Tout d'abord, un petit rappel historique n'est sans doute pas inutile, vu la complexité du dossier. L'actuelle Alcatel-Lucent Enterprise (ALE) n'a en effet rien à voir avec l'ancienne Alcatel-Lucent, sachant qu'Alcatel-Lucent a été rachetée début 2016 par la finlandaise Nokia et opère désormais sous le nom de Nokia. Nokia commercialise notamment des infrastructures réseau pour la communication 5G et l'Internet des objets (IoT). De son côté, Nokia Bell Labs est l'activité R&D et innovation qui sous-tend Nokia. Par ailleurs, les smartphones Nokia nouvelle version sont vendus sous licence par HMD Global Oy basée à Espoo en Finlande, tandis que les smartphones Alcatel sont aux mains de l'asiatique TLC.
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Tout d'abord, un petit rappel historique n'est sans doute pas inutile, vu la complexité du dossier. L'actuelle Alcatel-Lucent Enterprise (ALE) n'a en effet rien à voir avec l'ancienne Alcatel-Lucent, sachant qu'Alcatel-Lucent a été rachetée début 2016 par la finlandaise Nokia et opère désormais sous le nom de Nokia. Nokia commercialise notamment des infrastructures réseau pour la communication 5G et l'Internet des objets (IoT). De son côté, Nokia Bell Labs est l'activité R&D et innovation qui sous-tend Nokia. Par ailleurs, les smartphones Nokia nouvelle version sont vendus sous licence par HMD Global Oy basée à Espoo en Finlande, tandis que les smartphones Alcatel sont aux mains de l'asiatique TLC. Et toutes ces activités n'ont absolument aucun rapport avec l'actuelle ALE puisque l'ancienne Alcatel-Lucent a cédé sa division Enterprise en octobre 2014 à China Huaxin Post & Telecommunication Economy Development Center. Mais à l'exception du CEO Jack Chen, plus aucun Chinois ne siège au comité de direction d'ALE dont le siège central est à Paris. " Souvent, on nous demande ce que nous allons faire de notre marque commerciale. Eh bien, du moins jusqu'en 2044, nous continuerons à être actifs sous Alcatel-Lucent Enterprise. Le fait que nous investissions déjà dans un logo qui sera utilisé jusqu'alors n'est pas purement symbolique, mais prouve notre volonté de pérennité ", explique Matthieu Destot, executive vice president global sales & marketing. Concrètement, ALE estime pouvoir jouer un rôle majeur dans la transformation numérique dans les secteurs public, de l'enseignement, de la mobilité, des soins de santé et de l'hospitalité avec des solutions de communication centrales. " En effet, notre communication vocale traditionnelle reste importante à cet égard, même si nous constatons un besoin de solutions cloud ainsi que de formes de communication hybrides ", estimait le CEO Jack Chen lors de la conférence Connex18 des partenaires et analystes. Rainbow (arc-en-ciel) : tel est le nom de l'outil de collaboration dans le cloud proposé par ALE et qui s'inscrit dans la lignée des Cisco Spark, Slack, Google Hangouts, Facebook Workplace et Microsoft Teams notamment. D'où cette question : n'est-il pas trop tard pour se lancer sur ce marché ? Matthieu Destot : " Nous devons effectivement nous concentrer sur l'acquisition et l'activation rapides de nouveaux utilisateurs. Certes, nous ne sommes pas une société cloud native, ce qui peut évidemment apparaître comme un handicap. Nous devons donc mettre en place un processus de transformation. Mais ce que nous avons, c'est une base installée de 40 millions d'utilisateurs pour nos solutions de communication actuelles. Si nous parvenons à les convaincre de migrer de l'on-premise vers le cloud, du Capex à l'Opex, vers un modèle d'abonnement donc, nous pourrons certainement accélérer notre croissance dans l'UCaaS ou Unified Communications as a Service. " Et dans le segment CPaaS ou Communications Platform as a Service, entendez les communications d'entreprise intégrées, il s'agit surtout pour ALE de continuer à bâtir une communauté de développeurs. Ses concurrents sont à ce niveau des acteurs de taille, parmi lesquels Mitel, Brocade, Cisco et Dell EMC. " Nous utilisons des techniques de growth hacking et nous misons beaucoup sur l'analytique pour savoir quelles fonctions dans Rainbow sont les plus populaires, combien de temps elles sont utilisées, quelles fonctions ne sont jamais employées, etc. Ce faisant, nous essayons de rendre nos utilisateurs plus actifs, explique toujours Destot. Il est essentiel de créer un effet d'aspirateur viral pour les produits Rainbow. " La force de Rainbow se traduit surtout dans le segment CPaaS. Nicolas Brunel, evp communications business division chez ALE, nous présente une démo sur la manière dont Rainbow peut être connecté via une API à des systèmes et commutateurs Wi-fi, des applis ou un dossier patient électronique. " Songez à un patient dans un hôpital qui peut être accompagné grâce à son smartphone jusqu'à sa chambre ou à n'importe quel endroit en combinant le Bluetooth Low-Energy (BLE) et les signaux sans fil. Une API Rainbow se branche sur le logiciel d'entreprise et le dossier patient pour indiquer au médecin traitant que le patient est en route ", explique Brunel pour donner un exemple de possibilité. A l'occasion de sa conférence Connex18, ALE a annoncé un partenariat avec IBM. D'une part autour des centres de données cloud et, d'autre part, de la plate-forme CPaaS. L'ambition est d'exploiter les possibilités de l'intelligence artificielle d'IBM Watson dans Rainbow afin de proposer des Cognitive Enterprise Communications. Il peut notamment s'agir de possibilités de collaboration d'entreprise avec des (chat)bots intelligents, de l'interaction en langage naturel ou de la reconnaissance de modèles et/ou visages en vidéo. Ou pour reprendre l'exemple du patient : l'analytique de données doit permettre de rendre son expérience de l'hôpital plus agréable. En d'autres termes, la couche cognitive de Watson doit permettre à Rainbow de dépasser le cadre des communications unifiées et à ALE de faire la différence par rapport à ses nombreux concurrents.