LA SANTé COMME MOTEUR Liesbet Lagae, directrice de programme Life Science Technologies chez imec et professeur à temps partiel à la KU Leuven et Peter Joosten, biopirate

Imec développe des biopuces pour des entreprises qui testent et commercialisent du séquencement ADN. Ce centre de R&D et d'innovation planche également sur des algorithmes capables de traiter très rapidement les données ainsi générées. " Les labos cliniques utilisent aujourd'hui déjà le séquencement ADN pour l'analyse du matériel génétique, qu'il s'agisse de tests NIPT prénataux ou d'enquêtes sur des affaires criminelles, précise Liesbet Lagae, directrice de programme Life Science Technologies chez imec et professeur à temps partiel à la KU Leuven. Ces tests sont basés sur une biopuce. Leur importance ne fait que croître. "

La chercheuse insiste sur la révolution provoquée par les tests de glucose. " Le test sanguin est d'ores et déjà possible à domicile grâce à un petit système pas plus grand qu'une clé USB. Des entreprises comme Biolinq étudient la possibilité de réaliser une mesure non invasive basée sur une biopuce intelligente que l'on colle sur la peau. De son côté, Medtronic vient de commercialiser un premier système de pompe à insuline commandée par un capteur de glucose. Et d'autres start-up cherchent à utiliser le smartphone pour mesurer également d'autres valeurs sanguines comme les globules blancs ou la concentration de protéines. "

L'étape majeure suivante sera de recourir à de petits capteurs que l'on avale ou que l'on implante pour analyser et contrôler la santé d'une personne de l'intérieur. Songez notamment à une pilule intelligente capable de mesurer la constipation ou l'acidité de l'estomac, ou à un neurostimulateur qui permettrait d'améliorer le confort de vie de personnes atteintes de démence. Autant d'évolutions qui finiront par voir le jour selon Liesbet Lagae qui insiste également sur la nécessité d'un cas éthique et législatif. " La combinaison de plusieurs capteurs nous offre une infinité d'analyses sur le profil de santé d'une personne. La question est de savoir si nous pouvons utiliser ces données en dehors de l'environnement typique hospitalier dans l'intérêt de la personne sans risque pour la vie privée. "

Peter Joosten

UNE PUCE NFC DANS LA MAIN Liesbet Lagae, directrice de programme Life Science Technologies chez imec et professeur à temps partiel à la KU Leuven et Peter Joosten, biopirate

Le biopirate Peter Joosten porte une puce NFC en main. NFC est l'acronyme de 'near-field communication', ce qui signifie que la puce communique à faible distance avec un équipement capable de la lire. " La question que l'on me pose le plus fréquemment est de savoir ce que j'en fais, peut-on lire sur son blog (https://peterjoosten.net/blog). Je dois souvent fanfaronner quelque peu. En fait, je n'en fais pas grand-chose. La puce ne contient que mes informations de contact, une sorte de carte de visite numérique. Elle me permet de déverrouiller mon téléphone. C'est amusant, mais pas vraiment très utile. "

Peter Joosten est fermement convaincu de l'impact futur de la technologie. " Nous n'en sommes qu'aux prémices. De très nombreuses expériences voient le jour dans les soins de santé, les sciences, surtout grâce à l'enthousiasme de 'bricoleurs'. La question n'est pas de savoir s'il sera possible d'implanter un jour une puce, mais bien quand et sous quelle forme. Dès lors, il est important d'envisager dès à présent des problématiques telles que la vie privée et la sécurité, sachant que l'évolution est extrêmement rapide. "