy a développé elle-même l'ensemble de la connectique du vélo, dont la production est confiée à la société belge Page. " Il s'agit d'une entreprise de taille moyenne installée à proximité et qui permet des itérations rapides de la fabrication pour permettre un maximum de flexibilité ", insiste encore Tanguy Goretti. Le vélo est architecturé autour du smartphone qui en est le véritable ordinateur de bord. En outre, on retrouve une batterie connectée amovible, un éclairage intégré et une appli qui comprend un tableau de bord, un système de navigation, un système de suivi GPS et de nombreuses statistiques pour offrir à l'utilisateur une " expérience unique. " Ainsi, l'utilisateur peut non seulement suivre en temps réel ses statistiques de déplacement, mais aussi visualiser notamment l'usure de ses freins, la pression des pneus, la charge de la batterie, etc. Et en cas de vol, le système de traçage permet de retrouver facilement le vélo en cas de (tentative de) vol. " Il faut savoir que la crainte n° 1 de l'acheteur d'un vélo électrique est le risque de vol ", fait remarquer Tanguy Goretti. Pour intégrer ces technologies, Cowboy s'est appuyé sur le savoir-faire en Internet des objets et l'approche flexible des consultants de Bagaar et de Productize pour réaliser le premier prototype, après quoi l'équipe a été internalisée (15 ingénieurs aujourd'hui). " Le smartphone est le véritable tableau de bord du vélo. Il était donc important de comprendre le contexte du vélo pour offrir à l'utilisateur la meilleure expérience possible ", précise encore Tanguy Goretti qui reconnaît avoir rencontré certains problèmes inattendus. " Ainsi, la gestion de la couche Bluetooth [utilisée par connecter le smartphone au vélo lorsque celui-ci est au garage notamment, NDLR] a été un enfer, de même que le support d'iOS 13. Sans oublier que lorsqu'il fait froid, le smartphone risque de s'arrêter de fonctionner. " Reste que désormais, la mise à jour de l'appli à distance offre une solution plus mature. Cowboy gère en interne à la fois le développement et le support de l'appli, le site Internet de vente (l'essentiel des ventes se fait en direct), mais aussi le service à la clientèle. Un service d'autant plus important que l'entreprise est désormais présente dans une soixantaine de villes en Europe. Par ailleurs, vu son succès, la société se doit d'automatiser davantage ses processus de fabrication et logistiques. Autre défi : exploiter davantage les données remontées des utilisateurs pour permettre par exemple un diagnostic proactif des pannes ou pour comprendre (et donc adapter) l'usage que font les clients de leur vélo. " Il s'agit d'installer une culture de la donnée dans les équipes, qu'il s'agisse des opérations, du marketing, du support, etc. L'idéal serait de donner à chacun accès à l'ensemble des données pour améliorer constamment la gestion client ", note Tanguy Goretti. Interrogé sur l'importance de la 5G, le CIO de Cowboy considère que " nous devons pouvoir disposer de technologies fiables sur 5 à 10 ans. Nous avons pour l'instant le Bluetooth entre le téléphone et le vélo qui ne requiert aucune connexion Internet. Mais l'utilisateur n'a évidemment pas accès à toutes les fonctions. Par ailleurs, nous utilisons des modems LTE-M, puisque la 2G disparaîtra à terme. Pour la prochaine génération, on pourrait donc envisager la NB-IoT, même si celle-ci n'est pas encore pour l'instant adaptée à nos besoins. Dès lors, on pense à des modems Cat-M peu énergivores. Reste à voir les standards qui émergeront. " Entrepreneur dans l'âme, Tanguy Goretti est bien placé pour faire part de son expérience des start-up. " Entre le lancement de ma première société en 2011 et aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé, et en bien. De même, l'écosystème a évolué et permet d'être mieux accompagné. Car les réseaux et le savoir existent bel et bien en Belgique, tandis que l'argent est disponible. D'ailleurs, beaucoup d'entrepreneurs belges reviennent désormais au pays tandis que de jeunes pousses européennes concurrencent désormais les Américains. Pour preuve, Jeremy Le Van, fondateur de Sunrise revendue à Microsoft, a rejoint Cowboy comme 'product VP'. Le dynamisme a également changé et dans quelques années, des entrepreneurs revendront leur société pour réinjecter des fonds ainsi que leur expérience dans de nouvelles initiatives ", s'enthousiasme-t-il. Avec néanmoins quelques bémols. " Nous avons encore besoin de champions à Bruxelles et en Wallonie. De même, la politique en matière de stock-options devrait être simplifiée pour permettre de motiver financièrement les collaborateurs et attirer de nouveaux talents. En outre, il est important de ne pas avoir peur de l'échec et de se lancer lorsque l'on est jeune et sans trop d'attaches, ce qui permet de limiter les risques. Car chez les investisseurs, il n'y a pas de réticence face à l'échec. Et en cas d'échec, il est important d'en tirer les leçons, ce qui permet de devenir humble. En outre, il importe de prévoir un plan B et de prendre son temps, sans trop subir la pression des investisseurs. Enfin, chaque projet permet de se créer un réseau, l'une des clés de la réussite. "