Ces dernières années, le métier d'informaticien est devenu une profession en pénurie. Dès lors, cette pénurie sur le marché du travail incite les entreprises à rechercher pour leurs missions IT des personnes qui n'ont pas forcément un diplôme d'informatique. L'enquête Salaires de Data News montre ainsi qu'à peine 6 informaticiens sur 10 ont aujourd'hui suivi une formation liée à l'IT, d'autres types d'études pouvant tout aussi bien ouvrir la voie à l'IT. Ainsi, de très nombreux informaticiens ont une formation scientifique (16%), économique (13%) ou en sciences humaines (4%).

A noter par ailleurs que la toute grande majorité des informaticiens ont un diplôme supérieur. Environ un quart (23,5%) ont un diplôme universitaire. La plupart des informaticiens ont suivi une haute école, que ce soit un type court (47%) ou long (11%). Un peu plus d'un informaticien sur 10 possède par ailleurs un diplôme supplémentaire, et notamment un master après master, un MBA ou un doctorat. Pour à peine 8% des informaticiens interrogés, le diplôme le plus élevé est celui de l'enseignement secondaire.

Formation avec prime

L'arrivée d'informaticiens sans diplôme IT est devenue une tendance lourde ces dernières années. Les entreprises recrutent toujours plus en fonction du potentiel du candidat que du diplôme ou de l'expérience. S'ensuit une formation poussée spécifique au sein de l'entreprise. Cela exige évidemment un investissement important, qui plus est sans véritable garantie de succès. De plus en plus souvent, les entreprises font dès lors appel à un système de formation professionnelle individuelle (FPI).

Via le régime FPI, un candidat chômeur peut suivre une formation de 6 mois maximum au sein d'une entreprise. Outre son indemnité de chômage, il reçoit une prime. La règle est simple : plus l'indemnité est faible, plus la prime est élevée. Le plafond de la FPI se situe à 1.275 a brut pour l'indemnité et la prime. Celui qui ne bénéficie d'aucune indemnité se voit attribuer une prime maximale de 1.275 a bruts. Durant le programme FPI, le candidat conserve son statut de demandeur d'emploi. L'objectif est évidemment un engagement dans l'entreprise au terme de la formation.

Zéro jour de formation

Les formations demeurent une pierre d'achoppement. Près de 4 informaticiens sur 10 (38%) considèrent les possibilités de formation offertes comme importantes dans le choix d'un employeur. Reste qu'il est difficile de mesurer dans la pratique si ces possibilités existent réellement. Voilà qui a valu lors de précédentes éditions de l'enquête Salaires des constatations étonnantes. C'est ainsi que lors de l'édition 2014, 26% des répondants indiquaient n'avoir reç u aucun jour de formation au cours de l'année écoulée.

Lorsqu'il s'agit de formations classiques formelles - par exemple dans un centre de formation externe -, ce pourcentage ne devrait guère être différent aujourd'hui. La question est de savoir s'il convient de cartographier le facteur 'formations' de cette manière. En effet, les Webinaires, les vidéos d'instruction et la littérature spécialisée permettent également de former les informaticiens. Et est-il logique que l'informaticien laisse à son employeur la responsabilité de la formation offerte ? Comme c'est le cas dans de nombreuses autres professions - qu'il s'agisse de méde-cins ou de plombiers -, l'on doit en fait aussi attendre de l'informaticien qu'il se forme et/se recycle de sa propre initiative.