D'ACCORD Tim Schmit, directeur du marketing produit de Destiny

La plupart des organisations ne le contesteront nullement : disposer d'une liaison Internet stable, performante et fiable représente aujourd'hui une exigence cruciale pour faire des affaires. " Longtemps, seul le trafic du courriel imposait une liaison considérée comme critique ", se souvient Tim Schmit. En qualité de directeur du marketing produit et de la prévente pour le fournisseur de télécoms cloud sécurisé B2B Destiny, il a vu ces dernières années l'importance d'une telle connexion ne cesser de croître. " Plus les entreprises migrent des données et des applications dans le cloud, plus leur dépendance vis-à-vis de l'Internet augmente. "

D'autant que l'évolution vers l'informatique dans le nuage non seulement se renforce, mais devient impossible à endiguer. " Les avantages sont en effet trop nombreux. Outre les économies d'échelle et les gains d'efficacité évidents, le cloud ouvre de nouvelles perspectives de travail. Etant donné qu'il est possible d'accéder aux données et aux applications d'entreprise de n'importe où et n'importe quand, indépendamment de l'appareil utilisé, l'utilisateur peut travailler de manière plus flexible. " Pour toutes ces raisons, Tim Schmit se dit convaincu qu'un nombre croissant d'applications migreront dans le cloud. " Le succès de Microsoft Office 365 et d'autres offres SaaS en est l'illustration concrète. "

Pascal Kieboom

PLUTÔT PAS D'ACCORD Pascal Kieboom, responsable New Business Development d'Atos

Pourtant, on assiste depuis peu à un retour de balancier. En effet, sous l'appellation 'edge computing', les entreprises rapatrient leur infrastructure ICT plus près de leurs plateformes internes. D'où un modèle hybride qui associe le cloud à l'infrastructure sur-site. Les motivations de ce retour à un stockage et une infrastructure internes sont multiples. Ainsi, les pannes subies par les fournisseurs cloud, dont certains grands noms comme Amazon et Microsoft, ont certainement pesé dans ce choix. " Il faut non seulement que votre connexion réseau soit suffisamment stable et performante, mais aussi votre environnement cloud ", avertit Tim Schmit.

Il s'agit là d'un revirement de situation auquel adhère volontiers Pascal Kieboom. En tant que responsable New Business Development d'Atos, il s'intéresse notamment au 'edge computing', plus spécifiquement dans le contexte des villes intelligentes et de l'Internet des objets (IoT). Il se dit d'ailleurs convaincu que l'Internet représente un facteur critique. " Si celui-ci est défaillant, l'organisation est face à un problème majeur. Mais l''edge computing' n'apporte pas de réponse à ce problème. " Certes, l'infrastructure locale de cet 'edge' est sur-site, ce qui peut constituer un avantage en termes de temps de réponse réduits et de fiabilité, puisqu'il n'y a pas de dépendance vis-à-vis d'un réseau plus vaste. Mais tout ce qui se passe dans l''edge' doit tôt ou tard passer par une connexion ouverte sur le monde extérieur. " Nous avons encore trop souvent tendance à considérer les questions technologiques sous un angle uni-dimensionnel, analyse encore Pascal Kieboom. Or à une époque où tout et tout le monde est interconnecté, il est grand temps d'abandonner notre ancien mode de réflexion et de penser en termes de réseau. "