Vous occupez le poste de directeur ICT Group de Thomas & Piron depuis mai dernier. Quels étaient les défis à relever et qu'est-ce qui vous a séduit dans ce challenge ?
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Vous occupez le poste de directeur ICT Group de Thomas & Piron depuis mai dernier. Quels étaient les défis à relever et qu'est-ce qui vous a séduit dans ce challenge ? BENJAMIN BOSTOEN : Je dois préciser d'emblée que cette fonction n'existait pas auparavant et que l'informatique n'était par le passé qu'une responsabilité complémentaire assumée par notre secrétaire général. J'estime qu'il s'agit là pour l'entreprise d'un momentum : de nombreuses initiatives voient le jour et émanent des différentes entités du Groupe, sachant que Thomas & Piron connaît une croissance particulièrement importante ces dernières années. Par ailleurs, l'entreprise jouit d'une image très forte en tant que société belge wallonne et familiale. En outre, les valeurs portées tant par l'entreprise que ses collaborateurs sont extrêmement positives. J'ajoute que le secteur de l'immobilier ne m'est pas inconnu et que les problématiques rencontrées me sont familières. Tous les éléments sont donc réunis pour soutenir la poursuite de la croissance. Quels ont été vos premiers constats ? BENJAMIN BOSTOEN : Depuis sa fondation voici plus de 40 ans, Thomas & Piron a toujours bâti et conservé en interne son savoir-faire en matière d'informatique. L'entreprise a ainsi construit son propre ERP afin de répondre au plus près à ses besoins. Cet ERP a été développé et enrichi au fil du temps en fonction des demandes des différentes entités du Groupe sous la forme de modules qui communiquent entre eux. A ce jour, cet ERP continue d'évoluer et répond parfaitement aux demandes. Au fil du temps, les modules sont soit réécrits, soit adaptés pour coller au mieux à l'évolution. J'ajoute que l'outil est identique pour l'ensemble des entités du Groupe. Nous disposons donc d'un seul et même ERP qui couvre toutes ses entités, même si chacune d'entre elles peut l'exploiter en fonction de sa propre réalité. Pas question donc de migrer vers un EPR standard du marché ? BENJAMIN BOSTOEN : Nous mènerons certes une vraie réflexion sur le fonctionnement de notre ERP et sa capacité à interagir avec les nouvelles technologies émergentes. Mais notre philosophie est d'adapter plutôt que d'adopter. D'autant que passer d'un outil 'tailor-made' à une solution 'out-of-the-box' n'a rien d'évident, comme j'ai pu le constater lors de mes expériences précédentes. Comment l'informatique est-elle supportée ? BENJAMIN BOSTOEN : Jusque fin 2014, les services informatiques du Groupe étaient prestés par la société-mère Thomas & Piron. Mais depuis le 1er janvier 2015, le service informatique a été entièrement transféré vers une nouvelle entité du Groupe, la société Side. Les services de Side vont du développement informatique (analyse métier, gestion électronique de documents, bases de données, consultance, business intelligence, etc.) à la gestion du parc informatique (matériel, protection des données, infrastructure, etc.) en passant par la réalisation d'applications et de sites web. Cela dit, nous faisons également appel à des partenaires extérieurs pour des projets ponctuels ou en cas de valeur ajoutée spécifique, même si nous insistons pour conserver en interne notre savoir-faire. Actuellement, Side emploie une trentaine de personnes. Quelles sont les futures priorités IT ? BENJAMIN BOSTOEN : Vu la croissance actuelle de l'entreprise, il va de soi que de nombreux projets vont voir le jour. Ma mission consiste à les prioritiser en fonction des différentes entités et de répondre à la créativité de ces entités. Certes, il s'agira également de s'assurer de la rentabilité des différents investissements, tout en continuant à moderniser l'outil avec le pragmatisme dont a toujours fait preuve l'entreprise. L'une des grandes réflexions actuelles consiste à améliorer encore le service offert au client et à continuer à l'accompagner non seulement durant la phase de construction de sa maison, mais au-delà. Il importe de continuer à conserver un lien avec le client une fois la construction terminée. Par ailleurs, il est évident que des technologies comme la réalité virtuelle ou la réalité augmentée devront être prises en compte, de même que la notion de domotique et de maison intelligente qu'il faudra intégrer dans les futures villes intelligentes. Bref, offrir des outils susceptibles d'accompagner le client de bout en bout. De même, il conviendra également de poursuivre les projets de numérisation et de dématérialisation, sachant que la construction est un secteur particulièrement gourmand en papier, ainsi que le support des appareils mobiles. Un autre domaine dans lequel l'informatique investit est évidemment le projet BIM ou Building Information Management (parfois aussi appelé Building Information Modelling ou Model), une méthode pour l'échange de données entre les différentes parties impliquées dans un projet de construction. Cette méthode de travail collaborative et efficace permet non seulement d'organiser les processus de manière structurée, mais aussi de réaliser et de partager des maquettes numériques entre partenaires. Clairement donc, les initiatives sont multiples et variées. Il s'agira de les coordonner et d'établir des priorités en fonction des demandes du business. Des difficultés à recruter des informaticiens ? BENJAMIN BOSTOEN : Comme beaucoup d'entreprises, nous sommes confrontés à une guerre des talents dans le domaine informatique. Heureusement, Thomas & Piron est une belle société qui s'appuie sur des valeurs et une identité forte. Le sentiment d'adhésion à l'entreprise est donc fort et représente un atout lors du recrutement de personnel, pas seulement informatique d'ailleurs. Quelle est l'évolution des budgets IT ? BENJAMIN BOSTOEN : Thomas & Piron a toujours investi dans l'informatique et considère l'IT comme l'un des émulateurs de la créativité et un support au métier. En d'autres termes, les budgets sont disponibles et les moyens d'investir sont présents. La question n'est pas tant de savoir combien il convient d'investir, mais plutôt dans quel(s) domaine(s). J'ajoute que l'entreprise est déjà très efficace au plan opérationnel, mais que cette efficacité opérationnelle peut aussi être mise au service de l'amélioration de la relation avec les clients. Comment votre nouvelle fonction de CIO est-elle perçue par la direction générale et les entités ? BENJAMIN BOSTOEN : L'environnement chez Thomas & Piron est particulièrement collégial et les portes sont toujours ouvertes. Certes, l'informatique n'est pas un sujet facile et est parfois critiqué. Mais je suis convaincu qu'il existe un terreau fertile pour réaliser de beaux projets. Et les idées ne manquent pas. La créativité est bien présente. Le fait que la fonction de CIO soit rattachée au holding me permet de disposer du recul nécessaire pour analyser chaque initiative et essayer de la mettre en perspective par rapport à l'ensemble des entités. J'ajoute que je suis parfaitement en phase avec la direction générale. A mes yeux, la créativité est capitale dans une entreprise et doit venir de tous les niveaux de l'organisation. Le défi consiste à intégrer cette créativité dans les différents projets. A titre d'exemple, Thomas & Piron a été le premier constructeur à présenter des maisons-témoins, preuve de sa capacité d'innovation.