Il est un fait que les talents sont en forte pénurie dans tous les domaines, et surtout dans le secteur technologique. Du coup, les entreprises doivent miser sur l'apprentissage à vie, le recyclage et la formation, comme l'étude 'Be the change' d'Agoria l'avait déjà démontré. "L'étude visait à analyser l'évolution du marché du travail en Belgique et les compétences et profils qui seraient nécessaires en 2030 dans un monde numérique", explique Saskia Van Uffelen. En tant que Digital Champion pour la Belgique, elle joue un rôle de sensibilisation et collabore avec des citoyens, des communautés et des entreprises afin de stimuler la croissance de l'économie numérique en mettant l'accent sur l'e-inclusion.
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Il est un fait que les talents sont en forte pénurie dans tous les domaines, et surtout dans le secteur technologique. Du coup, les entreprises doivent miser sur l'apprentissage à vie, le recyclage et la formation, comme l'étude 'Be the change' d'Agoria l'avait déjà démontré. "L'étude visait à analyser l'évolution du marché du travail en Belgique et les compétences et profils qui seraient nécessaires en 2030 dans un monde numérique", explique Saskia Van Uffelen. En tant que Digital Champion pour la Belgique, elle joue un rôle de sensibilisation et collabore avec des citoyens, des communautés et des entreprises afin de stimuler la croissance de l'économie numérique en mettant l'accent sur l'e-inclusion. "Si nous continuons à gérer les talents comme nous le faisons aujourd'hui, pas moins de 541.000 emplois resteront vacants d'ici 2030. Avec des conséquences majeures. En raison du trop grand nombre d'emplois vacants, nous ne soutenons pas suffisamment l'économie et augmentons le risque de ne pas pouvoir payer les pensions et la sécurité sociale par exemple. En outre, les pouvoirs publics entendent mettre au travail 8 personnes sur 10 d'ici 2030, alors qu'aujourd'hui, ce pourcentage tourne autour des 70% et qu'il est même inférieur dans certaines régions. Un groupe qui me tient particulièrement à coeur, à savoir les jeunes filles et les femmes disposant des compétences numériques adéquates - ne se situe qu'à 66%. Il reste donc du pain sur la planche." Pourtant, on compte de nombreuses initiatives visant à combler la pénurie de compétences. Saskia Van Uffelen a ainsi lancé pas mal de projets, et notamment BeCode, Molengeek, Ecole 19 et BeCentral. "J'estime que c'est ma responsabilité sociétale. J'essaie de mettre en place des choses qui seraient bonnes pour mes enfants et mes petits-enfants ainsi que d'initier des actions susceptibles de créer une société inclusive et sécurisée. D'ailleurs, le VDAB, le Forem et Actiris se concentrent également toujours plus sur de tels thématiques. En Belgique, nous disposons d'un écosystème qui regroupe pouvoirs publics, centres de formation et organismes privés, mais le problème majeur est que les citoyens ne savent pas toujours où s'adresser." C'est la raison pour laquelle l'Europe a mis en place voici quelques mois la plateforme European Digital Skills and Jobs. "Le site est une sorte de maison dans laquelle chacun des Etats-membres possède sa chambre pour y présenter les différentes initiatives susceptibles d'offrir aux citoyens les compétences adéquates. C'est une espèce de vitrine qui permet aisément de faire le lien entre chaque citoyen européen et les projets existants." Différentes possibilités d'accès existent. Ainsi, il est possible de se connecter en tant que PME, étudiant, travailleur, gestionnaire ou expert. Ou de faire une recherche en fonction de 6 technologies considérées par l'Europe comme stratégiques: intelligence artificielle, cybersécurité, informatique à hautes performances, développement de programme, cloud, données et compétences numériques de base. Le moteur de recherche disposera désormais d'une dimension belge: DigiSkills Belgium. Avec le soutien des autorités fédérales et régionales comme Agoria, la FBE et Federgon, ainsi que différents centres de formation et le fournisseur technologique Uqalify, la 'Maison des Compétences numériques' a été mise sur pied. "Plusieurs chambres seront occupées, mais nous voulons aussi sensibiliser les parties concernées pour qu'elles mettent leurs informations à la disposition de tous afin de faire le lien. Ainsi, un facteur de Londerzele pourra se connecter pour développer ses compétences numériques, tandis que des jeunes filles pourront apprendre à coder ou qu'une personne ayant des connaissances de base en IA pourra acquérir un statut d'expert. Toutes ces initiatives seront mises à disposition du citoyen qui souhaite se développer sur le plan numérique. Il pourra s'agir d'initiatives tant gratuites que payantes. Le lancement de cette plateforme s'accompagne d'un appel à partenaires pour rejoindre le projet." L'ambition est donc de mettre au travail 8 Belges sur 10. "Nous pourrons mesurer le résultat de manière assez concrète, ajoute Van Uffelen. Si nous pouvons être fiers des initiatives lancées, nous ne savons pas toujours si elles touchent ceux qui en ont effectivement besoin. Le défi majeur qui se pose sera de veiller à ce que chacun puisse entrer en contact avec l'information qu'il recherche." Précisons que le site web propose également plusieurs outils. Et notamment le DigiSkills PassPort destiné à cartographier les compétences les plus pertinentes aujourd'hui et en 2030. Il établit une sorte d'instantané de chaque citoyen et son niveau de maturité numérique. En évaluant les différentes compétences, le passeport donne une image précise des points forts et des compétences à développer, par exemple sur le plan de la créativité, de l'innovation ou du marketing numérique. "Mon rêve est que chaque citoyen belge dispose d'un tel passeport avec un aperçu de ses compétences numériques. Et qu'il sache les points à améliorer pour rester en phase avec l'évolution de son métier. L'étude 'Be the Change' a montré que pour chaque emploi qui disparaît, 2,8 nouveaux emplois seront créés. Mais il ne s'agit évidemment pas des mêmes fonctions." Le recyclage et la formation permanente sont dès lors cruciales. "Il ne s'agit pas seulement de compétences technologiques, insiste encore Saskia Van Uffelen. Mais aussi de compétences humaines - songez à la collaboration, la gestion de projet et l'empathie - qui sont des compétences numériques et qui deviennent toujours plus importantes. Grâce au passeport numérique, il y aura un seul et même endroit où s'adresser pour se recycler, suivre des webinaires et développer ses compétences professionnelles et sociétales."