Ce bureau deviendra demain matin l'espace de travail flexible d'autres collègues. N'hésitez pas à revenir si vous ne me croyez pas ", sourit Xavier Biermez lorsqu'on lui demande si, en tant que directeur général de Konica Minolta Business Solutions Belux, il dispose encore de son propre bureau au siège central d'Amsterdam. Pas étonnant que nous le rencontrions là-bas, puisque l'entreprise vient d'y inaugurer The Hub, un 'experience center' qui permet aux visiteurs, clients et prospects de voir à quoi ressemblera le bureau du futur. Songeons notamment à la réceptionniste virtuelle, aux caméras de surveillance intelligentes (Mobotix) ou au logiciel de réservation intelligent, capable de prévoir quand des salles de réunion seront libres. Avec comme thème central le travail flexible.

" Il est important que pour qu'elle soit une réussite, la flexibilité du travail percole dans toutes les couches de l'organisation ", ajoute Biermez qui se dit convaincu que toute organisation se doit de toute façon de prendre en compte cette tendance. " Les millennials arrivent. D'ici 2025, 75 % des travailleurs seront des millennials. D'ici là, l'entreprise se devra d'avoir évolué au risque que personne ne veuille encore y travailler ", prétend Biermez.

Une seule plate-forme pour les PME

Ce bureau du futur occupe une place centrale dans la stratégie de commercialisation déployée par la division Business Solutions de Konica Minolta, laquelle réalise environ 75 % du chiffre d'affaires global du groupe. C'est ainsi que le Workplace Hub montre comment la société évolue d'un fabricant d'imprimantes à un fournisseur de services IT. " Pour nous, ce Workplace Hub révolutionne l'approche du marché, estime Biermez. Nous regroupons en effet l'ensemble de l'infrastructure IT d'une PME au sein d'une seule plate-forme centrale. " Une infrastructure développée en collaboration avec Microsoft, HP et Sophos. " Mais nous voulons associer cette plate-forme à un volet applicatif ainsi qu'à un écosystème de type iOS. Et dans une prochaine étape, nous voulons évoluer vers un hub cognitif autour de l'IA et de l'IoT. Dans cette optique, nous entendons ajouter de la valeur supplémentaire au départ des différents capteurs et cartographier par exemple aussi le comportement des employés de bureau afin d'améliorer ainsi la gestion d'entreprise ", poursuit Biermez.

Reste qu'il s'agit aujourd'hui encore de projets. Le Workplace Hub est actuellement commercialisé à petite échelle, à savoir en Allemagne, au Royaume-Uni et en France. Par 'petite échelle', il faut entendre auprès de quelques clients sélectionnés afin de mieux comprendre le marché et le cas échéant d'adapter le produit en conséquence. Au cours du 2e semestre de l'année, Konica Minolta prévoit de le commercialiser dans le reste de l'Europe, dont notre pays.

Ouvert aux acquisitions

La filiale belgo-néerlandaise réalise un chiffre d'affaires d'environ 135 millions ?, les deux pays ayant un poids assez identique. La société a connu une forte croissance en Belgique, laquelle s'est quelque peu essoufflée ces 2 dernières années. " Ce ralentissement s'explique par la transition que traverse l'entreprise. Nous venons d'un marché mature où l'érosion des prix joue un certain rôle et nous évoluons vers de nouveaux créneaux encore à développer. Ceci impacte évidemment les prix ", confie Biermez.

Cela dit, l'ambition est clairement affichée : devenir un fournisseur de bout en bout couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur. Un fournisseur de services IT à part entière, donc. " Des activités comme le télémonitoring ou la maintenance, nous entendons les conserver en interne. Pour se faire, nous déployons notre propre backbone, avec une infrastructure cloud maison et un écosystème de partenaires. Mais pour que cette stratégie réussisse, nous devons accélérer les choses, analyse toujours Biermez. Si vous voulez mon avis, il n'y a que 2 possibilités : soit nous misons à fond sur la croissance interne, soit nous accélérons cette croissance par des acquisitions. Nous avons déjà procédé à des rachats à l'étranger, mais tel devrait aussi être le cas chez nous. " Bref, la porte des acquisitions n'est pas simplement entrouverte, elle est grande ouverte.

La R&D n'est plus centralisée au Japon

Depuis quelques années, les activités de R&D de Konica Minolta ne sont plus centralisées au Japon, mais réparties sur 6 business innovation centers sur les différents continents, la stratégie étant de rapprocher la R&D des marchés. D'ailleurs, il ne faudrait pas considérer Konica Minolta comme une société japonaise classique, insiste Xavier Biermez. " Le principal marché de l'entreprise est l'Europe, suivie des Etats-Unis, puis seulement du Japon et de l'Asie. "

Par ailleurs, la culture japonaise n'est pas imposée dans toute l'entreprise, ce qui est souvent le cas dans les sociétés chinoises ou sud-coréennes. " En Europe, il n'y a plus qu'un seul pays où un Japonais est à la tête de la filiale. Soyons clairs : nous sommes une entreprise globale, pas japonaise ", conclut Biermez.