Un porte-parole des Talibans a accusé WhatsApp de censure lors d'une conférence de presse, après que des comptes de l'organisation aient été bannis. Il s'agissait entre autres d'une ligne d'assistance via laquelle les citoyens pouvaient poser des questions sur la nouvelle politique qui sera suivie, maintenant que le groupe extrémiste a pris le pouvoir.

Facebook, la société-mère de WhatsApp, est cependant formelle: en raison des sanctions américaines, elle se voit contrainte d'exclure les comptes qui se présentent comme appartenant aux Talibans. Facebook supprime par conséquent tout contenu de l'organisation de ses plates-formes.

YouTube adopte la même attitude et déclare ne pas autoriser depuis assez longtemps déjà l'ouverture de comptes par les Talibans. Quant à Twitter, elle ne formule à l'agence Reuters aucune réaction à cette question, mais déclare qu'elle tient compte des règles en matière d'apologie de la violence, quels que soient les comptes qui le font.

Page taliban ou gouvernementale?

Mais la rapide avancée des Talibans complique assurément la vie des médias sociaux. C'est ainsi que la question a été posée à Facebook de savoir quelle attitude la plate-forme prend vis-à-vis des pages officielles du gouvernement afghan. Ces pages représentent le pays, mais sont désormais gérées de fait par les Talibans.

D'après Reuters, Facebook se réfère ici à un communiqué dans lequel elle affirme respecter l'autorité de la communauté internationale en matière de reconnaissance gouvernementale. Autrement dit: si le gouvernement en Afghanistan est reconnu, ces canaux seront autorisés.

Pas un groupe terroriste

L'affaire se complexifie encore un peu plus de par l'attitude américaine. Car les Talibans afghans ne sont formellement pas un groupe terroriste. Ils ne sont ainsi pas repris sur la liste des Foreign Terrorist Organizations. Ces dernières années, les Etats-Unis ont, sous la présidence de Trump, aussi négocié avec les Talibans et tentent de légitimer ce groupe dans la perspective d'un possible accord de paix dans le pays.

C'est ainsi qu'à présent, il circule sur les médias sociaux une photo de l'ex-ministre américain des affaires étrangères Mike Pompeo et de Mullah Abdul Ghani Baradar, actuellement l'un des dirigeants des Talibans, lors d'une réunion tenue à Doha en septembre 2020. Les Etats-Unis interdisent donc d'une part aux entreprises américaines de faciliter la vie des Talibans, mais d'autre part, ils ont sous Trump tendu la main à ce groupe.

Mike Pompeo et Mullah Abdul Ghani Baradar, Getty Images
Mike Pompeo et Mullah Abdul Ghani Baradar © Getty Images

Et comme pour compliquer encore le tout, Tehrik-e Taliban Pakistan - les Talibans pakistanais - figurent bien sur la liste américaine des terroristes.

Cette combinaison de facteurs fait que les médias sociaux américains préfèrent pour l'instant ne pas voir arriver les Talibans sur leurs plates-formes, simplement parce qu'ils suivent les règles appliquées par les Etats-Unis. Mais les Talibans, eux, accusent ces plates-formes de censure, à présent qu'ils dirigent de facto le pays et qu'ils veulent faire passer une image quelque peu plus modérée.

Un porte-parole des Talibans a accusé WhatsApp de censure lors d'une conférence de presse, après que des comptes de l'organisation aient été bannis. Il s'agissait entre autres d'une ligne d'assistance via laquelle les citoyens pouvaient poser des questions sur la nouvelle politique qui sera suivie, maintenant que le groupe extrémiste a pris le pouvoir.Facebook, la société-mère de WhatsApp, est cependant formelle: en raison des sanctions américaines, elle se voit contrainte d'exclure les comptes qui se présentent comme appartenant aux Talibans. Facebook supprime par conséquent tout contenu de l'organisation de ses plates-formes.YouTube adopte la même attitude et déclare ne pas autoriser depuis assez longtemps déjà l'ouverture de comptes par les Talibans. Quant à Twitter, elle ne formule à l'agence Reuters aucune réaction à cette question, mais déclare qu'elle tient compte des règles en matière d'apologie de la violence, quels que soient les comptes qui le font.Mais la rapide avancée des Talibans complique assurément la vie des médias sociaux. C'est ainsi que la question a été posée à Facebook de savoir quelle attitude la plate-forme prend vis-à-vis des pages officielles du gouvernement afghan. Ces pages représentent le pays, mais sont désormais gérées de fait par les Talibans. D'après Reuters, Facebook se réfère ici à un communiqué dans lequel elle affirme respecter l'autorité de la communauté internationale en matière de reconnaissance gouvernementale. Autrement dit: si le gouvernement en Afghanistan est reconnu, ces canaux seront autorisés.L'affaire se complexifie encore un peu plus de par l'attitude américaine. Car les Talibans afghans ne sont formellement pas un groupe terroriste. Ils ne sont ainsi pas repris sur la liste des Foreign Terrorist Organizations. Ces dernières années, les Etats-Unis ont, sous la présidence de Trump, aussi négocié avec les Talibans et tentent de légitimer ce groupe dans la perspective d'un possible accord de paix dans le pays.C'est ainsi qu'à présent, il circule sur les médias sociaux une photo de l'ex-ministre américain des affaires étrangères Mike Pompeo et de Mullah Abdul Ghani Baradar, actuellement l'un des dirigeants des Talibans, lors d'une réunion tenue à Doha en septembre 2020. Les Etats-Unis interdisent donc d'une part aux entreprises américaines de faciliter la vie des Talibans, mais d'autre part, ils ont sous Trump tendu la main à ce groupe.Et comme pour compliquer encore le tout, Tehrik-e Taliban Pakistan - les Talibans pakistanais - figurent bien sur la liste américaine des terroristes.Cette combinaison de facteurs fait que les médias sociaux américains préfèrent pour l'instant ne pas voir arriver les Talibans sur leurs plates-formes, simplement parce qu'ils suivent les règles appliquées par les Etats-Unis. Mais les Talibans, eux, accusent ces plates-formes de censure, à présent qu'ils dirigent de facto le pays et qu'ils veulent faire passer une image quelque peu plus modérée.