Vodafone avait découvert des portes dérobées dans du software, ce qui pouvait permettre à Huawei d'avoir un accès illicite au réseau de lignes fixes de Vodafone en Italie. Ce système met internet à la disposition de millions d'habitations et d'entreprises. Le groupe télécom avait demandé en 2011 à Huawei de fermer les portes dérobées dans les routeurs internet à usage domestique et avait reçu la garantie que cela serait fait, mais des tests ultérieurs ont démontré que les faiblesses sécuritaires étaient toujours bien présentes, comme il ressort des documents consultés.

Des portes dérobées avaient également été découvertes dans des composants du réseau fixe, à savoir dans de l'équipement réseautique et des logiciels, afin que les développeurs puissent gérer les appareils. Des pirates pouvaient cependant en abuser. Dans le cas de Vodafone, il y avait des risques que des tiers accèdent aux ordinateurs personnels et aux réseaux domestiques des clients.

Vodafone a-t-il passé sous silence les risques de sécurité posés par Huawei?

Vodafone confirme avoir découvert ces risques sécuritaires entre 2009 et 2012, mais affirme qu'ils se limitaient à un seul marché et qu'ils ont été résolus. Il n'empêche que cette révélation va entacher davantage encore la réputation d'Huawei. Le gouvernement du président américain Donald Trump tente de convaincre les alliés occidentaux de ne pas utiliser la technologie 5G d'Huawei. Selon Washington, ce genre de porte dérobée peut se traduire par des actes d'espionnage au profit des autorités chinoises. Huawei même dément toute collaboration avec le gouvernement chinois.

Vodafone a toujours défendu Huawei contre les accusations, dont elle faisait l'objet. Récemment encore, Nick Read, le directeur de Vodafone, déclarait qu'une interdiction de la technologie d'Huawei pourrait retarder de deux ans l'introduction de la 5G en Europe.

Selon des personnes impliquées dans des débats sur la sécurité, Vodafone aurait toutefois fermé les yeux sur les risques liés à l'équipement d'Huawei, écrit Bloomberg. Des initiés prétendent que les problèmes ne sont encore et toujours pas résolus et qu'ils se poseraient non seulement en Italie, où ils ont été découverts, mais aussi dans d'autres pays européens, comme en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne et au Portugal. Vodafone n'aurait entrepris aucune action à l'encontre d'Huawei, parce que les services de l'entreprise chinoise seraient moins chers.