Oracle 18c constitue un jalon majeur pour l'entreprise. Une base de données qu'il ne fait pas arrêter et qui se corrige elle-même, qui optimise ses processus mieux que l'homme et qui promet un 'downtime' de moins de 30 minutes par an. Voilà ce que dévoilait Oracle l'an dernier. Cette année, l'entreprise poursuit en somme sur sa lancée et son CTO, Larry Ellison, annonce que cette base de données sera également disponible sur site, dans le centre de données du client, sous le nom cloud@customer. Même s'il ne s'agit pas totalement d'une installation sur site, puisqu'une partie du cloud public d'Oracle tournera dans le centre de données du client sur du matériel Oracle.
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Oracle 18c constitue un jalon majeur pour l'entreprise. Une base de données qu'il ne fait pas arrêter et qui se corrige elle-même, qui optimise ses processus mieux que l'homme et qui promet un 'downtime' de moins de 30 minutes par an. Voilà ce que dévoilait Oracle l'an dernier. Cette année, l'entreprise poursuit en somme sur sa lancée et son CTO, Larry Ellison, annonce que cette base de données sera également disponible sur site, dans le centre de données du client, sous le nom cloud@customer. Même s'il ne s'agit pas totalement d'une installation sur site, puisqu'une partie du cloud public d'Oracle tournera dans le centre de données du client sur du matériel Oracle. D'ailleurs, 18c n'est que la dénomination temporaire de la BD autonome. En effet, lors de la première mise à niveau majeure en 2019, le nom sera automatiquement changé en Oracle 19c, tandis que l'on devrait voir apparaître Oracle 20c d'ici 2020. Sans doute la nouvelle la plus marquante de cette conférence était-elle le lancement de Gen2 dans le cloud public d'Oracle et, à partir de l'an prochain aussi, dans cloud@customer. Du coup, les clients du cloud public bénéficieront d'une mise à niveau gratuite vers Gen2. En fait, Gen2 est surtout une nouvelle génération de cloud. " Il s'agit d'un matériel totalement nouveau et d'un nouveau réseau d'ordinateurs autonomes qui délimitent un périmètre autour de notre cloud. Un élément que l'on ne retrouve pas dans les autres offres cloud, insiste un Ellison sûr de lui. Chaque zone client est confinée, de sorte qu'aucun maliciel ne peut passer d'un client à un autre. Si une personne malveillante arrive dans notre cloud public, elle ne pourra pas aller de l'un à l'autre. " Ellison va même un pas plus loin en précisant que son entreprise ne peut même pas voir ce que le client fait dans le cloud Oracle. " Chez Amazon, d'autres clients peuvent accéder à vos données, tandis qu'Amazon peut voir vos données. C'est tout simplement le problème majeur du cloud. " Encore faut-il préciser que de tels propos avancés l'an dernier par Ellison à propos d'Amazon ont entre-temps été démentis par celle-ci. En d'autres termes, il n'est pas question d'infrastructure partagée, le code du client étant en somme distinct du code de contrôle du cloud. Mais le client qui le souhaite (et qui paie pour cela) pourra disposer d'une plate-forme totalement scindée physiquement dans le cloud d'Oracle. A noter que la nouvelle infrastructure est dotée de ce qu'Ellison appelle des 'robots autonomes' capables, grâce à l'IA et à l'apprentissage machine, de détecter et d'éliminer des menaces. Mais ce qui nous a particulièrement frappé à l'occasion d'Oracle Openworld est la manière dont Ellison aime à s'auto-acclamer. Durant ses discours, il a insisté à plusieurs reprises sur la supériorité de l'offre IaaS d'Oracle par rapport à celle d'Amazon. Etonnamment en faisant exactement la même présentation que l'an dernier. Reste évidemment à savoir s'il s'agissait d'une vraie démo ou d'un leurre, mais si tel est le cas, cela signifie que les technologies tant d'Amazon que d'Oracle n'ont pas évolué en un an de temps. Jan Ronsse, directeur général d'Oracle Belgique et Luxembourg, ne fait pas l'éloge de la concurrence, mais se montre plus nuancé. " En Belgique, ce n'est pas vraiment dans les habitudes de faire haro sur la concurrence. " Dans le Belux, il n'y a encore aucun client pour la base de données autonome. " Mais des tests sont en cours chez de nombreux clients. Comme il s'agit d'un produit original, nos vendeurs doivent encore évangéliser le marché ", explique-t-il. De même, la migration vers le cloud s'impose toujours plus. " Souvent, ce sont les nouvelles charges de travail ou projets qui basculent d'abord dans le cloud. Mais nous constatons également une autre évolution : au début du cloud, les administrations publiques et les banques étaient très réticentes pour des questions de sécurité. Entre-temps, elles ont compris que les centres de données d'Oracle, mais aussi de Google et d'Amazon étaient également sécurisés. " Sur le marché belge du CRM, c'est surtout SAP qui se positionne désormais comme leader, selon les derniers chiffres de Computer Profile. Mais d'après Ronsse, il s'agit là surtout d'une réalité historique. " SAP a une importante base installée. Ces dernières années cependant, surtout pour les nouveaux dossiers, nous décrochons de très nombreux contrats. Nous sommes très forts au niveau des entreprises qui acquièrent un nouveau système ERP et veulent une solution cloud. Au cours du dernier trimestre, nous avons d'ailleurs décroché deux grands clients belges. Nous ne pouvons pas, contrairement à d'autres, nous appuyer sur une base installée importante, mais nous nous comportons très bien au niveau des nouveaux projets. " Ces dernières années, Oracle a régulièrement cité dans la problématique des licences et des contrôles. Récemment d'ailleurs, une étude d'EuroCIO a montré que les CIO européens étaient mécontents du manque de flexibilité dans les licences de la part des grandes entreprises technologiques. Sans nier le problème, Ronsse insiste sur le fait que le débat avance. " Cette politique de licences est définie par les Etats-Unis et est identique partout dans le monde. Nous devons bien sûr protéger notre propriété intellectuelle et ce qui est utilisé doit faire l'objet de licences correctes. Mais cette discussion s'inscrit toujours plus dans le passé du fait de l'émergence du cloud. Dans le cloud, vous avez une vue plus précise de ce qui est utilisé. Pour les grandes entreprises qui préfèrent travailler sur site, nous en voyons beaucoup évoluer vers un modèle 'all-you-can-eat' où l'on retrouve des licences illimitées pour une période précise, ce qui permet de déployer ce que l'on veut. " Par ailleurs, Ronsse estime qu'Oracle évolue vers une stratégie d'abandon des contrôles. " Nous sommes nous-mêmes passés de l'auditing pur aux services de conseil. Dans un tel cas, nous intervenons à la demande du client pour inventorier l'ensemble et conseiller le meilleur modèle de licences. "