Le Blockchain International Innovation Center se veut le relais pour la technologie de chaîne de blocs développée par Fujitsu au Japon ", a déclaré d'emblée Yves de Beauregard, directeur général de Fujitsu Benelux, à l'occasion de cette inauguration. L'objectif est d'aider, au départ de ce centre, les entreprises et administrations à implémenter la chaîne de blocs. " Nous entendons mettre la technologie existante à la portée du marché. Car la difficulté est que les clients doivent souvent repenser leurs processus organisationnels, ajoute Frederik De Breuck de Fujitsu. Nous voyons beaucoup d'entreprises se lancer dans la chaîne de blocs, mais se tromper souvent dans le choix et le déploiement de leur solution. En effet, elles cherchent à traduire un processus existant plutôt que de le repenser. C'est ce sur quoi nous nous focalisons : proposer la méthodologie pour trouver le bon 'use case'. "

Des processus existants convertis un-sur-un : le problème n'est-il pas familier à nos oreilles ? " Ce fut également le cas avec la technologie cloud, confirme De Breuck. Mais la chaîne de blocs va plus loin. Car elle va même changer des conventions fondamentales, comme la vente d'une maison. Au final, il s'agit également d'une transaction que l'on installe sur une chaîne de blocs. Mais comment va-t-on enregistrer cette opération et l'envoyer à toutes les parties concernées ? Ces systèmes existent aujourd'hui, mais ils nécessitent peut-être de 20 à 30 transactions. Or il faut d'abord simplifier. "

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Le fait que Fujitsu s'intéresse à la chaîne de blocs n'a rien de vraiment surprenant. Car si l'entreprise puise ses racines dans l'électronique grand public, elle se transforme depuis quelques années déjà en un prestataire de services notamment. " Nous aidons chaque jour à faire tourner l'économie en Europe, sourit Duncan Tait, directeur général de Fujitsu pour les régions EMEIA et Amériques. Sur le Vieux Continent, nous réalisons quelque 6 milliards $ de chiffre d'affaires, dont la moitié en matériels et l'autre moitié en services. Nous continuons à renforcer notre activité en hardware, mais reconnaissons également que le monde devient hyper-connecté. Dans ce contexte, la chaîne de blocs est importante. Tous nos clients, qu'il s'agisse de consommateurs ou d'entreprises, veulent consommer des services. "

Fujitsu s'intéresse à cette technologie depuis un certain temps déjà, rappelle Tait. " Nous avons travaillé sur la chaîne de blocs pour Mizuho, une banque japonaise, et appliquons ce que nous y avons appris dans le reste du monde. La chaîne de blocs devient en quelque sorte la colle ou l'huile de l'économie globale. Elle va apparaître partout et pas seulement dans les services financiers. En Belgique, nous pouvons compter sur une bonne équipe et nous considérons le marché européen comme intéressant. Il est donc logique que nous installions un centre ici. "

La chaîne de blocs omniprésente

Faut-il encore préciser que Fujitsu considère cette technologie comme porteuse. " La chaîne de blocs peut s'appliquer dans tous les secteurs et la société, ajoute encore Tait. Pour preuve, nous avons un projet en matière de fabrication de moteurs d'avion. Si le constructeur veut être sûr de livrer à temps, il y a certains éléments cruciaux dont il doit pouvoir savoir quand ils seront disponibles. La chaîne de blocs représente ici un parfait exemple d'application puisqu'elle permet de gérer des chaînes d'approvisionnement complexes. Je pense qu'il s'agira là de l'une des technologies qui permettront la mise en place d'autres processus. "

Et De Beauregard va même plus loin. " La chaîne de blocs jouera un rôle important à l'avenir, non seulement pour Fujitsu, mais pour l'ensemble de l'industrie. Je considère même que l'impact de la chaîne de blocs sur l'IT sera comparable à celle du GSM sur le téléphonie. Elle impliquera une méga-rupture, tout en permettant de relier l'architecture générale de différents systèmes. "