Dans un communiqué conjoint, Verizon et Yahoo ont annoncé qu'elles s'étaient mises d'accord sur une diminution du montant du rachat fixé initialement à quelque 4,8 milliards de dollars. Ces derniers mois, on avait cependant appris que des pirates avaient lancé plusieurs attaques contre Yahoo et avaient ainsi mis la main sur plus d'un milliard de comptes d'utilisateurs. Les piratages perpétrés chez Yahoo font du reste partie des plus importantes fuites de données dans l'histoire d'internet, et on s'attendait donc à ce que ces révélations provoquent une réduction de la valeur de l'entreprise.

Les deux entreprises prendront conjointement leurs responsabilités vis-à-vis d'éventuelles amendes et de réclamations en dommages et intérêts résultant en ligne directe des fuites de données. Quant aux procès possibles intentés par des actionnaires ou aux mesures imposées par le contrôleur boursier américain SEC, c'est Yahoo qui continuera de les assumer. Après le rachat, l'entreprise changera par ailleurs d'appellation.

En concluant cet accord, Verizon voulait surtout disposer d'une plus grande part du gâteau internet. Pour le géant télécom, la vidéo et la publicité sur les appareils mobiles constituent une nouvelle forme de revenus sur le marché télécom américain sursaturé. Avec Yahoo, elle acquiert en outre aussi une gigantesque machine à pub et à clics, ce qui lui permettra d'affronter ses concurrents Facebook et Google. Le projet serait de combiner le robot de recherche, l'e-mail et les services de messagerie de Yahoo avec ceux d'AOL, un service internet racheté en 2015 déjà par Verizon pour 4,4 milliards de dollars.