PAS D'ACCORD Ramon Llamas analyste chez IDC et Walter Ji directeur du département Produits grand public pour l'Europe de Huawei

Les chiffres des ventes en disent long : Android est clairement une valeur sûre. Selon le cabinet IDC, la part de marché d'Android devrait continuer à augmenter (légèrement) dans les prochaines années, passant d'un peu plus de 85% au début 2019 à 87% en 2023. L'iOS d'Apple atteindra à la même date 13,3% et devrait rester stable dans les prochaines années. La part de marché des autres systèmes d'exploitation est à ce point faible que les chiffres d'IDC ont été arrondis vers le bas. Vers le très bas même puisqu'il s'agit de 0,0%.

L'ère de l'hégémonie d'Android sur le marché du smartphone ne semble donc pas révolue. L'enthousiasme pour cet OS continue même à grandir. " Le prix de vente moyen d'un appareil Android est stable, estime Ramon Llamas, analyste chez IDC. C'est une preuve que les fabricants poussent peu à peu leurs clients vers des appareils plus chers. L'un des moteurs de ce mouvement est le lancement constant de nouveautés en termes de taille, dimension d'écran, fonctions et marques. "

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Et si les prévisions se trompaient, sachant qu'elles portent sur un horizon à 5 ans et que de profonds bouleversements pourraient intervenir d'ici là. Supposons par exemple que les vêtements intelligents fassent une percée remarquable : la répartition du marché n'y est pas aussi claire que dans les smartphones. Certes, Google propose sa propre variante d'Android avec Android Wear, mais Samsung - avec Tizen - se pose en concurrent sérieux, de même qu'Apple (avec son WatchOS), preuve qu'il n'existe pour l'instant pas de leader incontesté sur le marché de la montre intelligente.

Et un autre larron pourrait devenir empêcheur de tourner en rond, à savoir le chinois Huawei qui - contraint et forcé - recherche des alternatives à Android. Pour les autorités américaines, les entreprises nationales - comme la maison-mère d'Android, Google - ne peuvent plus commercer avec Huawei. En d'autres termes, le nouveau smartphone Mate 30 de Huawei intègre certes Android (une version à code source ouvert du système), mais pas les services et applis propres à Google. En coulisse, Huawei confie plancher sur un système d'exploitation maison et précise que des milliers de développeurs sont prêts à concevoir des applis. Il sera donc bon que l'entreprise envisage désormais sa position délicate comme de la destruction créatrice. " Nous continuons à croire dans Android qui offre une grande continuité d'utilisation, précise Walter Ji, directeur du département Produits grand public pour l'Europe de Huawei. Mais au vu des circonstances, nous avons conçu un plan B. "

Walter Ji

Ji se refuse à évaluer l'impact d'un tel plan B sur le futur du marché du smartphone, sachant que selon le cabinet Gartner, Huawei serait pour l'instant le 2e acteur le plus important sur le marché, avec 15%. Si elle devait - par la force des choses - lancer son propre OS, la position d'Android devrait forcément s'en ressentir sérieusement. D'ailleurs, Apple - le 3e acteur, avec un certain retard puisqu'elle occupe 10,5% du marché - a également construit son propre écosystème.