PLUTÔT D'ACCORD Bart Van der Schueren, CTO de Materialise

L'impression 4D ajoute aux dimensions de hauteur, largeur et profondeur une 4e valeur, celle du 'temps'. Ainsi, les produits imprimés en 4D changent de forme sous l'effet de la chaleur, de la lumière, de l'eau et de l'acidité. " L'impression 4D ouvre plus que jamais de nouvelles perspectives", prétend Bart Van der Schueren, CTO de Materialise. "Quant à savoir si la technologie s'imposera comme le standard de fait pour la conception de produits, il reste du chemin à parcourir. " Materialise peut faire valoir près de 30 ans d'expérience en impression 3D. " Voici 7 à 8 ans, tous les grands cabinets d'études affirmaient la même chose : à court terme, de 10 à 30% de l'ensemble des importations chinoises seraient remplacés par des produits imprimés localement en 3D. Et chaque foyer disposerait de son imprimante 3D. "

" L'effet de mode s'est estompé, poursuit Bart Van der Schueren. Mais désormais, une fois la vague retombée, nous voyons plus que jamais apparaître des scénarios de croissance réalistes pour cette technologie. " Ainsi, le secteur des appareils médicaux exploite l'impression 3D, de même que le marché des bijoux et de l'aéronautique. " A cet égard, l'impression 4D ouvre de nouvelles perspectives. Je la considère comme une application spécifique de l'impression 3D, avec les caractéristiques transformatives du matériel utilisé comme dimension supplémentaire. Il s'agit d'une application qui présente en outre un défi nouveau en termes de compréhension humaine. Dans ce domaine, j'entrevois un potentiel énorme pour des logiciels capables de présenter les applications d'impression 4D sous une forme plus claire. "

Brecht Van Hooreweder

PLUTÔT PAS D'ACCORD Brecht Van Hooreweder, professeur à la KU Leuven

Pour sa part, le professeur Brecht Van Hooreweder entend nuancer l'idée selon laquelle l'impression 4D s'imposera comme le standard de facto pour la conception de produits. Il enseigne notamment l'impression 3D et la fabrication additive à la KU Leuven, tout en dirigeant le groupe de recherche sur l'impression 3D. " En dépit de tous les exemples à valeur ajoutée, de la taille importante du marché mondial et des perspectives intéressantes de croissance annuelle, l'impression 3D ne remplacera jamais totalement les techniques de fabrication traditionnelles ", estime le professeur. Et d'évoquer notamment la vitesse limitée, le coût élevé et le nombre restreint de matériaux utilisables comme freins majeurs. " Pour l'instant, 44 chercheurs travaillent à la KU Leuven au sein d'une équipe pluridisciplinaire pour tenter de relever ces différents défis. Il est toutefois utopique de penser que nous parviendrons à éliminer tous les inconvénients. "

La nouvelle génération d'imprimantes de matériaux permet selon le professeur Van Hooreweder d'imprimer plus facilement des produits en 4D. " Même s'il est évident à nos yeux que par analogie avec l'impression 3D, l'impression 4D ne deviendra jamais le standard de fait pour la conception de produits, mais plutôt un complément aux systèmes existants. "