Il est loin le temps où le monde s'extasiait devant le nouveau PC qui a fait la renommée de Dell... Et depuis plusieurs années, plus précisément depuis 2008 et une série d'acquisitions (dont celle d'EMC en 2016 pour un montant record de 67 milliards $), sans oublier la sortie de Bourse en 2013, Dell Technologies s'efforce de se profiler comme un groupe cohérent qui propose des solutions innovantes pour les environnements cloud et l'informatique utilisateur final. Il faut dire que l'offre est particulièrement vaste, avec pas moins de 7 marques : Dell, Dell EMC, VMware, Pivotal, Secureworks, Virtustream et RSA. " Nous avons largement supprimé les barrières pour intégrer plus étroitement ces différentes technologies ", a insisté Michael Dell, chairman et CEO, à l'occasion du récent Dell Technologies World. Cette conférence a d'ailleurs été l'occasion de montrer le chemin déjà parcouru (voir aussi notre site Web), notamment avec Dell Technologies Cloud.

Innovation

" Si nous sommes sortis de la Bourse en 2013, c'est que Dell avait raté plusieurs innovations technologiques ", ajoute Tom Sweet, 'chief financial officer' pour justifier cette " privatisation ". Un choix payant puisque la société a réalisé en 2019 (exercice à fin janvier) un chiffre d'affaires de 91 milliards $ en hausse de 14%. En outre, Dell investit chaque année de 4,4 à 4,5 milliards $ en R&D, soit " 20 milliards $ sur les 5 dernières années. Car pour être pertinent sur le marché et nous assurer une croissance profitable sur le long terme, nous devions développer des technologies innovantes. Par ailleurs, la création de valeur provient également de l'intégration de technologies sous la forme de solutions ", précise encore le CEO de Dell Technologies qui ajoute que cette nouvelle introduction en Bourse sera aussi l'occasion d'attirer et de retenir les meilleurs talents.

Cette innovation, Dell la concentre sur 3 axes : les fonctionnalités qui enrichissent les produits, la technologie proprement dite (Dell a notamment investi dans quelque 90 start-up dans le monde), et l'écosystème de partenaires. " Le client ne veut plus être un intégrateur et souhaite traiter avec un nombre plus limité de fournisseurs afin de pouvoir se concentrer sur sa transformation numérique ", dixit encore Michael Dell qui compte intensifier les collaborations entre les différentes entités du groupe.

Aider à la transformation

La conférence annuelle des clients et partenaires Dell Technologies World 2019 a été l'occasion de dévoiler plusieurs produits issus de synergies internes au groupe, et notamment Dell Technologies Cloud qui combine des technologies de VMware, de Dell et de Dell EMC. Avec comme volonté de proposer des solutions de bout en bout, tant au niveau du cloud (hybride évidemment selon Dell) que de l''edge' (entendez l'utilisateur final) ou du 'core' (l'infrastructure donc). " Nous entendons intégrer plus étroitement tous nos produits dans une sorte de 'fabric', associée à nos services professionnels et à nos partenaires ", résume encore le CEO.

" Certes, VMware reste indépendante, mais nous voulons stimuler l'innovation en mettant davantage de rigueur dans les relations entre nos différents groupes ", a ajouté Pat Gelsinger, CEO de VMware. Qui estime que la transformation doit également concerner le département informatique et se situer sur 4 axes. D'abord, la transformation de l'infrastructure vers le cloud hybride qui est " incontestablement l'architecture du futur ". Ensuite, la transformation des applications avec l'abandon du modèle classique (apps, middleware, OS, infrastructure virtuelle et infrastructure physique) au profit de conteneurs (Kubernetes) et du cloud hybride. De même, la sécurité devra être l'objet d'une transformation. " Notre secteur a rendu la sécurité beaucoup trop complexe ", d'où la nécessité d'une couche logicielle et de la virtualisation. Enfin, le poste de travail devra évoluer pour être " consumer simple and enterprise secure ".

Belgique

Accompagnant quelque 70 partenaires et clients présents à Las Vegas, Pascale Van Damme, vice president & general manager Dell EMC Belux, rappelle que notre pays accuse un sérieux retard en matière de numérisation, puisque 2% seulement de nos entreprises sont des 'digital leaders', contre une moyenne mondiale de 5%, tandis que 23% seraient des 'digital adopters' selon le Digital Transformation Index de Dell Technologies. " Pourtant, la transformation numérique permettrait des gains de productivité et de chiffre d'affaires, de même que d'attirer la jeune génération puisque 90% des jeunes talents se disent être prêts à changer d'employeur si celui-ci propose des technologies plus modernes ", précise Pascale Van Damme.

" Les clients recherchent désormais plus de facilité et veulent mettre en place une gouvernance permettant d'aligner l'informatique sur les objectifs métier et la stratégie globale de l'entreprise ", ajoute Pascale Van Damme. Un message qui semble bien passer en Belgique puisque Dell serait le n° 1 en serveurs (devant HPE), en stockage (devant NetApp et HPE) ainsi qu'en PC et en réseaux. " Nos résultats sont supérieurs aux objectifs fixés avec une croissance à 2 chiffres, tandis que nous progressons dans tous les segments de marché ", se réjouit-elle encore, avant de faire remarquer que les contrats sont toujours plus souvent renouvelés ou étendus (de l'infrastructure au poste de travail puis à la sécurité par exemple) pour couvrir l'informatique de bout en bout.

" Nous nous efforçons de simplifier notre message et de devenir un 'trusted advisor' ", ajoute la patronne Belux qui insiste aussi sur le rôle de l'écosystème de partenaires. De même, elle souligne l'importance de la politique d'inclusion et de diversité de Dell (la CSR ou responsabilité sociétale des entreprises), de même que de l'obligation qu'ont les entreprises de former et de recycler leurs talents ainsi que les jeunes aux nouvelles technologies - des sujets qui lui tiennent à coeur. Par ailleurs, se faisant l'écho d'une récente étude d'Agoria, elle rappelle que l'on comptera en 2030 quelque 600.000 emplois vacants dans les technologies et que 4,5 millions de personnes devront être formées au numérique en Belgique, tandis que plus de 300.000 vont devoir se recycler.