D'ACCORD Kalman Tiboldi, CEO de GEM One

" Je suis moi-même l'exemple vivant de ce postulat, déclare Kalman Tiboldi, CEO de GEM One, une nouvelle société issue du département IT de TVH. Le parcours que j'ai accompli résume parfaitement l'évolution du rôle de l'IT. J'ai commencé comme responsable IT pour devenir ensuite CIO, puis chief business innovation officer et désormais CEO. " GEM One est une entreprise qui propose des compétences numériques, non seulement en tant que prestataire de services pour TVH, mais aussi pour d'autres sociétés.

" Autrefois, l'IT était un service de support axé notamment sur la simplification administrative, poursuit Kalman Tiboldi. Aujourd'hui, force est de constater que la transformation numérique impacte l'ensemble de l'organisation et la culture d'entreprise, poussée en cela par la technologie. Alors que l'IT était autrefois 'top-down', l'évolution actuelle est 'bottom-up'. L'informatique ne peut en effet plus être considérée comme un département à part, mais transversal à l'ensemble de l'organisation. "

Comme l'IT transforme en profondeur la structure et la stratégie de l'entreprise, le CEO joue un rôle de premier plan. " Nous parlons ici d'une transformation qui transcende les frontières de l'IT classique. Il appartient au CEO d'en assurer le leadership. Le CIO doit abandonner sa casquette de technicien. En outre, il doit se montrer créatif et emboîter les bonnes pièces du puzzle pour offrir finalement de la valeur ajoutée au client. "

PAS D'ACCORD Luc Hendrikx, CEO de CIONET

" La fonction du CIO ne disparaîtra pas, mais évoluera, estime Luc Hendrikx, CEO de CIONET, un réseau de 7.000 CIO adhérents en Europe et Amérique latine. Le CIO se transforme peu à peu en un conseiller stratégique. " Luc Hendrikx en veut pour preuve la tendance selon laquelle l'IT et la technologie s'inscrivent toujours plus parmi les activités clés de l'entreprise. Aujourd'hui, le CIO a acquis une fonction claire au niveau C. " Le CIO contribue à trouver de nouvelles opportunités pour l'entreprise, avec évidemment la technologie comme point de départ. "

Le CIO met l'accent sur les modèles organisationnels susceptibles d'être 'digitally enabled'. " Il s'agit là d'une différence majeure par rapport à la décennie précédente, relève Luc Hendrikx. A l'époque, le CIO devait essentiellement chercher des économies de coûts et des gains d'efficacité. Cette mission reste certes à l'ordre du jour, mais ne permet plus au CIO de faire la différence. " Et qu'en est-il des entreprises qui désignent un 'chief digital officer' (CDO) à côté du CIO ? " Ce choix n'a pas clairement mené à une rupture de tendance, note Luc Hendrikx. L'idée était de créer une dichotomie : une nouvelle IT rapide chez le CDO et une IT opérationnelle classique chez le CIO. Mais les entreprises en reviennent désormais, avec une seule personne à la tête de l'IT, à savoir le CIO. "

Luc Hendrikx © David Legreve